Weezer : the red album Weezer nous a tellement charmé avec ses deux premiers opus (qui semblent intemporels tant ils sont toujours agréables à écouter) qu'on attend chaque nouvelle livraison avec un peu d'impatience... "Un peu" car nombreuses furent les déceptions depuis Pinkerton. Et pour cause, jamais le groupe de Rivers Cuomo n'a semble en mesure de nous refaire fondre durant plus de 2-3 morceaux... Et ce sixième album ne déroge pas à la nouvelle règle... Weezer a perdu à la fois la spontanéité de The blue album et la profondeur de Pinkerton, ils écrivent de bonnes chansons, ont un talent remarquable pour trouver des mélodies mais l'ensemble manque d'homogénéité, il manque cette étincelle qui faisait que de la première à la dernière note on était embarqué dans leur(s) histoire(s). Là, on surfe sur différents thèmes, on saute d'une référence à un autre, clip aidant, l'énergique et ultra efficace single "Pork and beans" pourrait être écrit avec The Bloodhound Gang, "Everybody get dangerous" ressemble à du Red Hot Chili Peppers avant de se terminer en eau de boudin, "Automatic" a des allures grungy, "The angel and the one" est une ballade grandiloquente... The red album touche un peu à tout et finit par ne plus vraiment nous toucher ou alors par intermittence... Pour ma part, c'est la première partie de l'opus qui m'éclate, "Troublemaker" envoie la sauce, le ton et le flow de Rivers réactive les souvenirs et si la recette n'a pas trop changé, c'est que le résultat fonctionne. Un petit délire (notamment dans les voix) avec "The greatest man that ever lived (variations on a shaker hymn)", le fun est lui aussi un élément important chez Weezer qui adore dynamiter ses fins de titres comme ici. "Pork and beans" est le single idéal avec un clip fantastique. Alors que demande le peuple ? Que ça dure ! Et c'est là que le bât blesse car si "Heart songs", en partie acoustique, passe encore, le reste de l'album devient vite ennuyeux, changeant trop souvent de directions pour trouver de nouvelles idées qui au final ne ressemblent pas trop au Weezer que j'aime. D'autant plus que ça se finit par se calmer et qu'on perd peu à peu en énergie. Et ce n'est pas le titre bonus "The weight" qui redonnera du punch, reprise de The Band, le morceau a beau être un standard, il reste un peu vieillot et vu qu'Aretha Franklin, Bob Dylan, Grateful Dead, Travis et une dizaine d'autres l'ont déjà retravaillé, ça n'apporte pas grand chose.
En 2008, Weezer a 14 ans de plus et n'a pas uniquement changé la couleur de fond de sa pochette, nous aussi on a 14 ans de plus et on aimerait retrouver intégralement le groupe qui enchainaît les tubes comme les perles, putain de nostalgie ...