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Florian Marzano est ce que l'on peut appeler un actif dans le monde de la musique. Acteur dans l'ensemble des 8 guitares du Pink Iced Club mené par le guitariste Olivier Stakhanov Mellano et membre des excellents Trunks aux côté de Laetitia Shériff, le rennais créer son projet post-rock, We Only Said, en 2007. Leur premier album est sorti à l'automne 2009 sur le label rennais Range Ta Chambre (Santa Cruz, Trunks, De Kift) et a été enregistré par Erik Orthuon et masterisé par Bob Weston (Shellac) au Chicago Mastering Service. Florian Marzano est accompagné de Mathias Prime (Saitam, See Saw Motion), Loïg Nguyen, Cédric Moutier (Montgomery) et Pierre Marolleau (Fordamage).

We Only Said / Chronique LP > Boring pools

We Only Said - Boring pools We Only Said, l'album, était sorti en 2009 et avait séduit grâce à un mélange haut de gamme de songwriting et d'influences qui font mouche. 6 ans pour republier une galette, ça peut sembler long mais le très talentueux Florian Marzano n'était pas resté inactif pour autant et avait, notamment, livré l'album de Trunks, un disque magnifique nourri par de belles collaborations (avec Laetitia Shériff notamment...), la collision de divers talents avec pour résultat un propos hybride à l'identité forte. Bref, un projet à la classe évidente de chez évidente qui alimentait notre empressement de voir We Only Said de retour aux affaires.

Dès le premier titre de ce Boring pools, on retrouve cette couette musicale mélancolique qu'est We Only Said : la voix désenchantée et sobre sur ce travail d'orfèvre en terme de composition qui allie des mélodies ciselées et une méticulosité palpable. On pense à toute la clique des 90's, June Of 44, Karaté, Shellac mais les We Only Said jouissent toujours d'une personnalité qui leur est bien propre. 6 minutes délectables dans lesquels on se laisse embarquer finger in ze nose. Et si les We Only Said ont soigné cet entame d'album, le reste est aussi d'une classe folle, toujours dans cette frange d'une musique très expressive mais jamais bavarde, d'une justesse et d'une pertinence qui incite au respect. En parcourant l'album, difficile d'extirper un titre meilleur qu'un autre, la constance est clairement aussi une des marques de fabrique du groupe. Toutefois une piste comme "Everything turns cold" et son chant sur le fil ou le très Pinback "(Along all) boring pools" devrait convaincre les amateurs de rock indé qui ne se sont pas encore frotter à la musique de We Only Said. Excellent retour. Mais bon dieu, pas 6 ans d'attente pour un nouvel album, hein ?

We Only Said / Chronique LP > We only said

We Only Said - We only said La pochette de l'album de We Only Said en forme de carcasse oxydée n'est pas vraiment annonciatrice de la teneur du disque même si elle fait office d'illustration plutôt classieuse. On s'attend en effet à du Unsane meets Shellac braillard mais We Only Said, c'est comme dans la vie : c'est toujours un peu plus compliqué que ce que l'on avait prévu au départ. La musique de We Only Said prend en effet sa source dans la pop indé américaine, le post-rock mais aussi la noise par le biais d'une prod' sèche qui dévoile tout sans rien lisser ni aseptiser, pour un résultat qui a le cul coincé entre plusieurs chaises musicales, donc à fortiori carrément très intéressant. "Our monochrome life", le premier titre, illustre comme il se doit les propos précédents : introduction à la manière de Boards Of Canada puis We Only Said dévoile son véritable visage et déballe sa "post-pop hybride" (j'ai déposé un copyright...) alliant mélodie nue et minimaliste (héritage Steve Albini dont Florian, le leader est fan?), mélancolie glacée, rythme faussement caressant, inclinaison post-quelque chose, un squelette musical sans artifice ou la voix de Florian se fond à merveille. La seconde piste, "Driving my car" attaque l'auditeur avec les mêmes arguments : mélodie scotchante coupée aux ciseaux, climat sous morphine pas spécialement festif, rythmique qui tend à s'emballer pour ne jamais s'engouffrer sur la bretelle de l'autoroute sonique. Et finalement, les We Only Said ne s'écarteront jamais vraiment de ce qu'ils nous ont montré dès les premiers contacts. A raison, car ce qu'ils font, ils le font particulièrement bien : cette montée de tension sur "Get out freakie" se savoure avec délectation et l'album compte autant de pistes que de bons moments. Le clavier très présent sur "Go rotten" ajoute un peu d'intensité à un morceau qui n'en manque pas tandis que sur un "Cheerful girl" envoutant, le groupe rappelle le Minus The Bear de Planet Of Ice qui aurait laissé les accélérations psyché de coté. Avec "I discover the murder", la dernière piste, les We Only Said laissent le Mogwai qui est en eux prendre le dessus pour une plage sonore de 7 minutes très convaincante. Le disque oscille entre le beau et le magnifique mais se mérite véritablement après quelques écoutes qui délivreront les nuances et le travail précieux sur les mélodies. Vraiment une très belle réussite. Chapeau.