Zak Laughed & The hobos company (live, Lille, 2009) Zak Laughed & The hobos company (live, Lille, 2009) C'est une petite salle qui est plutôt un piano-bar flottant, un cocon douillet et charmant qui reçoit une petite cinquantaine de personnes venus goûter en live aux douceurs de Zak Laughed accompagné ce soir de The hobos company. Peu de monde donc vu le buzz autour du petit prodige mais ce soir à l'Aeronef, le festival a programmé Brendan Benson, Izia et Nosfell ! Ou comment se tirer dans les pattes et "sacrifier" un groupe au profit de trois autres... N'y avait-il pas la place pour faire jouer tout le monde au même endroit ? Sans timing à respecter et là uniquement pour ses fans, Zak Laughed va nous abreuver pendant près d'une heure et quart avec des titres de son The last memories of my old house et d'autres inédites.
Il entre sur scène, salue et remercie le public, prend sa petite guitare acoustique, l'accorde et entonne "A letter for Emily", un frisson parcourt la péniche, le son est limpide, sa voix claire nous transperce et nous émeut. Il enchaîne avec "Sculpture birds" et The hobos company le rejoint : une autre guitare, une basse (tenue par son grand frère) et une batterie, "Who left me here", ça s'anime, Zak empoigne une gratte électrique, ça s'envenime, revisité par le groupe, les titres sont bien plus rock et dynamiques. Augustin met en boîte son cadet avec en running gag un "il s'accorde..." puisque Zak s'assure de la justesse de sa guitare quasiment entre chaque titres (sauf ceux qu'il va jouer au piano). Adrien nous fait son petit pas de danse pour "Each day", la voix de Zacharie se perd un peu quand il force lors d'un titre à l'ambiance western ("Pale rider and I"), il nous explique rapidement qu'il est impossible de se suicider dans une usine d'oreillers ("Pillow suicide") et termine le set avec des excuses "Apologies song". La péniche applaudit et tape des mains en cadence jusqu'à ce qu'ils reviennent sur scène, c'est seul à nouveau que Zak Laughed répond à la demande, il s'installe au piano et joue "Bad cough", une fois de plus, on est estomaqué par la clarté et l'émotion qui traverse le bateau... Les Hobos repassent pour deux titres de plus, endiablés et plus saturés. Le concert semble terminer, le public n'arrête pas pour autant de crier et d'applaudir, Zak réapparaît, débranche sa petite guitare acoustique, délaisse son micro et descend de scène jusqu'au premier rang pour nous jouer "I dreamed I saw St. Augustine", une reprise de Bob Dylan d'une délicatesse incroyable. A la hauteur de son talent..