rock Rock > Yndi Halda

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En Angleterre, depuis deux ans, on ne parle que d'eux lorsque vient le moment d'évoquer la dernière sensation post-rock made in UK.... Après Mogwai et 65daysofstatic, Red Jetson ou iliKETRAINS, voici donc Yndi Halda. Un patronyme incertain, un style dans la plus pure tradiction post-rock et un groupe devenu quasi culte après un seul EP : Enjoy eternal bliss. Composé de James Vella (guitare, glockenspiel, piano, banjo et voix), Jack Lambert (guitare), Brendan Grieve (basse), Daniel Neal (violon) et Oliver Newton (batterie, tambourin), le groupe se forme au début des annéess 2000 et tient son nom, Yndi Halda (prononcez YIN-dee hal-DAR), d'un poème médiéval islandais évoquant les raisons des caprices de la nature... En 2006, le groupe sort discrètement son premier EP au Royaume-Uni. L'année suivante, il est réédité aux USA et au Japon, devenant un objet quasi culte...

Yndi Halda / Chronique EP > Enjoy eternal bliss

yndi_halda_enjoy_eternal_bliss.jpg A peine a-t-on fait quelques pas au coeur de l'univers de Yndi Halda via une petite lucarne entrouverte de "Dash and blast", premier des quatre merveilles de Enjoy eternal bliss, que l'on ne peut que se laisser glisser dans ce monde onirique d'une beauté ensorcelante. En fermant les yeux, on se projette dans des panoramas fantasmés par un groupe touché par la grâce. On se laisse transporter par une mélodie gracile et des instrumentations aussi subtiles que délicatement orchestrées par cinq jeunes anglais qui, sortis de nulle part, nous foudroient en quelques secondes. Magique. Un quart d'heure plus tard, au terme de ce premier morceau fleuve, on reste quasiment sans voix, devant cet audacieux et inspiré alliage musical évoquant autant Mogwai que Sigur Ros, Explosions in the Sky que iliKETRAINS. Des arrangements à cordes vibrant évoquant le quartet islandais Amiina (qui accompagne Sigur Ros sur scène et en studio), une architecture sonore inventive, des harmonies qui viennent envoûter l'auditeur, l'enlevant à sa triste réalité pour le laisser errer sans fin dans des contrées intemporelles à la blancheur immaculée.
"We flood empty lakes" se révèle absolument sublime. Vibrations mélodiques, une rythmique posément diluée dans des émotions qui jaillissent de toutes parts. Un appel à la communion des sens (on pense à The Album Leaf...), des mélopées d'une rare sensibilité qui viennent apaiser notre âme, un violon qui vient cajoler quelques instants de poésie céleste nappée d'un shoegaze délicat. Des compositions à l'éclat de Porcelain, une douceur Monomaniaque fascinante, des tableaux musicaux comme tous droits sortis d'un Microfilm..., la bande-son idéale d'un voyage aux confins du royaume post-rock à la pureté diaphane que cherche à peindre Yndi Halda sur cet Enjoy eternal bliss qui lui sert de toile... Enfiévrée, lumineuse, portée par une passion fusionnelle à laquelle rien ne saurait s'opposer, la musique du quintet anglais-saxon se pare de ses plus beaux apparats pour broder des motifs en forme de rêveries romantiques aux effluves post-classiques. Symphonie pastorale domptée par un crescendo au lyrisme incandescent, ballade stratosphérique à la combustion émotionnelle spontanée, Yndi Halda vient illuminer notre quotidien en déposant sur notre oreiller un "Illuminate my heart, my darling !" qui nous susurre à l'oreille que plus rien ne sera désormais pareil, que notre monde apparaîtra désormais sous un autre jour... Et pour nous un autre regard, où la beauté semblera se nicher dans l'improbable, pour mieux sublimer nos sens... Sublime.