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Publié le 04/04/2015 à 21:58
Édité le 04/04/2015 à 21:58

Devancer la Police.

Alors que nous pensons avoir saisi dans quelles directions se dirige ce monde et croyons savoir ce qu'il faut faire et ne pas faire individuellement et collectivement pour que, justement il ne prenne pas cette trajectoire, nous voyons bien pourtant l'intention des dirigeant-e-s de ce monde tendre vers ce que nous ne voulons pas.
Entre autres situations bénéfiques et profitables à nos semblables et nous-même, nous nous échinons à manger le moins de viande possible, donc des fruits et légumes "bio" issus si possible de circuits courts ; notre matériel et nos usages informatiques essaient de coller au plus près du Libre ; lorsque l'argent (que nous méprisons mais il faut bien faire avec) passe entre nos mains, nous essayons de le diriger vers ce que nous pensons être "bon" tout en sachant que chaque acte de non-consommation est un acte de rébellion en puissance ; nous expulsons le plus possible de nos existences les moyens de transports carbonés et/ou vides de sens ; nous tentons d'avoir un paye-facture (novlangue pour décrire "travail", "activité salariée", "job", "taff", "emploi") le plus cohérent possible et si sa finalité ne le permet pas, nous jouons sur d'autres critères (sociaux, humains, ...) et si nous n'avons pas de paye-facture, on se dit "tant mieux !" ; nous sommes fanatiques des toilettes sèches ; les gadgets et le futile sont restés dans leur monde car nous désirons tutoyer le réel au quotidien ; le mouvement Slow nous attire et les Colibris sont gentils ; nous sommes à l'écoute tout en étant ouverts d'esprit et nous voulons tout changer mais, mais, mais il y a une chose qu'il faut absolument continuer de faire perdurer coûte que coûte, c'est de devancer la Police.
Car lorsque tout le fatras de la capitainerie globale va s'apercevoir qu'il faut faire faire demi-tour à la trajectoire de ce monde (et au passage, nous l'imposer de force), une fois policées sans joie ni allégresse, nos vies auront infiniment de mal à être malpolies.

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Publié le 08/05/2014 à 10:02
Édité le 08/05/2014 à 11:41

Musique et Revenu de Base.

Faute de temps, manque de motivation et défaut d'énergie font qu'en lieu et place d'un argumentaire détaillé, de l'inventaire des sciences sociales qu'elle aborde et large dans les problématiques que l'idée soulève, c'est à travers la retranscription d'une intervention de David Graeber (1) que je me permets d'ouvrir un blog dans les pages du sémillant W-Fenec au sujet du Revenu de Base, cette idée (pas si neuve que cela puisque déjà théorisée depuis plus de 200 ans), aux multiples variantes (des plus émancipatrices aux plus restrictives), qualifiée tout à la fois d'utopique et d'irréaliste lorsqu'elle ne suscite pas l'incompréhension. Ca y est, autant dire que le pavé dans la mare aux coin-coins est jeté. Mais comme nous sommes un carrefour d'amateurices de musiques actuelles et amplifiées, il fallait bien un angle d'attaque compatible avec la colonne vertébrale (et non verte et brâle) des grandes oreilles connectées à la fois sur la hi-fi et sur la toile.
Pourquoi choisir cet article et pas un autre ? Car en plus de traiter du sujet principal de façon pertinente (les pesanteurs de la bureaucratie et le poids de l'économie sur nos vies), une ouverture est faite par le biais de la musique. La boucle est bouclée.
Les clichés sont bousculés, les objections se font légion mais peu résistent à l'analyse censée et raisonnée. Si notre espèce veut avoir un espoir de survie sur cette astre, c'est certainement grâce à ce type de solution et nullement à un "retour de la croissance" ou à une "éternelle austérité". Et si cette idée a au moins le mérite de t'interpeller, les sources se multipliant, n'hésites pas à fureter sur le web et dans des librairies comme tu le ferais à la quête de tel groupe indé que le W-Fenec n'a, pour le moment, toujours pas chroniqué.

(1) David Graeber : Anthropologue américain, auteur notamment de "Dette : 5000 ans d'histoire", Edition Les Liens Qui Libèrent, 2013, 624 pages.


« Si le revenu de base est utopique, c'est parce qu'on ne peut pas forcer les politiques à l'instaurer »

Les bureaucrates amoncellent les papiers pour décider de ce que nous et notre travail valons. Mais ironiquement, suggère l'anthropologue américain David Graeber, ce sont ces fonctionnaires qui effectuent le travail le moins sensé de tous. Si nous donnions à chacun un revenu de base forfaitaire et éliminions ces emplois bureaucratiques ?

Cette interview est issue d'une conversation avec le journaliste américain Paul Solman, dont une partie a été diffusé dans un reportage sur la chaîne publique Public Broadcasting Service. Traduction: Audrey D'Aquin



Donc, vous aimez cette idée de revenu de base ?

Je pense qu'elle est formidable. C'est une reconnaissance du fait que personne n'a le droit de vous dicter comment vous pouvez le mieux contribuer au monde, et elle est basé sur une certaine foi - celle que les gens veulent apporter quelque chose. Je suis certain qu'il y aurait quelques parasites, mais la majorité des humains veulent vraiment faire quelque chose ; ils veulent sentir qu'ils ont contribué à la société qui les entoure. Le problème est que nous avons ce gigantesque appareil qui s'occupe de dire aux gens qui est méritant, qui ne l'est pas, ce que les gens devraient faire, ce qu'ils ne devraient pas. Tout ceci vise à évaluer la valeur économique, mais en fait, l'ensemble du système s'est effondré en 2008 parce que personne ne sait vraiment comment évaluer la valeur du travail des gens, de leurs contributions, des gens eux-mêmes. D'ailleurs, philosophiquement il n'existe aucun moyen facile de le faire. Donc, la meilleure chose à faire est juste de dire : « alors autant que chacun décide par lui-même ».

Mais, comme Friedrich Hayek l'a écrit, le système de marché est le moyen le plus optimal pour que chacun avec ses moyens ajuste le système grâce à la loi de l'offre et la demande, non ?

Soit, eh bien, donner aux gens de l'argent ne va pas éliminer le système de marché. Cette théorie serait valable si tout le monde partait avec la même somme d'argent dans le marché. Mais lorsque le marché est aussi biaisé qu'il l'est aujourd'hui, où certaines personnes contrôlent la quasi-totalité de la richesse, et la plupart des gens n'en ont pas du tout, et bien au final, le marché ne fait que communiquer ce que très riches veulent. Réfléchissez à ça : J'ai un ami - l'histoire est très typique - qui est un musicien. Il a fait un disque à succès - il est très talentueux, évidemment - mais un seul tube ne vous permet pas de vivre toute la vie. Finalement, il a perdu ses contrats, alors qu'a-t-il fait ? Il a tout abandonné et est devenu avocat d'affaires. Quiconque un peu intelligent peut obtenir un emploi en tant qu'avocat d'affaires. Ce que cela raconte, c'est que dans notre société, nous avons une demande très très limitée pour de brillants poètes- musiciens, mais nous avons une demande illimité pour les avocats d'affaires. Tous ceux qui peuvent obtenir un diplôme de droit auront un emploi. Serait-ce parce que la plupart des gens pensent que les avocats sont mieux que les poètes ou les musiciens ? Non. Presque tout le monde, si on leur donnait le choix, choisirait les poètes ou musiciens. Mais les gens très riches aiment avoir des juristes d'entreprises, voilà ce que le marché finit par réellement dire.

Donc vous pensez que le marché est tellement biaisé qu'un coup spectaculaire contre lui serait une amélioration ?

Oui. Si tout le monde a les mêmes moyens de voter, le marché représentera vraiment ce que la plupart des gens veulent.

Vous voulez dire quand ils « votent » avec leurs dollars ?

Exactement.

Dans ce sens, le revenu minimum constitue une amélioration globale du bien-être ?

Je pense que cela impliquerait que les habitudes de dépenses des gens refléteraient réellement ce qu'ils veulent. Premièrement, comme les besoins de survie seraient pris en charge, cela libèrerait les hommes, et on verrait ce que les gens considèrent comme réellement important dans la vie. Je pense d'ailleurs que c'est pourquoi beaucoup de libertariens, avec qui je suis en désaccord sur beaucoup de choses, aiment plutôt l'idée du revenu de base - parce qu'ils savent que cela ferait fonctionner le marché de la façon qu'ils pensent que celui-ci devrait fonctionner.

Les libertariens auxquels je parle disent tous que c'est une bonne idée, mais car cela permettra d'éliminer tous les programmes sociaux gouvernementaux qui changent les comportements de leurs bénéficiaires.

Oui, et il y a du vrai là dedans. Je pense qu'un gros problème que nous avons à gauche, c'est que nous n'avons pas une critique profonde de la bureaucratie. Ce n'est pas parce que nous l'aimons particulièrement ; c'est juste que la droite a développé cette critique avant nous. Et je ne pense pas que leur critique soit bonne, mais elle a le mérite d'exister. Voici à quoi ressemblerait une bonne critique « de gauche » de la bureaucratie : Qui sont ces gens - et cela vaut pour les bureaucraties privées et publiques - qui vous examinent, et vous disent ce que votre travail vaut, ce que vous valez ? Finalement la bureaucratie, c'est employer des milliers de personnes pour créer du malaise chez les gens. Débarrassons-nous des bureaucrates ; donnons un peu d'argent à chacun, et je pense que tout le monde ira beaucoup mieux.

Donc vous vous débarrasseriez des autres programmes sociaux ?

Ça dépend desquels. Pour le moment, les montants en question ne sont pas suffisants pour couvrir les soins de santé et le logement. Mais je pense que si on garantissait ces besoins de base, alors on pourrait en effet se débarrasser de presque tous les autres programmes. Dans les grandes bureaucraties, il y a tellement de conditions liées à l'obtention d'aides, qu'il y a un fatras de postes de contrôle, des fonctionnaires qui évaluent et décident si vous prenez assez soin de vos enfants pour mériter telle ou telle prestation, ou si vous recherchez assez activement un emploi pour mériter votre inscription en tant que demandeur d'emploi. C'est un gaspillage complet. Ces emplois ne contribuent pas vraiment en quoi que ce soit à la société ; nous pourrions nous en passer.

Supprimeriez vous les bons alimentaires par exemple ?

Si nous avions un revenu de base, nous n'aurions pas besoin de décider qui a besoin de nourriture ou non.

Les libertariens m'ont dit que cela rendrait les gens plus responsables ; qu'il y aurait plus de lien communautaires...

En fait, c'est ce qu'il se produit en réalité. En Namibie, une expérience a été menée où au lieu de l'assistance classique, ils ont versé à chacun une somme forfaitaire d'argent. Et la première chose que les gens ont fait a été de se réunir, de collecter la moitié de l'argent, et le mettre dans un pot commun, ils ont créé un système démocratique. Ils ont décidé de leurs priorités, comme la création d'un bureau de poste, chose à laquelle aucune organisation d'aide n'aurait pensé. Ces personnes connaissent les besoins de leur communauté bien mieux que quelqu'un de l'extérieur. Donc, en fait, je pense qu'il y a là une certaine tradition communautaire qui pourrait ne pas exister dans une ville comme Londres. Moyennant un peu de temps et des ajustements, cela permettrait au moins de nous donner l'occasion de nous regrouper et de créer des projets communs d'une façon qui n'est pas possible aujourd'hui.

Êtes-vous surpris qu'une partie de la droite soutienne cette idée ?

Pas du tout. Je pense qu'il y a des gens à droite qui peuvent comprendre que les taux d'inégalités actuels empêche le libre marché de fonctionner. Il y a aussi une reconnaissance latente selon laquelle que le type de marché auquel ils aspirent n'existe pas dans le système actuel. Adam Smith était très honnête. Il disait : évidemment, cela ne fonctionne que si les gens contrôlent leurs propres outils, si ils sont travailleurs indépendants. Il rejetait complètement l'idée de capitalisme d'entreprise.

Smith a rejeté le capitalisme d'entreprise parce qu'il était devenu un capitalisme de connivence.

Eh bien, il a rejeté toute forme de capitalisme d'entreprise ; il était contre les corporations. À l'époque, elles étaient considérées comme intrinsèquement hostiles au marché. Et elles le sont toujours. Ses arguments ne sont pas moins valables aujourd'hui. Si nous voulons avoir des marchés efficients, nous devons donner une chance égale d'y accéder, sinon ils ne fonctionnent pas comme un moyen de libération sociale ; mais comme un moyen d'asservissement.

Asservissement en ce sens que les hommes avec suffisamment de puissance peuvent faire fonctionner le marché à leur profit...

Tout à fait. Ils corrompent les politiciens pour avoir un système dans lequel ils accumulent le plus, et où les autres finissent par consacrer tout leur temps disponible à travailler pour eux. La différence entre être vendu comme esclavage et se louer comme esclavage était fondamentalement minime dans le monde antique, vous savez. Si Aristote était vivant, il penserait que la plupart des habitants de pays comme l'Angleterre ou l'Amérique sont esclaves.

Esclaves-salariés ?

Oui, mais justement ils ne faisaient pas la distinction à l'époque. Durant la majeure partie de l'histoire, ceux qui effectuaient le travail rétribué étaient des esclaves. C'était une façon de les sous-louer ; ceux-ci gardaient la moitié de l'argent, et le reste allait au maître. Même dans le Sud, beaucoup d'esclaves étaient employés et devaient verser leurs rétributions à l'homme à qui ils appartenaient. C'est seulement de nos jours que nous opposons travail salarié et esclavage. Au long de l'histoire, ils ont souvent été vus comme des nuances d'une même chose. Abraham Lincoln l'a bien dit : la raison pour laquelle nous avons une société démocratique en Amérique, c'est que nous n'avons pas une classe permanente de travailleurs salariés. Il pensait que le travail salarié était quelque chose que vous deviez traverser entre votre vingtaine et votre trentaine dans le but d' accumuler assez d'argent pour mettre en place votre propre entreprise. Ainsi l'idée était que chacun finisse par être auto-entrepreneur.

Donc, cette idée de revenu de base garanti est-t-elle une utopie?

Eh bien, cela reste à voir. Si c'est utopique, c'est uniquement parce que nous ne pouvons pas obtenir que les politiciens le mettent en place, et non pas parce que cela ne fonctionnera pas. Il se trouve que des simulations ont été faites, et qu'il n'y a aucune justification économique qui en invalide la faisabilité financière.

Ca serait quand même très couteux.

Ce serait couteux, mais le système actuel l'est aussi. Et il y a des économies majeures a réaliser en supprimant les emplois liés au contrôle bureaucratique. Philosophiquement, je pense qu'il est important de garder deux choses à l'esprit. La première est que le revenu de base prouverait que l'on n'a pas à forcer les gens à travailler pour qu'ils participent. Les humains ne sont pas réfractaires au travail. Ils sont réfractaires au travail vide de sens, au travail stupide et humiliant. Je prend souvent l'exemple des prisons, où les hommes sont nourris, logés et habillés ; ils pourraient simplement s'asseoir toute la journée. Mais en réalité, le travail est utilisé comme une forme de récompense. Si vous ne vous tenez pas correctement, on ne vous laisse pas travailler dans la buanderie de la prison. Ce que je veux dire, c'est que les gens veulent travailler. Personne ne veut simplement rester assis, c'est bien trop ennuyeux. Donc la première idée fausse que nous avons est que les gens sont paresseux, et que si on leur donne une certaine somme en revenu de base, ils ne feront tout simplement plus rien. Il y a probablement quelques personnes comme ça, mais pour la grande majorité cela les libérerait et leur permettrait d'accomplir un travail dans lequel ils trouvent du sens. La question est : la plupart des gens sont-t-ils assez intelligents pour savoir ce qu'ils ont à apporter au monde ? Je pense que la plupart le sont. Le deuxième point que nous devons souligner, c'est que nous ne pouvons pas prévoir à l'avance qui peut vraiment contribuer en quoi. Nous sommes toujours surpris quand nous laissons les gens faire leurs propres choix. Je pense qu'une des raisons pour lesquelles nous n'avons pas de grandes percées scientifiques comme nous en avions l'habitude au court des 19e et 20e siècles est que nous avons un système incroyablement bureaucratique où tout le monde doit tout d'abord prouver qu'il sait déjà quels seront ses résultats.

Parce que les gens doivent être en mesure de prouver qu'ils vont obtenir un retour sur investissement ?

Exactement. Donc, ils doivent obtenir une subvention, et prouver que cela conduit à cela, mais en fait, presque toutes les grandes percées sont inattendues. Nous avions l'habitude de réunir des gens brillants et de juste les laisser faire ce qu'ils voulaient, et puis tout à coup, nous avions l'étincelle. Aujourd'hui, nous n'obtenons pas ce genre de percées parce que tout le monde doit passer son temps à remplir de la paperasse. C'est de ce genre de paperasseries dont nous pourrions nous débarrasser. Un autre exemple que je donne toujours celui de John Lennon. Pourquoi il n'y a plus de nouveaux groupes surprenants en Angleterre ? Depuis les années 60, nous avions l'habitude de voir émerger tout les cinq ans, 10 ans, un groupe incroyable. Que s'est-il passé ? J'ai posé cette question à beaucoup d'amis, et ils m'ont tous répondu : c'est parce que les politiques ont mis en miette les allocations chômage. Car en fait, tous ces génies étaient au chômage. À l'époque, être « Rock & Roll » signifiait dans le jargon londonien vivre de l'assistance chômage. Bref, si vous donnez de l'argent aux enfants de la classe ouvrière, un certain nombre d'entre eux forment des groupes, et quelques-uns seront fabuleux, et ca profitera 1.000 fois plus au pays que tout ce que ces enfants auraient fait s'ils avaient du faire le genre de boulot requis pour recevoir les prestations.

Et aux États-Unis, l'ensemble du mouvement expressionniste abstrait - Mark Rothko, Jackson Pollock - vivaient sur le WPA [Travaux Progress Administration], le chômage.

Absolument, regardez la théorie sociale. Je me souviens avoir pensé, pourquoi est-ce que dans l'Allemagne des années 20, vous avez Weber, Simmel, tous ces penseurs étonnants ? En France, vous avez ce profond mouvement de gens brillants dans les années 50, Sartre par exemple. Qu'y avait-il dans ces sociétés qui a produit tant de brillants penseurs ? Une personne m'a dit, eh bien, c'est pour beaucoup l'argent - ils ont juste eu une de ces énormes bourses distribuées à tout le monde. Mais encore une fois, 10 sur 11 resteront des anonymes, mais il y a toujours celui qui va se révéler, comme Jacques Derrida, et le monde change grâce à certains penseurs sociaux majeurs qui autrement, auraient été facteurs, ou quelque chose comme ça.

Source (coquilles incluses).


D'accord ? Pas d'accord ? N'hésites pas à apporter la contradiction ou une contribution. Car, comme disait l'autre : "Think different." Think.


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Publié le 01/09/2013 à 08:54
Édité le 01/09/2013 à 11:33

Sugar Man

C'est l'histoire d'un mec, Sixto Rodriguez, qui compose et interprète de fantastiques "folksongs", dans la lignée des Dylan et autres Simon & Garfunkel, au tout début des années 1970 à Detroit (Etats-Unis) et qui, malgré deux excellents 33-tours, ne perce absolument pas, ne trouve pas son public, se plante complètement et finit par sombrer corps et âme. La loose, quoi. Ni succès ni estime, que ce soit aux Etats-Unis, en Europe ou sur n'importe quel autre territoire où la "pop-culture" ait pris pied.
L'histoire pourrait s'arrêter là et ressembler à tellement d'autres qu'elle ne mériterait pas obligatoirement d'y prêter attention. Sauf que voilà, le même Sixto Rodriguez et ses même albums auront bien involontairement rendez-vous avec l'Histoire en provoquant un effet cataclysmique sur la (jeune) population (blanche) impliquée dans la lutte anti-Apartheid en Afrique du Sud durant une vingtaine d'années (et même au delà). Avant que d'inimaginables retrouvailles ne puissent se produire.
Désolé d'avoir ainsi défloré le sujet mais n'importe quel autre synopsis dépeindra, grosso-modo, la même situation. Car telle est l'étonnante trajectoire mise en lumière par Malik Bendjelloul à travers un documentaire ayant la forme de l'enquête journalistique. Si on peut trouver que "Sugar Man" a été gratifié un peu trop facilement d'un "Oscar du meilleur film documentaire", peut-être plus grâce à l'originalité du sujet traité qu'à sa mise en forme parfois convenue, il ne démérite absolument pas, outre de nous faire goûter aux joyaux musicaux de Rodriguez, de nous interroger. De nous interroger et de nous faire réfléchir sur les conditions d'une réussite ou d'un échec, sur les facteurs qui conduisent telle ou tel à mener cette vie et pas une autre ou encore sur la construction du vedettariat.
A la croisée du rock et de la sociologie, de la chanson et de l'anthropologie, du documentaire et de la musique, du cinéma et de la politique, "Sugar Man" permet de se demander comment il se fait qu'un peintre accompli ou qu'un numismate des plus pointu dans son domaine fassent bouillir la marmite en allant à l'usine, qu'une légende du rock'n'roll aurait certainement dû vivre dans la rue (et y mourir quelques mois plus tard) si il n'avait rencontré X ou Y à un certain moment ou, comme il est démontré avec Sixto Rodriguez, qu'il soit possible de passer sa vie à démolir des immeubles alors qu'on est adulé à quelques milliers de kilomètres de là.
Certains appellent ça fort paresseusement "le destin". D'autres préfèrent chercher d'autres explications...



"Sugar Man" de Malik Bendjelloul. Sorti en salles le 26/12/2012. 86 minutes. Couleur.


Discographie de Sixto Rodriguez :
- Cold fact - 1970 - Sussex
- Coming from reality - 1971 - Sussex
Ces deux albums studio ayant bénéficié de multiples rééditions en LP et, plus récemment, en CD.


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Publié le 30/08/2011 à 16:01
Édité le 30/08/2011 à 17:47

A Vendre ! (Le retour)

C'est le retour du vendeur à la sauvette ! Pour ceux qui ont manqué l'épisode précédent, un collègue se sépare de ses disques et je me charge de les refourguer. Bref, quelques disques sont partis cet été mais il vient d'y avoir un gros arrivage. Au menu : du dispensable et des incontournables, il y en a pour tous les goûts, du mauvais à l'excellent. Si intéressé-e, merci de me contacter par message privé.

4€ chaque item sauf Thee Michelle Gun Elephant - Casanova Snake qui est à 8€.

Lenny Kravitz - Lenny
Jimmy Page - No Quarter
Stewart Rod - Unplugged ...And Seated
Archive - Take My Head
Jefferson Airplane - After Bathing At Baxter's
Elvis Costello - Mighty Like A Rose
Depeche Mode - Songs Of Faith And Devotion
Sting - Ten Summoner's Tales
Benabar - Reprise Des Négociations
Paul Simon - The Rhythm Of The Saints
Red Hot Chili Peppers - One Hot Minute
Foo Fighters - Foo Fighters
Miles Davis - Amandla
Flamin' Groovies - Teenage Head
Aerosmith - Rocks
Muse - Origin Of Symmetry
Indochine - Paradize
Supergrass - In It For The Money
The Pixies - Surfer Rosa
Noir Désir - Veuillez Rendre L'âme À Qui Elle Appartient
Alice In Chains - Alice In Chains
Iggy Pop - Nude & Rude (Best Of)
The Who - Live At Leeds (Live)
Steppenwolf - Live (Live)
Oasis - Be Here Now
The Nits - Hat
Mgmt - Oracular Spectacular
Last Shadow Puppets - Age Of The Understatement
Peter Gabriel - Real World
Scott Walker - Scott 3
The Dandy Warhols - Thirteen Tales From Urban Bohemia
Eric Clapton - From The Cradle
Tim Buckley - Goodbye & Hello
New Order - Low Life
John Hiatt - Walk On
Grateful Dead - Live Dead
Gossip - Standing In The Way Of Control
Blue Oyster Cult - Secret Treaties
Parallel Lines - Parallel Lines
Babyshambles - Shotter's Nation
Arctic Monkeys - Humbug
Animal Collective - Strawberry Jam

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Publié le 19/02/2011 à 13:57
Édité le 19/02/2011 à 20:00

Une (portion de) semaine (totalement) en vrac. (I)

C'est à partir de cette banale histoire de rondelles survenue il y a une semaine (le 12) et relatée ici-même (le 16) que tout a commencé, l'ami Kev (Merci !) ayant porté à ma connaissance un documentaire diffusé sur ARTE il y a quelques jours (le 15). Ne possédant pas de poste de télévision mais une connexion Internet, la magie de ce moyen technologique révolutionnaire m'a permis de visionner (le 17) l'objet en question : "Prêt à jeter". 75 minutes pour comprendre et expliquer ce qu'est "l'obsolescence programmée". Succinctement, il s'agit de la méthode, élaborée depuis près d'un siècle par des firmes industrielles, consistant à raccourcir sciemment la durée de vie de produits manufacturés afin de continuer de faire tourner Sainte Economie, garantir auprès des personnalités politiques un contrôle de ses ouailles en les maintenant (de force) sur le marché du travail, et accessoirement, continuer de remplir les poches des déjà plus riches que les riches. Pour plus de détails, référez vous à la page Wikipedia consacrée à ce qui est devenue une discipline dans certaines écoles de design et/ou, encore mieux, allez directement à la source en visionnant le documentaire de Cosima Dannoritzer, instructif à bien des égards.

Si j'évoquais plus haut les "plus riches que les riches", ce n'est pas que j'envie particulièrement la vie, bien pauvre émotionnellement, de ceux qui collectionnent voitures de luxe, villas et même parfois des îles du Pacifique. C'est que plus tôt dans la journée (et aussi le lendemain, le 18), Denis Robert venait causer dans le poste ("Là-bas si j'y suis" sur France Inter) au sujet de la retentissante affaire Clearstream et qu'il est permis, du moins je me le permet, d'effectuer un lien entre les cartels de l'industrie évoqués plus haut et les transactions douteuses effectuées par la sulfureuse chambre de compensations internationales. Et c'est à ce moment précis que j'offre une parenthèse puisque on touche ici même à l'utopie évoquée par John Berger dans le film "Walter, retour en Résistance" selon laquelle faire du fric pour faire du fric, aligner le plus de zéros possible devant la virgule sur des comptes en banque devient le but ultime, mais sans aucun sens, d'une poignée de neurasthéniques mais hélas sacrément nuisibles et dotés de pouvoirs gigantesques. Pour en revenir à notre cher Denis Robert, c'est après 10 ans de combat acharné sur le terrain judiciaire et après avoir été traîné dans la boue par certains de ses confrères et tenu en respect par la classe politique que le journaliste d'investigation (il en reste et pour preuve...) vient d'être blanchit par la Cour de Cassation. On prendra un malin plaisir à réécouter le soutier s'exprimer ici ou et à lire son communiqué, ici diffusé par Acrimed.

Pour se rendre d'une cour à l'autre, il suffit de sillonner les couloirs du métro parisien et de ne pas se gaufrer dans les correspondances. C'est ainsi qu'on débarque (le 17) devant un rapport de la Cour des Comptes qui souligne, entre autre, la gabegie d'argent public lors de la campagne de vaccination contre la supposée pandémie de grippe A(H1N1) dès la fin 2009. Il faut bien être un "Sage" pour mettre plus d'un an à s'apercevoir de la complaisance d'une certaine ministre à l'égard des laboratoires pharmaceutiques. Pour mémoire, on pourrait ajouter à la campagne médiatique alors orchestrée, l'ineptie des méthodes employées : réquisition de militaires pour des tentatives de vaccinations massives dans des gymnases et réquisition d'étudiants en médecine -encore non diplômés- sur lesquels il est si aisé de faire pression et dont le statut juridique est pour le moins flou (car aussi bénin soit-il, ces jeunes personnes ont eu à effectuer un acte médical à part entière).

Sans transition aucune, c'est ce même jour (le 17) qu'est publié un sondage commandité par l'Humanité Dimanche auprès de l'institut Louis Harris. Le chiffre : 58%. Ce serait la proportion de français désireux de "révolte" dans leur pays. Il n'y a qu'à voir comment ils ont défendu le régime de retraites, mis à part les bastions séculaires (principalement l'Education Nationale) et certains points stratégiques (raffineries et transports en commun) qui se sont courageusement mis en branle, et comment la Sécurité Sociale risque de se faire démanteler pour imaginer une révolte le cul enfoncé dans un canapé, les yeux rivés sur TF1, la main gauche sur "Facebook via iPhone" et la droite dans un paquet de chips. Pour résumer, on est quelque part entre Calavera avec "Il [le peuple] consomme de la révolte et toi tu trimes à résister." et No One Is Innocent pour qui "Révolution.com, comme ça manque de sueur". Mais peut-être que le vent (glacé) de la révolte ne viendra pas des pays arabes mais... d'Islande.

C'était le sujet choisi par l'Arrêt sur Images d'hier (le 18) [désolé, l'accès est payant...]. Si le scénario islandais ne semble pas tout à fait transposable de part la faible population du pays et l'insularité de ses 320 000 habitants, il a le mérite de souligner que suite à la crise de 2008 et à la colossale dette des banques du pays, le peuple a réussi à s'exonérer de la régler dans les conditions initialement prévues. Une lueur d'espoir au milieu des autres gouvernements ballotés entre le FMI, l'OMC et la BCE. Et même si le modus-operandi choisi par les manifestants -se rejoindre autour du Parlement et générer un tintamarre à l'aide de casseroles- aussi exotique que pacifique pourrait séduire les médias de masse, il est tout aussi intéressant de remarquer la quasi-inexistence de la couverture de ces évènements dirigés par le peuple de la "Terre de glace"...

Sans réellement changer de climat (tout du moins en hiver), je vous propose de franchir l'Atlantique et la moitié des Etats-Unis afin de découvrir l'Etat hébergeant le Mont Rushmore : le Dakota du Sud. Ou tout du moins la possible évolution de sa législation concernant l'avortement. C'est en milieu de semaine (le 16) que l'information a filtré sur les écrans, plutôt discrètement. Plus qu'une pensée réactionnaire et rétrograde, la loi "House Bill 1171" atteint le sommet de l'ignominie : étendre la définition de "l'homicide justifié" (a.k.a. "légitime défense") et ainsi rendre légal le meurtre d'un médecin pratiquant l'avortement. Plutôt que de continuer à paraphraser le blog BigBrowser hébergé par Le Monde, une simple lecture de celui-ci, à condition d'avoir le coeur bien accroché, permet de se rendre compte des dégâts dans certains endroits du pays de l'oncle Barack.

Bien que l'ayant déjà effectué il y a quelques semaines, l'amateur de liberté et de progrès social que je suis n'a pas pu résisté à renouveler (le 14) le voyage, toujours aux Etats-Unis, vers Canon City ou plutôt Prison Valley afin d'y trouver pleine satisfaction. Et il faut avouer que le périple vaut son pesant de cacahuètes. Lors de cette enquête, Philippe Brault et David Dufresne nous emmènent dans ce petit coin paumé du Colorado où il n'y aurait sans doute rien, ou pas grand chose, si l'industrie de la prison n'y avait pris pied voilà plusieurs décennies. Les chiffres parlent d'eux-même : 36 000 habitants dans le Comté et 13 prisons. Tout le monde vit par et pour les prisons, mais derrière ce modèle économique aussi sombre qu'original se cache un mal-être généralisé (comme en atteste le témoignage d'un ancien surveillant reconverti en tenancier de snack) ainsi que l'influence de la prolifération d'établissements pénitentiaires, certains privés et devant donc répondre à des critères de rentabilité, sur la législation. Comprendre l'apparition de nouvelles peines et le durcissement de celles existantes pour remplir... les geôles. Le point culminant de cette "taylorisation géographique" (si le concept n'existe encore pas, je vous l'inaugure sous vos yeux ébahis) est atteint lorsque certains prisonniers autorisés à travailler, et généreusement rémunérés l'équivalent de 50 euros par mois, fabriquent... une prison en kit. Ca fait froid dans le dos mais nous prépare à ce qui devrait arriver de ce coté-ci de l'Atlantique d'ici à quelques années...

Dans l'attente que la grande prison mondiale prenne forme définitivement, mais déjà en cours d'élaboration grâce aux murs séparant Etats-Unis et Mexique, Israël et Palestine, Sahara Occidental et Maroc, bientôt Turquie et Grèce ainsi que les no man's land à Chypre et entre les deux Corée, ce n'est pas plus tard qu'hier (le 18) qu'est apparu sur un des blogs du Monde, Diplomatique cette fois, un article portant à (ma) connaissance l'existence d'un mur à Samarcande, Ouzbékistan. Histoire, géographie, sociologie et urbanisme de la ville sont passés au peigne fin par Alice Corbet avec la mise en exergue de ce mur séparant certains quartiers du reste de la cité. A noter la richesse des photographies, témoignages de la différence des deux faces de la ville, l'une touristique, l'autre populaire.

Puisque nous avons pas mal bourlingué, il serait bon d'effectuer un petit tour d'horizon des offres les plus alléchantes du moment offertes par les voyagistes. Je vous en ai trouvé deux répondant, sur le papier, à des critères de poids : un maximum de confort pour un budget minimal. C'est ainsi que Cojetage.fr et MAM-voyages.com devraient vous apporter pleine satisfaction. Je vous laisse soin de juger sur pièce en consultant l'avis des précédents clients. Vous pouvez même, chez MAM-voyages, cliquer sur "Contactez-nous" : la redirection de l'URL ne devrait pas vous laisser indifférent.

Pour ce qui m'est vital, je veux bien sûr parler de musique, Carla Bruni (le 15) a fait savoir que figurerait sur son prochain album une version italienne de "Douce France". On attend déjà l'interprétation de "Maréchal, nous voilà" avec Brice Hortefeux en invité de luxe. Bien plus sérieusement et à des années-lumière de ce triste Spectacle, c'est le lendemain (le 16) que j'ai reçu une sérieuse commande de disques de chez Chanmax Records. Au milieu de disques estampillés Gui-De-Champi-rules (splits 7" Teenage Renegade / Billy Gaz Station et Billy Gaz Station / The Black Zombie Procession, CD's de Billy Gaz Station, Teenage Renegade, Lost Cowboy Heroes, ...), outre le terrible album (CD lui aussi) de Granit 665 et le 7" de Illegal Process (Drama armada), il y a cet objet qui a dû rester coincé dans un carton et/ou un grenier et/ou une étagère durant une petite dizaine d'années avant de me parvenir, à savoir "45 secondes pour tuer Portobello Bones". Le disque, un autre 7", est un objet improbable : une espèce de "compilasplitribute". Pensez donc, Dead Pop Club, Greedy Guts, Seven Hate, Hint, Tantrum, Basement accompagné de DJ Shot ou encore Creep A.C. disposant chacun de 45 secondes pour offrir une version revisitée d'un titre des Portobello Bones : un régal ! Si on ajoute qu'il devait y avoir 11 articles facturés pour moins de 80 euros port compris ainsi que quelques skeuds et un badge offerts en bonus, Chanmax, c'est chanmé un max.

Voilà, ce bulletin d'humeur tout à la fois brouillon, chaotique et livré à bâtons rompus, garni de jugements honteusement arbitraires, ne pouvait pas se refermer sans une conclusion insolite à savoir l'histoire de Heidi, l'opossum qui louche. L'animal devrait jouer les devins lors de la prochaine cérémonie des Oscars. Selon le directeur du zoo de Leipzig, "l'important à nos yeux était d'assurer le bien-être de l'animal". Mais la fable ne nous dit (encore) pas si Heidi voit la chose d'un bon oeil... ni avec lequel !

Samedi 19 Février 2011.

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Publié le 16/02/2011 à 17:39
Édité le 17/02/2011 à 14:13

L'ellipse de la rondelle.

Je vois déjà les regards effrayés, les mines déconfites et les yeux écarquillés à la vue de ce titre. Rassurez vous, il n'est nullement question d'analyser, à l'aide de théorèmes issus de la Résistance Des Matériaux, de quelle façon une rondelle de métal, soumise à deux forces attelées à deux points diamétralement opposés et agissant en des sens et des directions inverses et orientées vers l'extérieur, se transforme en objet ovale.

Il y a pas mal de circonstances dans la vie qui font qu'on peut avoir besoin de 15 rondelles en inox de taille standard pour vis M8 disposant des dimensions suivantes : 16mm x 8mm x 1,6mm (diamètre extérieur x diamètre intérieur x épaisseur). Il y a (au moins) deux méthodes pour s'en procurer.

La première consiste à se rendre dans le magasin A qui a le mérite de vendre de jolies rondelles, conformes à mes attentes, présentées en vrac dans des petits bacs en libre-service. Ravi et enchanté d'avoir trouvé les objets de mon désir, sans omettre de vérifier qu'ils étaient tous identiques et après avoir compté et recompté leur nombre (15), je me dirige donc vers la caisse, non sans une certaine fébrilité. L'employée dépose alors le petit amas de métal sur une balance, sans prendre la peine de compter la quantité d'objets présents, le tarif étant déterminé au poids (et non à l'unité). C'est alors que la surprise, en plus d'être au rendez-vous, est bonne, je vous laisse le soin de juger : 0,30€ net TTC, marge incluse. Le sourire de la caissière aussi. 2 balles quoi, pour ceux qui ont du mal à franchir les portes du marché libre et non faussé de la péninsule européenne.

La seconde consiste à se rendre dans le magasin B (de la même bourgade) qui a le mérite, lui aussi, de vendre de splendides rondelles, toujours aussi conformes à mes attentes. Mais il y a comme un début de commencement de doute. Ces fameuses petites rondelles, encore et toujours répondant aux normes de la dimension M8 selon la convention ISO 10673, encore et toujours au nombre de 15, est affiché au prix de 2,65€. Oui, tu as bien lu. Plus de 17 francs, quoi. Presque une place de cinéma, certes au tarif "jeune", dans ma cambrousse de province au tournant du siècle dernier. Mais c'est que les agents "communication", "marketing" et "technocratie" sont passés par là entre-temps. Supposons que le magasin A, en usant de sa méthode de vente pour le moins directe, soit trop laxiste... Le magasin B voit les choses en grand, lui. Les 15 rondelles sont emprisonnées dans une coquille plastique, qui en plus d'être outrageusement sur-dimensionnée, est thermoformée (les curieux se renseigneront mais tout le monde en a déjà vu), scellée certainement par ultra-sons et comme si le gaspillage d'énergie, de temps et (donc) d'euros n'était pas suffisant, le tout est accompagné d'un carton imprimé recto/verso judicieusement présenté dans la boîte translucide.
On comprend aisément la différence de tarif, que dis-je, d'honoraires, dans ce second cas où il faut régler, sans que je puisse être exhaustif, l'encre, le carton, le plastique ainsi que l'acheminement (de préférence par camions) de tous les éléments les uns vers et/ou dans les autres, ainsi que les "cerveaux" qui ont conspiré à un tel projet (comme la réalisation et la conception -bien que basique- du moule de thermoformage, de la machine à découper le carton, l'imprimante et bien d'autres...), l'électricité, la marge de chacun des intervenants (des ouvriers aux dirigeants en passant par les cadres et les managers) de la chaîne de ce processus diabolique sans oublier... les rondelles et leur fabrication, bien sûr.
L'ironie du sort voudrait que les rondelles vendues dans le magasin A et dans le magasin B ait été fabriquées dans le même pays, dans la même usine, sur la même ligne de production, par la même machine, machine conduite par le même ouvrier, rondelles produites dans la même minute et peut-être la même seconde, vues les cadences possibles de ce type d'outil.

Si l'exemple, ici, est flagrant et grossier, on peut regarder autour de soit et le répéter à l'infini, ou presque.

Certes, par la méthode employée, le magasin B est générateur d'emplois (disons plutôt de "jobs" ou de "taffs") et tire la (sacro-sainte) "croissance" vers le haut. Mais quid de la finalité desdits "emplois", des ressources de la planète (qu'il faudrait sauver...) et de la "rationalité" dans le sens le plus noble du terme ?

Février 2011.

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Publié le 07/01/2011 à 19:25
Édité le 08/01/2011 à 07:26

Le travail rend libre (I)

On croyait vivre une semaine (presque) comme les autres, surtout en début d'année. Nouvelle année, bonnes résolutions, meilleurs voeux, et même si on est réfractaire à ces coutumes plus religieuses qu'elles n'en ont l'air (faut-il rappeler que le calendrier -parmi la vingtaine potentiellement en vigueur- adopté par l'ensemble de l'Humanité porte le nom d'un Pape ?), il flotte alors dans l'air un sentiment particulier, qui porterait presque chacun de nous vers une certaine ivresse. Mais voilà que les choses ont très vite dégénéré. Pas eu le temps de finir de digérer les dernières papillotes ou de quitter l'hôpital suite à une méchante indigestion faite d'huîtres et crevettes frelatées qu'on oublie vite les possibles joies de l'ivresse, retour à LEUR réalité.
Dès le 2 janvier, coup d'envoi des hostilités. Manuel Valls, député d'un Parti (supposé) Socialiste, fait savoir sur l'antenne d'Europe 1 qu'il désire "déverrouiller les 35 heures". Largement relatés dans la presse, inutile de s'étendre sur ses propos. On pourrait en revanche s'attarder davantage sur les "effets collatéraux" de la "bombe" lâchée par l'un des plus droitiers de ce qui se dénomme encore la "gôche". Champs de ruines sur la partie gauche de l'hémicycle où on notera le positionnement dogmatique de Benoît Hamon (P.S. lui aussi) invitant Manuel Valls à "rentrer dans le droit chemin" et la publication des "25 questions-réponses rapides sur les 35 heures" de Gérard Filoche, trop peu pertinentes et ô combien roboratives. Sur la droite de l'échiquier, c'est la division des troupes : certains saluent le numéro de l'idiot utile (Manuel Valls chercherait-il un poste de Ministre ?), ceux qui se croient être les plus malins invitent au "débat" (mais on a la sensation de déjà connaître leur argumentaire), enfin, d'autres (plus proches de la réalité, aussi étrange que cela puisse paraître, c'est possible, même en portant l'uniforme bleu-UMP) sont dans l'embarras car dans les faits, nombre d'entreprises sont ravies d'appliquer les "35 heures" puisqu'elles font ainsi faire à leurs effectifs des heures supplémentaires dé-fis-ca-li-sées, noeud du hiatus. Ces points et le dernier en particulier mériteraient d'être développés séparément mais passons à la suite de cette semaine inaugurale de 2011.
Et cela ne s'est pas fait attendre. Dès le lendemain, sur le plateau de BFM TV, c'est le sémillant et toujours aussi bien halé Jacques Séguéla, ex-maître à penser de qui on sait (un certain François Miterrand), qui ne fait pas les choses à moitié.
A - "Je suis pour travailler plus et être mieux payé." : Il ne manquerait qu'on se tue à la tache pour obtenir une fiche de paie amputée de quelques oboles, chose que nos "décroissants" gouvernementaux doivent certainement avoir dans leurs tiroirs. Mais cette option n'étant pas à l'ordre du jour, passons à la deuxième bribe du gratin de la pensée Mitterrandienne.
B - "Il vaudrait mieux avoir une ou deux semaines de plus d'un bloc que des journées qui s'arrêtent et dérèglent toute la machine pour rien." : Au moins, c'est clair, nous ne disposons pas d'un travail (du moins ceux qui en ont un) pour avoir une action (si possible positive) sur la société ni éventuellement s'épanouir, mais pour faire tourner "la machine". Concernant, la durée de congés supplémentaires, encore faudrait-il en disposer (ce qui n'est pas forcément le cas puisque les "35 heures" ont bel et bien été détricotées, démantelées et mutilées par suite de reculades devant la CGPME et le MEDEF, de négociations branche par branche et de tractations internes aux entreprises), mais j'imagine que pour Monsieur Séguéla, il est en effet plus commode de disposer "d'une ou deux semaines de plus" pour poser son fessier dans un avion afin d'aller se faire bronzer la pilule de l'autre coté du globe. Mais qu'il se rassure, je ne l'envie absolument pas...
C- "En Chine, qui est le cinquième pays au monde dans le bonheur, le salaire moyen d'un Chinois est 10 % du SMIC et ils sont heureux." : Pour l'heure, on ignore encore si Ruth Elkrieff (BFM TV, animatrice de l'émission) ou Guy Birenbaum (Le Post, "contradicteur") a suggéré à l'invité de se munir d'une pioche et d'une masse afin de rejoindre un des nombreux Laogaï chinois afin d'y casser des cailloux, le sourire aux lèvres, jusqu'à ce que mort s'en suive. A moins que l'ex-publicitaire n'ait réservé de son propre chef un aller-simple Paris-Pékin...
Tombant comme un cheveu sur la soupe, pil-poil dans l'actualité, en guise d'intermède, une intervention vieille de plusieurs mois de Pascal Nègre, P-dG d'Universal Music France, vaut aussi son pesant de cacahuètes (Merci Aurélio de me l'avoir fait parvenir). C'est sur le site CadrEmploi.com, rubrique "On vient vers vous", que le big-boss (pour rester poli) de l'industrie musicale hexagonale estime "qu'être sous-payé, ce n'est pas important". Evidemment, ça tombe sous le sens. Lorsqu'on vit dans la rue, sans loyer ni charge à régler, se déplaçant à l'aide de semelles tout-terrain ne nécessitant aucune goutte de pétrole raffiné pour se déplacer, vivant aux crochets de la société en extorquant la nourriture des bennes à ordures des supermarchés et amassant les euros des honnêtes gens croisés au hasard de la vie, on s'en fiche totalement d'être sous-payé, peut-être atteint-on le sommet du bonheur. Mais étonnement, on perd parallèlement aussi toute notion de "compétitivité" et de "rentabilité".
Mais l'escalade dans l'horreur ne s'arrête pas là et nous fait par la même occasion rejoindre l'actualité en la collant au plus près. C'est par le biais du journal radiophonique de 18h00 sur France Culture le jeudi 06 janvier 2011 qu'est tombée le sentence. A l'occasion du colloque "Nouveau monde, nouveau capitalisme" (tout un programme...) se déroulant à Bercy (Paris) le jour même, le ministre Polonais des Finances, Jacek Rostowski, s'exprimant dans un français très clair et intelligible, éloignant ainsi tout risque d'erreur de traduction, avance "qu'on ne peut pas se dire que tout acquis social, une fois obtenu, ne peut jamais être révisé" après avoir soutenu l'idée soumise par son interlocutrice de journaliste que le plafond maximal des 48H de travail hebdomadaire (une règle européenne) devrait être relevé. Difficile de trouver d'autre trace de cette intervention sur Internet, le journalisme (d'investigation) s'auto-censurerait-il ? A chacun d'en tirer les conclusions qu'il désire...
Néanmoins, la déclaration de Monsieur Rostowski a le mérite de nous faire savoir que les permanences des grands partis de gouvernement et du MEDEF, les agences intérimaires et les guichets de Pôle Emploi, les officines des assurances et des banques, les bureaux de police et de gendarmerie n'ont pas fini d'être assaillis, dévastés, brûlés non sans être accompagnés de quelques échauffourées, grèves, heurts, blocages, violences, émeutes et révoltes en tous genres malgré les appels au calme des centrales syndicales et tout le discrédit jeté par les médias sur ces initiatives... puisque désormais on connait la chanson.

"Arbeit macht frei" ou "le travail rend libre", c'est selon qu'on franchit le portique d'Auschwitz ou qu'on est sous la gouverne d'un Chanoine du Latran (actuellement en poste à l'Elysée et ayant fait sienne cette assertion lors de la dernière campagne présidentielle) lui-même triste représentation d'une époque morne, morose et morbide.
 
 
Janvier 2011.

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Publié le 10/12/2010 à 19:28
Édité le 11/12/2010 à 05:49

Contrairement aux apparences...

Contrairement aux apparences...

A force d'y rester, on ne sait plus faire autre chose que ce qui nous y a conduit. Et commence alors l'écriture d'une question : "Pourquoi, pourquoi moi ?"

Il est fortement conseillé de respecter les horaires, sous peine de sanction, y compris pour prendre son repas. Il faut redoubler d'ingéniosité pour contourner tel ou tel article du règlement intérieur. Et ne parlons pas de la promenade quotidienne et sa durée rigoureusement chronométrée. La sonnerie, aussi froide qu'immuable, délivrance une fois par jour, véritable coup de poignard à chacun de ses autres retentissements. Selon la qualité des embastillés, les conditions d'hygiène qui leurs sont accordées varient du supportable à l'exécrable. Puisqu'on tourne autour du bidet, la sexualité est tout à la fois thème tabou et centre de toutes les espérances mais force est de constater l'accumulation de frustrations -pour ne rien dire des convoitises- au fil que le temps passe ou que la gente féminine montre le bout de son nez. Par moments, sans raison apparente, une furie s'empare des lieux en un mélange de tintements et de grognements. Si les visites de l'extérieur sont planifiées d'avance, on n'est pas à l'abri d'une descente du sommet de la pyramide à n'importe quelle heure du jour... comme de la nuit. Sous les néons de la capitainerie, c'est le flou artistique -si je puis me permettre la métaphore en de telles circonstances- puisque s'enchevêtrent les responsabilités. Les prises de décision s'effectuent à la va-vite non sans avoir fait subir au préalable le supplice de tantale à celui qui en est le sujet, si ce n'est l'objet.
D'un coté comme de l'autre de la barrière, tout le monde reste sur le qui-vive, à s'épier les uns les autres, quitte à tenter de déchiffrer à distance les paroles d'un coreligionnaire en lisant sur ses lèvres, un mot de trop pouvant tout faire basculer. Tous prêts à de petites mesquineries au rythme des velléités que chacun a de prendre du galon ou d'accroître son espace vital. L'entraide, lorsqu'elle existe, s'effectue par groupuscules, toujours en suspens et mouvants, souvent disloqués au bout d'une poignée de semaines, parfois après quelques heures seulement. C'est le règne du caïdat où les plus téméraires rêvent de devenir calife à la place du calife, à leurs risques et périls.
On pourrait croire ce récit issu d'une prison mais, contrairement aux apparences, c'est d'un autre genre de tôle dont il s'agit puisque je vous parle de l'usine. La différence entre les individus les remplissant, au final, est infime : certains claironnent de ne s'être jamais fait prendre tandis que d'autres clament leur innocence, jusqu'à rendre le discernement entre ses populations quasiment impossible.

Décembre 2010

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Publié le 07/12/2010 à 18:50
Édité le 14/12/2010 à 11:11

Puisque nous sommes en guerre.

Puisque nous sommes en guerre.

La conscription est suspendue ; aucun barbelé dans notre champ de vision ; pas de déflagration d'artillerie au milieu de la nuit et le bruit sourd des canons nous est inconnu ; le plus clair du temps, l'aviation qui survole nos têtes est supposée civile ; nous ignorons tout de ce à quoi peut ressembler un ticket de rationnement ; lors de nos déplacements dans les campagnes, nous ne tremblons pas à chaque instant avec l'idée de mettre pied sur une mine anti-personnelle et dans nos déambulations citadines, les checkpoints sont absents tandis que les barricades se portent pâle. Pas de carte d'Etat-Major représentant les déplacements de troupes ; les informations nous abreuvant n'ont pas besoin d'être recoupées ; nos paroles et nos rencontres sont libres puisqu'il ne réside aucune raison de se méfier de notre interlocuteur ; les actualités quotidiennes ne font état d'aucune perte humaine ou matérielle ; outre ceux des forces dites de l'ordre, les uniformes sont au placard et il n'y a personne à abattre puisqu'il n'y a pas d'ennemi.
Et pourtant. Si l'affrontement armé a bel et bien lieu sous d'autres latitudes -et nous permet une relative tranquillité quant à voir couler le sang de façon massive sous nos yeux- il n'en demeure pas moins qu'un conflit, perfide et larvé, de basse intensité et au long cours, avançant sur différents champs d'investigation, développe jour après jour son emprise sur nos vies tel une poignée de coraux s'implantant et colonisant un banc de sable.
Derrière des sourires se cachent des entourloupes, des poignées de mains -historiquement signe de franchise- deviennent synonymes de trahison, les convocations se métamorphosent en injonctions, les appels téléphoniques en assignation à comparaître et, lorsque tout le bataillon de tortionnaires t'est passé sur le corps, la plupart des envois en recommandé tutoie des simulacres de mise à mort. Le territoire est quadrillé de façon permanente et intensive, les décomptes du temps et de l'argent -toujours plus précis et dont les marges s'amenuisent inexorablement- font de nous des agents d'un mécanisme géant où certains ont toujours la bonne idée de te rappeler que tu as le choix. Le choix de te faire exploiter ailleurs ou, quête illusoire, de trouver -ou mieux, de mettre sur pieds toi-même- un gagne-pain épanouissant mais qui, en plus de correspondre expressément à l'unique scénario possible, ne doit en rien t'éloigner du théâtre des opérations et t'occupera toujours, 8 heures par jour, 5 jours par semaine, 47 semaines par an.
La majeure partie des forces engagées collabore les yeux fermés ; certains, conscients de la situation, taxés d'archaïques ou de passéistes, tentent vaille que vaille et contre vents et marées une lutte de l'intérieur qui ne peut apparaître autrement que perdue d'avance.
Restent les déserteurs -je ne parle pas des auto-proclamés résistants évoqués ci-dessus ni des mutins, réformés et autres radiés et exclus de force, ni même des éventuels planqués-, paradoxalement toujours prêts au combat mais insuffisamment armés, fatalement incompris mais possédant sans nul doute un temps d'avance sur leurs contemporains. C'est donc à celles et ceux, bien peu nombreux, qui ont choisi de ne pas perdre leur vie à la gagner que sont dédiées ces quelques lignes... puisque nous sommes en guerre.

Décembre 2010

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Publié le 03/08/2010 à 19:40
Édité le 11/12/2010 à 06:05

Apatride Sans frontière

Monsieur le Ministre,
puisque j'ai commis le grave délit de naître voilà plus de 26 ans, risquant de grèver honteusement et sans scrupule les caisses de l'assurance-chômage lorsque mon Boss ou un de ses bien dévoués subalterne se sera rendu compte que je n'étais plus assez rentable ; ayant l'outrecuidance d'essayer (oui, "essayer", étant donné que vos homologues successifs s'acharnent à mettre à mal l'efficacité de l'Hôpital public en le désorganisant et le démantelant progressivement avec le but inavoué de faire chuter l'espérance de vie et ainsi les dépenses de santé) d'aller me faire soigner lorsque le mal s'abat sur moi et mettant en miettes cette fois-ci la caisse d'assurance-maladie ; prévoyant d'atteindre un jour l'âge (60 ans, n'en déplaise à vos autres homologues successifs) me permettant d'accéder à une retraite qui finira de plomber les finances publiques ; flirtant, grâce aux mots que vous êtes en train de lire actuellement, avec le statut de terroriste -au minimum intellectuel- ; je me permets de vous demander de bien vouloir me déchoir de la nationalité française qui m'a été si généreusement octroyée (et à l'insu de mon plein gré puisque issu de deux bons vrais français de souche, certes l'un plus que l'autre...) à la naissance alors que je n'avais rien demandé à personne afin de rejoindre la tribu -que j'espère croissante- des Apatrides Sans Frontière qui prendront un malin plaisir de venir gommer les sinistres pointillés souillant les cartes, planisphères et diverses mappemondes depuis de trop longs siècles. Merci.
En conséquence, ayant disparu de vos différents fichiers de renseignement et autres listings informatiques, j'espère fort logiquement ne pas avoir à répondre à quelque représentant des forces supposées de l'ordre lorsque je me nourrirai, logerai, soignerai et déplacerai, et ce, par n'importe quel moyen que j'utiliserai mais que vous qualifierez sans nul doute de "vol".

P.S. : Peut-être qu'en échange d'une île égarée aux Seychelles et récemment revenue (à la rame ?) à ma mémoire (mais pourtant inexistante aux yeux du FISC, l'île pas ma mémoire), ma requête obtiendra un traitement de faveur et sera acceptée avec une célérité hors du commun...

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