Zombie King - Son of a witch Son of a witch, un titre qui annonce d'une certaine manière la couleur, une pochette qui en rajoute une couche, le désert, du sable, un soleil rougeoyant et du stoner qui renvoie au seigneur Black Sabbath avant que l'affaire ne tourne au grand n'importe quoi en interne, mais également à la mouvance desert rock allant de Kyuss à Fu Manchu : sur le papier, Zombie King a de jolis atouts pour plaire. Surtout lorsque le groupe se rapproche lui-même d'une certaine scène hexagonale et des Glowsun ou autres Los Disidentes del Sucio Motel fréquentant ses pages depuis pas mal de temps. Forcément, le deuxième album du groupe devait finir par atterrir jusqu'à la platine du renard des sables.

Pas trop de souci jusque-là, tout va bien, l'objet est présenté dans un digipack collant esthétiquement à ce qui se fait dans le genre, un petit côté sexy en plus. On enclenche la marche avant, histoire de s'envoyer joyeusement dans les écoutilles la première bordées de titres que nous réserve Zombie King, soit "In a colored haze", "Run motherfucker run" ou "Betty Bredford" et on s'apprête à encaisser. Sauf que si l'ensemble n'est théoriquement pas mal foutu, avec quelques bons riffs bien dégoupillés, le résultat pose problème parce que la production ne suit pas. Mais alors pas du tout. L'album semble avoir été mixé/masterisé avec des moufles ou le producteur a inversé les potards, bref on ne sait pas, mais à l'heure où n'importe qui peut faire de la musique depuis son ordi', les Zombie King ont beau avoir l'intégrité et un esprit rock'n'roll pour eux, le DiY ne veut pas dire d'oublier la technique et faire n'importe quoi.

On le dit on le répète : pour exister de nos jours dans cet univers impitoyable qu'est le petit monde de la musique alternative, il faut plus qu'une certaine qualité de riffs, une présence charismatique ou une vraie efficacité live. Savoir bosser sa comm°, être irréprochable niveau prod' sont autant de conditions indispensables pour ne pas passer pour de vulgaires amateurs. Et de ce point de vue là, ça ne va pas. Ce n'est tout simplement pas assez bon et le pire, c'est que cela poursuit le groupe du premier au dernier titre malgré quelques bonnes idées de fond entrevues sur "A ritual and the aftermath" ou"Hanged at dusk" et cette belle trouvaille (certes pas d'une originalité folle mais ici bien utilisée) d'entrecouper riffs et mélodies de samples de dialogues issus de films américains de série B (voire "pire"). Malheureusement, quand on veut sortir un album digne de ce nom et que l'on se donne la peine de le faire, c'est quand même très con de sonner comme une vulgaire démo enregistré dans une cave désaffectée. A revoir...

PS : le résultat est en écoute intégrale sur Bandcamp.