rock Rock > Yeti Lane

Biographie > Sur la piste du Bigfoot

Yeti Lane fait suite à la fin de l'aventure Cyann & Ben, combo originaire des Ardennes dont le style était situé entre post-rock et indie-pop. Amputé en 2008 de leur touche féminine (Cyann en était la chanteuse et la claviériste), le reste de la formation, constituée de Ben, Charlie et Loïc, décide de poursuivre ensemble sur de nouvelles bases. Très vite, le trio lance un 45 tours en guise de démo puis signe chez Clapping Music. Ce mélange de pop fragile et de space rock aux rythmiques tribales fait l'objet d'un premier album éponyme salué par la critique en septembre 2009. En mai 2010, sort un EP de quatre titres intitulé Twice, mais sans la participation de Loïc, parti vers d'autres horizons. C'est désormais à deux que Yeti Lane délivre ses pop songs à l'aide de synthés, de machines, de cordes et d'effets divers nous levant par la même en gravitation. Le 7 mars 2012, le duo revient en force avec The echo show, album doté d'un travail d'orfèvre enregistré avec l'aide de l'expérimenté Antoine Gaillet, producteur et collaborateur de M83, The Berg Sans Nipple, Zombie Zombie et Radiosofa, pour ne citer qu'eux.

Review Concert : Yeti Lane, Le Yeti danse au café (nov. 2012)

Yeti Lane / Chronique LP > The echo show

Yeti Lane - The Echo Show Nous y voilà ! Le nouvel album de Yeti Lane a fait surface il y a quelques mois et, convaincu par une première offrande dotée d'une magie pop qui se raréfie de plus en plus, il n'est point mensonge de dire qu'il était plus qu'attendu. Le départ de Loïc, auparavant au clavier, n'a pas perturbé d'un poil le désormais duo qui s'est rodé sur un EP de 4 titres nommé Twice les emmenant vers des rivages kraut-rock voire shoegaze laissant du coup à la formation un visage plus anguleux. The echo show en est sensiblement son prolongement.

Visiblement influencé par ce courant allemand des années 70 dans une approche artistique où la recherche perpétuelle d'enchevêtrement de sonorités fait forte figure, Yeti Lane s'adonne sans concession à y imposer ses racines pop. Rêveuses mais impérieuses, ces dernières s'expriment par leurs mélodies planantes et envoutantes qui emmitouflent nos conduits auditifs ("Warning sensations", "The echo show"), mais également par les échafaudages sonores progressifs insufflés par des guitares à la fois cristallines ("Alba") et agonisantes ("Faded spectrum") ou par des claviers expressifs ("Logic winds"). A l'écoute de ce 13 titres, on est alors moins surpris de savoir que la production ait été assurée par Antoine Gaillet, leur vieux compère du temps de Cyann & Ben, à qui on peut louer le travail opéré sur certains albums d'M83.

Aborder The echo show en n'y voyant que ses volutes pop-psyché-shoegaze ou ses bidouillages électroniques serait une erreur car sa force réside aussi dans l'apport considérable et congru des voix et des chœurs souvent haut perchés (vive la réverb !). Notez d'ailleurs la participation de David-Ivar d'Herman Düne sur "Sparkling sunbeam". Ce disque dont l'influence est parfois évidente (Grandaddy, Pink Floyd, Deerhunter pour ne citer qu'eux), est un voyage mélancolique et tumultueux en quatre parties terminées chacune par une interlude. Cette régénérescence nous rassure et la volupté qui s'en dégage peut lui assurer, sans conteste, un fort bel avenir.