Zoe - Dirty little sister A toi cher lecteur fidèle (ou non...), on ne saurait que trop te conseiller de te procurer de toute urgence le nouvel album de Zoë. Pourquoi ? Sérieusement, ne pose pas de question, fonce. Casse ton Codevi, vend un rein ou ta belle-mère acariâtre (on ne saurait que trop te conseiller la deuxième solution...), débarrasse-toi de tes actions OL Group (sans déconner t'as vraiment des actions de l'OL ?) mais fais quelque chose... parce que celui-là, il vaut son pesant de cacahuètes et plutôt deux fois qu'une. D'ailleurs, c'est assez simple, ce disque aurait été composé par le trio Josh Homme/Dave Grohl/John Paul Jones (soit Them Crooked Vultures pour les deux cancres au fond), on aurait crié au génie. Bon là ce sont des mecs originaires de Calais et Dunkerque alors forcément c'est moins sexy sur le papier, mais dès que l'on enfourne la galette dans le mange-disques, là, ça turbine. Et ça turbine sec. Mais avant même de parler de musique, on ne peut que s'arrêter au moins quelques instants sur le packaging de l'album, un digisleeve tentaculaire (si si) deluxe avec un look comic-book'n'roll assumé. Au W-Fenec, on appelle ça grande la classe.
Un riff de tueur, un roulement de batterie qui nous colle au fond du fauteuil, un chant bien rocailleux comme il faut et on fonce droit dans le tas, l'hymne "Wanker for life" entame les hostilités, électrise l'assistance et nous met à genou. Dans le genre "pure bombe stoner/heavy rock inflammable", ce premier titre se pose là. Les Zoë sont déjà sur orbite et nous on essaie de suivre. Parfaitement huilée, la mécanique rock des Nordistes peut alors passer la surmultipliée et là, autant dire que ça calme de suite : "Let's get this show on the road", des guitares qui tronçonnent à tout va, un tempo de feu, break atomique, une énergie brute dopée au pack de 12, on ne se pas trop à quoi ces mecs-là carburent mais nous on veut la même chose. Pourquoi ? Mais parce que, ça fonctionne à mort bordel ! Deux titres, deux grenades à fragmentations balancées sans complexe à la face de la scène rock hexagonale et les gaziers enchaînent : "Blue devils", "Keep your noses clean", "Keep on fighting"... des titres gorgés de testostérone, un groove incandescent littéralement addictif et quelques soli de gratte bien sentis (l'excellent "Fat city"), Zoë capte l'essence-même du rock avec un grand R : ce son énorme nappé de stoner caniculaire, de blues rocailleux et de heavy rock hi-energy, le groupe le fait sien.
On a beau chercher l'erreur, l'infime défaut de fabrication, mais bon sang, rien de rien. Pas une poussière pour enrayer la mécanique ou obturer le filtre à air, il a du être écrit quelque part que Dirty little sister se devait d'être une tuerie intégrale. En témoignent notamment les "Shot me down" et autres "Time to take" qui continuent de déboiser les tympans avec une effrayante régularité. On appelle aussi ça être efficace Bro'. Riffing king size, des mélodies brûlantes et enfiévrées, un petit coup de boost speedé, un corps à corps électrique rythmé par une section rythmique qui met tout ce qu'elle a dans le futal, Zoë ne semble plus vouloir s'arrêter et déroule un peu plus la bobine de ce deuxième opus. Le choc est toujours aussi frontal mais on en reprend avec plaisir : "The little white car rescue plan" puis "On the other side of the tracks", autant de brûlots heavy puissants et racés achèvent leur travail de percussion et crament le carburateur avant que le groupe ne conclue sur un dernier titre, plus long qu'à l'accoutumée. "Many roots for one tree", une sorte de long périple aux accords burnés à travers le désert mais toujours gorgé de rock'n'roll pénétrant et brut de décoffrage. Implacable dans son genre. 7 Weeks, Bukowski, Glowsun, Mudweiser... (on s'excuse d'avance pour ceux que l'on oublie), la scène hexagonale tenait déjà de sacrés cadors, mais là, Zoë ne fait rien d'autre que dynamiter sévèrement le studio et s'affirmer comme le nouveau big boss de la catégorie. Respect.