rock Rock > The White Birch

Biographie > Blancs comme neige...

Originaires d'Oslo (en Norvège pour les nuls en géographie), les trois membres de The White Birch ont commencé à jouer ensemble en 1995. Ola Flottum (vocaux, guitare, piano, mellotron, claviers, programmation metalophone, mandoline, basse), Hans Christian Almendingen (batterie, percussions), Ulf Rodge (basse, clavier) ont dès 1996 sorti un premier effort intitulé Self portrayal, suivi deux ans plus tard de People now human. Après ces deux premiers opus, les Norvégiens décident de prendre leur temps pour composer leur album suivant. Tellement que le troisième effort de The White Birch, intitulé Star is just a sun, ne voit le jour qu'en 2002 chez Glitterhouse Records.
Décidément très rapides, les trois Norvégiens mettent trois ans avant de finaliser Coming up for air, toujours chez Glitterhouse, un quatrième album disponible en France via Talitres Records. Pour la petite histoire, si The White Birch a mis autant de temps, c'est également dû au fait qu'Ola Flottum a travaillé dans l'intervalle sur son projet solo avec l'album These days are hard to ignore.

The White Birch / Chronique LP > Come up for air

the_white_birch_come_up_for_air_artwork Quelques jours seulement, près l'excellent Stuck between rock and a hard place de Nud et son éléctro-pop inventive et soyeuse, la Norvège est de nouveau à l'honneur avec Coming up for air, le quatrième opus de The White Birch. Et encore une fois, on s'éloigne largement de la foisonnante scène metal scandinave (les Meshuggah et autres In Flames peuvent ranger l'artillerie lourde au placard), pour se rapprocher des quelques formations nordiques évoluant dans des sphères plus célestes et rêveuses. On pensera ici notamment au post-rock céleste de Sigur Ros, évidemment, mais également aux nuances folk de Kings of Convenience. Entre les deux, on dira que The White Birch est plus pop, certains accords de piano évoquant même les anglo-saxons Coldplay. Mais que le lecteur réfractaire aux pop-songs calibrés de la formation emmenée par Chris Martin, se rassure, The White Birch n'a gardé que le meilleur des auteurs de Parachutes et A rush of blood to the head.
Moins lisse que Coldplay, moins intense émotionnellement que Sigur Ros, la pop douce et mélancolique ("Seer believer", "Storm broken tree") du trio originaire d'Oslo joue sur l'épure et la mélancolie. Cristalline, elle se révèle avant tout contemplative et d'une douceur, sommes toutes, très scandinave. Languissante, langoureuse et posée, chaque note de cette musique semble mesurée, mûrement réfléchie, avant d'être jouée. Rien ne semble avoir été laissé au hasard par ce groupe qui a mis plus de trois ans pour composer et enregistrer cet album. Encore un parallèle avec les Islandais de Sigur Ros, qui ont mis plus de vingt mois pour mettre une touche finale à Takk, encore une ressemblance latente entre les univers cotonneux de ces deux groupes. Comme allongé sur un matelas de velours (on pense alors à leurs compatriotes de Royksöpp), The White Birch prend son temps, distille ses effets de manche avec parcimonie. Pour mieux ménager ses effets. Intimistes ("Silent love", "June") et brumeuses, les compositions du trio s'appliquent à, lentement mais subtilement, emmener l'auditeur au coeur des fjords norvégiens et de l'exigeant hiver nordique.
Des paysages sonores, des atmosphères feutrées, des sonorités un peu inhabituelles (quelques lignes de mandoline font leur apparition sur cet album), The White Birch ne s'embarrasse pas de futilité et l'air de rien, fait le grand écart entre la brit pop décriée de Coldplay et le post-rock unanimement encensé de Sigur Ros. Surréaliste... A l'image de l'artwork de ce Come up for air et de la photo, minimaliste et gracieuse que l'on trouve à l'intérieur du livret, on ne peut être que touché par l'élégance naturelle qui se dégage des compositions de ces trois norvégiens. Cet album semble frôler la perfection, mais deux titres déçoivent, deux morceaux ("We are not the ones" et "The astronaut") au cours desquels, The White Birch pousse un peu trop loin les limites de son concept. Deux essais où le groupe se perd un peu, ne semblant plus avoir grand-chose. Un peu lassant. Quoiqu'il en soit, à travers cet album, l'auditeur découvrira trois esthètes de la musique, trois musiciens qui nous font visiter à l'occasion du sublime "New kingdom", le royaume des cieux, pour un final hypnotique et enivrant... Magnifique.