Yawning Sons - Ceremony to the sunset A l'heure d'évoquer ce Ceremony to the sunset, il convient de préciser avant d'aller plus loin qu'il s'agit là d'une collaboration supposée être unique. Les héritiers anglais des Karma to Burn produits par Gary Arce, tête pensante des Yawning Man, avec en guests de luxe Wendy Rae Fowler (collaboratrice occasionnelle des Queens of the Stone Age, de Mark Lanegan ou d'UNKLE), Mario Lalli (des Yawning Man lui aussi) et l'immense Scott Reeder (ex-Kyuss), Fu Manchu, QOTSA, Unida, The Obsessed), forcément ça laissait un peu rêveur les amateurs de stoner/psyché un peu halluciné et complètement space rock. Les rois du Desert se sont certainement penchés sur ce disque, qui, morceau après morceau nous emmène dans un véritable voyage sensoriel aux confins du chamanisme et du trip ésotérique narcotique. Une science de la rythmique hypnotique ("Ghostship - Deadwater"), des ambiances savamment étudiées pour nous transporter dans les sphères un peu enfumées d'un rock spatial aux fulgurance Floydiennes. Ode à la transe amérindienne aux ficelles parfois un peu faciles ("Tomahawk watercress"), post-stoner aux crescendo enfiévrés éblouissants ("Wetlands"), plongée apnéique au coeur de l'océan (Atlantique pour les petits génies en géo...) qui sépare géographiquement les deux groupes ("Whales in tar"), Yawning Sons livre ici un disque un peu old-school, nappé de psychédélisme rocailleux et bercé par quelques mélodies rock venues s'égarer tranquillement au détour d'un rocher du Grand Cayon ("Meadows"). Un petit soupçon de folk bluesy pour agrémenter le tout et on tient dans la main un disque en forme de long jam semi improvisé, armé de crescendo progressif et de quelques riffs psyché-rock caniculaire et entêtants. Pas vraiment un chef d'oeuvre, sans doute même en deça de ce que l'on espérait secrètement, mais une très sympathique collaboration entre Américains (Yawning Man) et Anglais Sons of the Alpha Centauri, sortie sur un label Australien (Lexicon Devil Records, qui s'est également occupé des sorties de Ten East). Ou quand le monde du rock n'a réduit les frontières et les distances à leur plus simple expression....