Yeti Lane - The Echo Show Nous y voilà ! Le nouvel album de Yeti Lane a fait surface il y a quelques mois et, convaincu par une première offrande dotée d'une magie pop qui se raréfie de plus en plus, il n'est point mensonge de dire qu'il était plus qu'attendu. Le départ de Loïc, auparavant au clavier, n'a pas perturbé d'un poil le désormais duo qui s'est rodé sur un EP de 4 titres nommé Twice les emmenant vers des rivages kraut-rock voire shoegaze laissant du coup à la formation un visage plus anguleux. The echo show en est sensiblement son prolongement.

Visiblement influencé par ce courant allemand des années 70 dans une approche artistique où la recherche perpétuelle d'enchevêtrement de sonorités fait forte figure, Yeti Lane s'adonne sans concession à y imposer ses racines pop. Rêveuses mais impérieuses, ces dernières s'expriment par leurs mélodies planantes et envoutantes qui emmitouflent nos conduits auditifs ("Warning sensations", "The echo show"), mais également par les échafaudages sonores progressifs insufflés par des guitares à la fois cristallines ("Alba") et agonisantes ("Faded spectrum") ou par des claviers expressifs ("Logic winds"). A l'écoute de ce 13 titres, on est alors moins surpris de savoir que la production ait été assurée par Antoine Gaillet, leur vieux compère du temps de Cyann & Ben, à qui on peut louer le travail opéré sur certains albums d'M83.

Aborder The echo show en n'y voyant que ses volutes pop-psyché-shoegaze ou ses bidouillages électroniques serait une erreur car sa force réside aussi dans l'apport considérable et congru des voix et des chœurs souvent haut perchés (vive la réverb !). Notez d'ailleurs la participation de David-Ivar d'Herman Düne sur "Sparkling sunbeam". Ce disque dont l'influence est parfois évidente (Grandaddy, Pink Floyd, Deerhunter pour ne citer qu'eux), est un voyage mélancolique et tumultueux en quatre parties terminées chacune par une interlude. Cette régénérescence nous rassure et la volupté qui s'en dégage peut lui assurer, sans conteste, un fort bel avenir.