Zarboth - Kwakiutls Avec Zarboth, duo zarbi composé d'un We insist ! (autre groupe super zarbi) et d'un La Theory Du Reptil, j'ai toujours l'impression d'être passablement à coté de la plaque dès qu'il s'agit de déchiffrer un tant soi peu leur musique. A tel point que j'ai plus de chance de me taper Scarlett Johansson cette année que de taper dans le mille dans cette chronique. Leur album précédent sentait énormément le Les Claypool (Primus, autant dans la voix très scandé et segmentante d'Etienne que dans ce travail percussif, math ?, qui semble les animer à chaque instant. Et c'est encore valable ici, on peut même dire que la Primusite aiguë s'est accentué pour notre plus grand bonheur.
Le groupe distingue deux chapitres dans cet album et à raison. La première partie où le groupe propose de vrais morceaux, avec des riffs accrocheurs, des phases scotchantes, de purs moments math-garage qui enivrent ("What we eat", "U-boat"), le tout en gardant la déviance qui fait leur identité. Zarboth tente de canaliser sa singularité et ça leur réussit particulièrement bien. La seconde partie, c'est Zarboth qui s'oublie, atteint du syndrome d'Alzheimer, là aussi avec franchement pas mal de réussite, renforçant l'"atypisme free" (un sport cousin de l'éclectisme) et la folie qui est la leur. Que ce soit sur le très groovy "A sparrow", sur "Saint-Louis-Du-Ha !-Ha !" et son saxophone vrombissant, ça reste toujours super convaincant pour les oreilles.
Exigeant et tordu, ce disque se mérite avec de nombreuses écoutes : un titre comme "What we eat" devient un sacré tube (méchamment alternatif, hein...) avec le temps. Mention... oh et puis merde. Ecoute et puis c'est tout.