Zero Absolu - Autømn Imaginons une nuit d'automne, pluvieuse et silencieuse, un paysage désolé enveloppé d'une brume au travers de laquelle on devine à peine les premiers contreforts des reliefs environnant, imaginons ensuite quelques esquisses mélodiques nous parvenant au loin, traversant le halo d'incertitudes pour laisser la place à une musique tantôt apaisée, tantôt plus écorchée, cette "First step", première piste du nouvel album de Zero Absolu, le bien nommé Autømn, par ailleurs accompagné d'un artwork particulièrement cinégénique et en même temps bien dans le ton de l'album. On reprend notre respiration.

"Home sick home" suit le déroulement de la bobine musicale du one-man band qu'est Zero Absolu pour distiller un (ambient)rock atmosphérique enveloppé d'une mélancolie pregnante et désenchantée, que vient rompre quelques instants plus tard "The hill", un titre assez proche des rivages ambient shoegaze metal d'un Jesu pour citer l'exemple évident qui vient à l'esprit lors de la première découverte du morceau. A la fois contemplatif et passionnel, parfois aérien, d'autre fois tellurique lorsque Zero Absolu alterne les passages les plus ambient metal de shoegazer et ceux flirtant avec les courant d'un post-rock aux tentations électroniques enlevées, ce nouvel opus jongle avec les genres comme les couleurs musicales. Après trois titres, on a les contours de l'univers de cet Autømn, un disque organique régulièrement changeant et porté par tout un tas d'influences, d'envies... parfaitement maîtrisées.

Que ce soit sur un "Hello darkness, hello gentle moon" ambient post-rock aux passages spoken word et aux fulgurances enragées, un "Autømn" foncièrement dub-rock au climax aussi intense que puissamment évocateur ; ou un "After her" schizophrénique, qui entre post-rock scintillant et rock hardcore abrasif, fait passer l'auditeur par tous les états, l'album évolue au grès des humeurs de son auteur. Des moments de (quasi) calme absolu ("Vertigos and confusions") aux poussées de fièvres les plus éruptives ("Lord of the unconscious"), lesquelles se laissent parfois bercées par quelques mélodies doucement (ou pas) plaintives ("Snowball aftertaste") et surtout une intensité palpable ("A kingdom without walls", "Season is falling") qui rythme Autømn pour lui offrir la dimension émotionnelle qu'il mérite. Un troisième album signé Zero Absolu pour une oeuvre un peu lunatique ("Strike it down"), fourmillant d'idées (parfois presque trop) mais s'offrant un grand huit sensoriel conclue à merveille par son ultime plage : "Amend grace's legacy". Peut-être moins abouti que Dans les bras de Morphée mais une bien belle réussite tout de même. Classe.