Yeti Lane 01 C'est accompagné de mon ami Erwan du Bazar Musikal que je découvre à mi-parcours le show de quatre très jeunes Ecossais faisant résonner sur les planches du Café de la Danse un rock chaud popisé complètement détonnant et riche en mélodies. Leur nom ? Bwani Junction. Venus présenter aux parisiens leur premier album, Fully cocked, ces quatre là me font penser instinctivement à un mélange de Vampire Weekend et de Foals par leur rythmes influencés en partie par l'afro-beat (Bwani ?!?). Un groupe agréable à écouter et chaudement recommandé par NME cette année. S'ils le disent...

Je ne vais pas vous le cacher, ma présence ce soir là est entièrement vouée à Yeti Lane. Découvert via Erwan (encore lui) à la sortie de The echo show, le duo est à la hauteur (et le mot est bien choisi !) des espérances. Puissamment aériennes et frémissantes, les sonorités dégagées par les instruments et machines de Ben et Charlie transforment la salle en véritable nef. La foule bien sagement assise, si l'on omet les quelques personnes débout rangées sur les côtés devant la scène, vibre à chaque titre du groupe qui ébloui par leur mise en place ultra carré. Ben démontre qu'il n'est pas qu'un "shoegazeur" qui tâtonne en exploitant intelligemment sa Jaguar à coup de vibrato et de phrases bien placées, tandis que Charlie tente d'ajuster à ses rythmes les programmations électroniques qui défilent au fur et à mesure des morceaux. On retiendra de Yeti Lane son show féérique et son sens inné de l'application.

La suite et fin de la soirée le sera moins. En live, Young Man, présenté comme le symbole de cette nouvelle génération d'artiste maniant la pop avec brio à la manière d'un Grizzly Bear ou d'un Animal Collective, ressemble davantage à un groupe fébrile de première partie sans véritable saveur. Le leader de la formation au charisme proche du néant semble ne connaître que très peu d'accords de guitare contrairement à son batteur qui mitraille du mieux qu'il peut ses futs pour relever cette mollesse pesante. Le nombre de pédales d'effets du guitariste (les a-t-il utilisées ?), pour un style qui n'en valait pas tant que ça, sera notre dernière blague de la soirée. Nous préférons quitter les lieux en gardant notre esprit hanté par l'excellente prestation des Yeti Lane, formation qui remporte haut-la-main les débats de cette soirée indie-pop.

PS : Plutôt que de vous gaver de photos, voici une petite vidéo captée (avec nos moyens) lors du show de Yeti Lane.