Après un EP de 5 titres en 2021, le quatuor parisien de noise rock Zir Pachet, fondé en 2015, s'est enfin attaqué cette année à l'épreuve du premier album. Et autant dire que les gars n'ont pas fait les choses à moitié puisqu'ils ont confié la production de U de fas à Francis Caste (Loudblast, Hangman's Chair, Pogo Car Crash Control...), artisan chevronné lorsqu'il s'agit de transformer une énergie brute en véritable matière sonore. Ce choix se fait sentir quasiment dès le début, le disque déployant une sorte de testostérone sonore parfaitement canalisée, où les ruptures et nuances typiques du style se nourrissent de punk-rock nerveux et de post-hardcore plus sinueux.
Inconnus de nos radars jusqu'ici, Zir Pachet surprend par sa manière presque intuitive de jouer avec les tensions. Les passages de relâchement respirent sans jamais vraiment faire retomber l'intensité générale. Les guitares y ont une place centrale. Tantôt mélodiques, tantôt dissonantes, souvent les deux à la fois, elles construisent un relief accidenté où la répétition de riffs agit comme une séance d'hypnose fulgurante. Le chant de Thibault, quasi monocorde mais jamais amorphe, refuse les envolées lyriques inutiles. Direct et frontal, il sait néanmoins se laisser emporter lorsque la déflagration collective l'exige, sans jamais franchir les limites de l'impossible.
Aucun morceau ne sort vraiment du lot, et c'est tant mieux. U de fas s'écoute d'un bloc, comme un mouvement unique, dense, nerveux, et impeccablement cohérent. On pourrait aisément imaginer ce disque se frayer une place dans le catalogue Touch and Go dans les années 90 tant il en partage l'esprit. Une belle découverte, et un premier album qui ne s'embarrasse d'aucune réticence.
Publié dans le Mag #68

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