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Publié le 19/02/2011 à 13:57
Édité le 19/02/2011 à 20:00

Une (portion de) semaine (totalement) en vrac. (I)

C'est à partir de cette banale histoire de rondelles survenue il y a une semaine (le 12) et relatée ici-même (le 16) que tout a commencé, l'ami Kev (Merci !) ayant porté à ma connaissance un documentaire diffusé sur ARTE il y a quelques jours (le 15). Ne possédant pas de poste de télévision mais une connexion Internet, la magie de ce moyen technologique révolutionnaire m'a permis de visionner (le 17) l'objet en question : "Prêt à jeter". 75 minutes pour comprendre et expliquer ce qu'est "l'obsolescence programmée". Succinctement, il s'agit de la méthode, élaborée depuis près d'un siècle par des firmes industrielles, consistant à raccourcir sciemment la durée de vie de produits manufacturés afin de continuer de faire tourner Sainte Economie, garantir auprès des personnalités politiques un contrôle de ses ouailles en les maintenant (de force) sur le marché du travail, et accessoirement, continuer de remplir les poches des déjà plus riches que les riches. Pour plus de détails, référez vous à la page Wikipedia consacrée à ce qui est devenue une discipline dans certaines écoles de design et/ou, encore mieux, allez directement à la source en visionnant le documentaire de Cosima Dannoritzer, instructif à bien des égards.

Si j'évoquais plus haut les "plus riches que les riches", ce n'est pas que j'envie particulièrement la vie, bien pauvre émotionnellement, de ceux qui collectionnent voitures de luxe, villas et même parfois des îles du Pacifique. C'est que plus tôt dans la journée (et aussi le lendemain, le 18), Denis Robert venait causer dans le poste ("Là-bas si j'y suis" sur France Inter) au sujet de la retentissante affaire Clearstream et qu'il est permis, du moins je me le permet, d'effectuer un lien entre les cartels de l'industrie évoqués plus haut et les transactions douteuses effectuées par la sulfureuse chambre de compensations internationales. Et c'est à ce moment précis que j'offre une parenthèse puisque on touche ici même à l'utopie évoquée par John Berger dans le film "Walter, retour en Résistance" selon laquelle faire du fric pour faire du fric, aligner le plus de zéros possible devant la virgule sur des comptes en banque devient le but ultime, mais sans aucun sens, d'une poignée de neurasthéniques mais hélas sacrément nuisibles et dotés de pouvoirs gigantesques. Pour en revenir à notre cher Denis Robert, c'est après 10 ans de combat acharné sur le terrain judiciaire et après avoir été traîné dans la boue par certains de ses confrères et tenu en respect par la classe politique que le journaliste d'investigation (il en reste et pour preuve...) vient d'être blanchit par la Cour de Cassation. On prendra un malin plaisir à réécouter le soutier s'exprimer ici ou et à lire son communiqué, ici diffusé par Acrimed.

Pour se rendre d'une cour à l'autre, il suffit de sillonner les couloirs du métro parisien et de ne pas se gaufrer dans les correspondances. C'est ainsi qu'on débarque (le 17) devant un rapport de la Cour des Comptes qui souligne, entre autre, la gabegie d'argent public lors de la campagne de vaccination contre la supposée pandémie de grippe A(H1N1) dès la fin 2009. Il faut bien être un "Sage" pour mettre plus d'un an à s'apercevoir de la complaisance d'une certaine ministre à l'égard des laboratoires pharmaceutiques. Pour mémoire, on pourrait ajouter à la campagne médiatique alors orchestrée, l'ineptie des méthodes employées : réquisition de militaires pour des tentatives de vaccinations massives dans des gymnases et réquisition d'étudiants en médecine -encore non diplômés- sur lesquels il est si aisé de faire pression et dont le statut juridique est pour le moins flou (car aussi bénin soit-il, ces jeunes personnes ont eu à effectuer un acte médical à part entière).

Sans transition aucune, c'est ce même jour (le 17) qu'est publié un sondage commandité par l'Humanité Dimanche auprès de l'institut Louis Harris. Le chiffre : 58%. Ce serait la proportion de français désireux de "révolte" dans leur pays. Il n'y a qu'à voir comment ils ont défendu le régime de retraites, mis à part les bastions séculaires (principalement l'Education Nationale) et certains points stratégiques (raffineries et transports en commun) qui se sont courageusement mis en branle, et comment la Sécurité Sociale risque de se faire démanteler pour imaginer une révolte le cul enfoncé dans un canapé, les yeux rivés sur TF1, la main gauche sur "Facebook via iPhone" et la droite dans un paquet de chips. Pour résumer, on est quelque part entre Calavera avec "Il [le peuple] consomme de la révolte et toi tu trimes à résister." et No One Is Innocent pour qui "Révolution.com, comme ça manque de sueur". Mais peut-être que le vent (glacé) de la révolte ne viendra pas des pays arabes mais... d'Islande.

C'était le sujet choisi par l'Arrêt sur Images d'hier (le 18) [désolé, l'accès est payant...]. Si le scénario islandais ne semble pas tout à fait transposable de part la faible population du pays et l'insularité de ses 320 000 habitants, il a le mérite de souligner que suite à la crise de 2008 et à la colossale dette des banques du pays, le peuple a réussi à s'exonérer de la régler dans les conditions initialement prévues. Une lueur d'espoir au milieu des autres gouvernements ballotés entre le FMI, l'OMC et la BCE. Et même si le modus-operandi choisi par les manifestants -se rejoindre autour du Parlement et générer un tintamarre à l'aide de casseroles- aussi exotique que pacifique pourrait séduire les médias de masse, il est tout aussi intéressant de remarquer la quasi-inexistence de la couverture de ces évènements dirigés par le peuple de la "Terre de glace"...

Sans réellement changer de climat (tout du moins en hiver), je vous propose de franchir l'Atlantique et la moitié des Etats-Unis afin de découvrir l'Etat hébergeant le Mont Rushmore : le Dakota du Sud. Ou tout du moins la possible évolution de sa législation concernant l'avortement. C'est en milieu de semaine (le 16) que l'information a filtré sur les écrans, plutôt discrètement. Plus qu'une pensée réactionnaire et rétrograde, la loi "House Bill 1171" atteint le sommet de l'ignominie : étendre la définition de "l'homicide justifié" (a.k.a. "légitime défense") et ainsi rendre légal le meurtre d'un médecin pratiquant l'avortement. Plutôt que de continuer à paraphraser le blog BigBrowser hébergé par Le Monde, une simple lecture de celui-ci, à condition d'avoir le coeur bien accroché, permet de se rendre compte des dégâts dans certains endroits du pays de l'oncle Barack.

Bien que l'ayant déjà effectué il y a quelques semaines, l'amateur de liberté et de progrès social que je suis n'a pas pu résisté à renouveler (le 14) le voyage, toujours aux Etats-Unis, vers Canon City ou plutôt Prison Valley afin d'y trouver pleine satisfaction. Et il faut avouer que le périple vaut son pesant de cacahuètes. Lors de cette enquête, Philippe Brault et David Dufresne nous emmènent dans ce petit coin paumé du Colorado où il n'y aurait sans doute rien, ou pas grand chose, si l'industrie de la prison n'y avait pris pied voilà plusieurs décennies. Les chiffres parlent d'eux-même : 36 000 habitants dans le Comté et 13 prisons. Tout le monde vit par et pour les prisons, mais derrière ce modèle économique aussi sombre qu'original se cache un mal-être généralisé (comme en atteste le témoignage d'un ancien surveillant reconverti en tenancier de snack) ainsi que l'influence de la prolifération d'établissements pénitentiaires, certains privés et devant donc répondre à des critères de rentabilité, sur la législation. Comprendre l'apparition de nouvelles peines et le durcissement de celles existantes pour remplir... les geôles. Le point culminant de cette "taylorisation géographique" (si le concept n'existe encore pas, je vous l'inaugure sous vos yeux ébahis) est atteint lorsque certains prisonniers autorisés à travailler, et généreusement rémunérés l'équivalent de 50 euros par mois, fabriquent... une prison en kit. Ca fait froid dans le dos mais nous prépare à ce qui devrait arriver de ce coté-ci de l'Atlantique d'ici à quelques années...

Dans l'attente que la grande prison mondiale prenne forme définitivement, mais déjà en cours d'élaboration grâce aux murs séparant Etats-Unis et Mexique, Israël et Palestine, Sahara Occidental et Maroc, bientôt Turquie et Grèce ainsi que les no man's land à Chypre et entre les deux Corée, ce n'est pas plus tard qu'hier (le 18) qu'est apparu sur un des blogs du Monde, Diplomatique cette fois, un article portant à (ma) connaissance l'existence d'un mur à Samarcande, Ouzbékistan. Histoire, géographie, sociologie et urbanisme de la ville sont passés au peigne fin par Alice Corbet avec la mise en exergue de ce mur séparant certains quartiers du reste de la cité. A noter la richesse des photographies, témoignages de la différence des deux faces de la ville, l'une touristique, l'autre populaire.

Puisque nous avons pas mal bourlingué, il serait bon d'effectuer un petit tour d'horizon des offres les plus alléchantes du moment offertes par les voyagistes. Je vous en ai trouvé deux répondant, sur le papier, à des critères de poids : un maximum de confort pour un budget minimal. C'est ainsi que Cojetage.fr et MAM-voyages.com devraient vous apporter pleine satisfaction. Je vous laisse soin de juger sur pièce en consultant l'avis des précédents clients. Vous pouvez même, chez MAM-voyages, cliquer sur "Contactez-nous" : la redirection de l'URL ne devrait pas vous laisser indifférent.

Pour ce qui m'est vital, je veux bien sûr parler de musique, Carla Bruni (le 15) a fait savoir que figurerait sur son prochain album une version italienne de "Douce France". On attend déjà l'interprétation de "Maréchal, nous voilà" avec Brice Hortefeux en invité de luxe. Bien plus sérieusement et à des années-lumière de ce triste Spectacle, c'est le lendemain (le 16) que j'ai reçu une sérieuse commande de disques de chez Chanmax Records. Au milieu de disques estampillés Gui-De-Champi-rules (splits 7" Teenage Renegade / Billy Gaz Station et Billy Gaz Station / The Black Zombie Procession, CD's de Billy Gaz Station, Teenage Renegade, Lost Cowboy Heroes, ...), outre le terrible album (CD lui aussi) de Granit 665 et le 7" de Illegal Process (Drama armada), il y a cet objet qui a dû rester coincé dans un carton et/ou un grenier et/ou une étagère durant une petite dizaine d'années avant de me parvenir, à savoir "45 secondes pour tuer Portobello Bones". Le disque, un autre 7", est un objet improbable : une espèce de "compilasplitribute". Pensez donc, Dead Pop Club, Greedy Guts, Seven Hate, Hint, Tantrum, Basement accompagné de DJ Shot ou encore Creep A.C. disposant chacun de 45 secondes pour offrir une version revisitée d'un titre des Portobello Bones : un régal ! Si on ajoute qu'il devait y avoir 11 articles facturés pour moins de 80 euros port compris ainsi que quelques skeuds et un badge offerts en bonus, Chanmax, c'est chanmé un max.

Voilà, ce bulletin d'humeur tout à la fois brouillon, chaotique et livré à bâtons rompus, garni de jugements honteusement arbitraires, ne pouvait pas se refermer sans une conclusion insolite à savoir l'histoire de Heidi, l'opossum qui louche. L'animal devrait jouer les devins lors de la prochaine cérémonie des Oscars. Selon le directeur du zoo de Leipzig, "l'important à nos yeux était d'assurer le bien-être de l'animal". Mais la fable ne nous dit (encore) pas si Heidi voit la chose d'un bon oeil... ni avec lequel !

Samedi 19 Février 2011.

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Publié le 16/02/2011 à 17:39
Édité le 17/02/2011 à 14:13

L'ellipse de la rondelle.

Je vois déjà les regards effrayés, les mines déconfites et les yeux écarquillés à la vue de ce titre. Rassurez vous, il n'est nullement question d'analyser, à l'aide de théorèmes issus de la Résistance Des Matériaux, de quelle façon une rondelle de métal, soumise à deux forces attelées à deux points diamétralement opposés et agissant en des sens et des directions inverses et orientées vers l'extérieur, se transforme en objet ovale.

Il y a pas mal de circonstances dans la vie qui font qu'on peut avoir besoin de 15 rondelles en inox de taille standard pour vis M8 disposant des dimensions suivantes : 16mm x 8mm x 1,6mm (diamètre extérieur x diamètre intérieur x épaisseur). Il y a (au moins) deux méthodes pour s'en procurer.

La première consiste à se rendre dans le magasin A qui a le mérite de vendre de jolies rondelles, conformes à mes attentes, présentées en vrac dans des petits bacs en libre-service. Ravi et enchanté d'avoir trouvé les objets de mon désir, sans omettre de vérifier qu'ils étaient tous identiques et après avoir compté et recompté leur nombre (15), je me dirige donc vers la caisse, non sans une certaine fébrilité. L'employée dépose alors le petit amas de métal sur une balance, sans prendre la peine de compter la quantité d'objets présents, le tarif étant déterminé au poids (et non à l'unité). C'est alors que la surprise, en plus d'être au rendez-vous, est bonne, je vous laisse le soin de juger : 0,30€ net TTC, marge incluse. Le sourire de la caissière aussi. 2 balles quoi, pour ceux qui ont du mal à franchir les portes du marché libre et non faussé de la péninsule européenne.

La seconde consiste à se rendre dans le magasin B (de la même bourgade) qui a le mérite, lui aussi, de vendre de splendides rondelles, toujours aussi conformes à mes attentes. Mais il y a comme un début de commencement de doute. Ces fameuses petites rondelles, encore et toujours répondant aux normes de la dimension M8 selon la convention ISO 10673, encore et toujours au nombre de 15, est affiché au prix de 2,65€. Oui, tu as bien lu. Plus de 17 francs, quoi. Presque une place de cinéma, certes au tarif "jeune", dans ma cambrousse de province au tournant du siècle dernier. Mais c'est que les agents "communication", "marketing" et "technocratie" sont passés par là entre-temps. Supposons que le magasin A, en usant de sa méthode de vente pour le moins directe, soit trop laxiste... Le magasin B voit les choses en grand, lui. Les 15 rondelles sont emprisonnées dans une coquille plastique, qui en plus d'être outrageusement sur-dimensionnée, est thermoformée (les curieux se renseigneront mais tout le monde en a déjà vu), scellée certainement par ultra-sons et comme si le gaspillage d'énergie, de temps et (donc) d'euros n'était pas suffisant, le tout est accompagné d'un carton imprimé recto/verso judicieusement présenté dans la boîte translucide.
On comprend aisément la différence de tarif, que dis-je, d'honoraires, dans ce second cas où il faut régler, sans que je puisse être exhaustif, l'encre, le carton, le plastique ainsi que l'acheminement (de préférence par camions) de tous les éléments les uns vers et/ou dans les autres, ainsi que les "cerveaux" qui ont conspiré à un tel projet (comme la réalisation et la conception -bien que basique- du moule de thermoformage, de la machine à découper le carton, l'imprimante et bien d'autres...), l'électricité, la marge de chacun des intervenants (des ouvriers aux dirigeants en passant par les cadres et les managers) de la chaîne de ce processus diabolique sans oublier... les rondelles et leur fabrication, bien sûr.
L'ironie du sort voudrait que les rondelles vendues dans le magasin A et dans le magasin B ait été fabriquées dans le même pays, dans la même usine, sur la même ligne de production, par la même machine, machine conduite par le même ouvrier, rondelles produites dans la même minute et peut-être la même seconde, vues les cadences possibles de ce type d'outil.

Si l'exemple, ici, est flagrant et grossier, on peut regarder autour de soit et le répéter à l'infini, ou presque.

Certes, par la méthode employée, le magasin B est générateur d'emplois (disons plutôt de "jobs" ou de "taffs") et tire la (sacro-sainte) "croissance" vers le haut. Mais quid de la finalité desdits "emplois", des ressources de la planète (qu'il faudrait sauver...) et de la "rationalité" dans le sens le plus noble du terme ?

Février 2011.

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