We Hate You Please Die

Interview : We Hate You Please Die, We Hate You Please Answer (déc. 2024)

Interview : We Hate You Please Die, We Interv You Please Die (sept. 2021)

We Hate You Please Die / Chronique LP > Chamber songs

We Hate You Please Die Chamber songs Chamber songs, une piaule très féminine, une héroïne qui ne s'est pas fait défoncée la tronche, les We Hate You Please Die se seraient-ils calmés ? Le groupe et Raphaël ont pris des chemins différents : lui a suivi de l'Isolation, elles et l'autre lui ont poursuivi l'aventure en trio. Devenue seule frontwoman, Chloé assure les textes, le chant et la basse et vient colorer ce nouvel album d'une grosse teinte d'ambiance Riot grrrl, non pas pour la défense d'idées féministes qui caractérisait déjà les Rouennais, mais davantage pour les sonorités qui rappellent la vague de groupes aussi féminin que grunge popularisée, entre autres, par L7 (même si Chloé leur préfère Bikini Kill, plus punk et radical).

Des titres courts avec la disto à donf, de l'engagement et une énergie pure, la formule de base de We Hate You Please Die n'a pas changé, ils ont toujours ce côté un peu foufou, mais c'est moins noise/garage puisque le chant trace un cadre sur lequel nos oreilles restent concentrées. Si on se focalise davantage sur les instruments, on retrouve ces influences supersoniques aux lignes directrices plus claires dans le son mais pas dans l'architecture, ("Automatic mode", "Lust", "Asshole") avec parfois quelques tressaillements math. S'il n'y a plus que la guitare de Joseph, sa saturation occupe bien l'espace et quand il laisse de la place, c'est pour mieux entendre la basse de Chloé ou la batterie de Mathilde pour des breaks bien sentis qui permettent de remettre plein gaz l'instant d'après. Côté rythme, la moyenne est assez élevée, parfois ça bourre encore plus (le plutôt punk "The fool"), parfois ça se calme un peu ("Flesh") et à d'autres moments ça s'efface un peu pour amplifier le fait que la 6 cordes semble tituber avant de régler ses comptes ("Hero"). Oui, parfois ça tire à balles réelles et on capte tout de suite que les gros riffs sont dégainés, il faut se pencher sur les paroles pour voir qui est visé, par exemple tous les connards qui sont capables de dire "tu joues bien pour une fille" ("Asshole") ou les mecs toxiques à qui il faut encore et encore répéter "My body, my choice" ("Control").

Chamber songs n'a pas grand-chose d'une musique de chambre, ou alors pour chambrer les mascu, mais "chambrer" est un peu trop gentil et ça n'aurait pas de sens en anglais. Non, il faut davantage voir cette chambre comme un cocon protecteur, un endroit plutôt douillet et serein où l'on peut décharger les haines accumulées et les transformer en chansons qui ont autant quelque chose à dire et doivent faire bouger autant les corps que les esprits.

Publié dans le Mag #63

We Hate You Please Die / Chronique LP > Can't wait to be fine

We Hate You Please Die - Can't wait to be fine Et de deux ! Les Rouennais passent brillamment le test du deuxième album au moins aussi bien réussi que le premier sans pour autant changer grand-chose. On retrouve en effet toutes les folies présentes sur Kids are lo-fi, tout ce que j'aimais (la basse, les chants, le bordel ambiant, les excès de vitesse...) est toujours là et par petites touches (genre un esprit surf music sur quelques mesures, une volonté de prendre de la hauteur sur d'autres, ou quelques moments de répit), le quatuor a distillé d'autres éléments sans fondamentalement évoluer. Noise-punk-rock-garage copulent donc gaiement sur ce nouvel album qui passe trop vite d'une oreille à l'autre car malgré ses 40 minutes, on a l'impression qu'il en fait vingt de moins vu la trépidance de l'objet. Forcément, au moment de passer dans le monde d'après, on a envie de se prendre des torgnoles en concert et on ne peut attendre que ça aille mieux, il faudrait que ça aille encore plus vite...

Publié dans le Mag #48

We Hate You Please Die / Chronique LP > Kids are lo-fi

We Hate You Please Die - kids are lo fi Rouen, deux garçons, deux filles, un amour pour Scott Pilgrim, le punk, la noise, les mélodies, les distorsions, mettez-moi tout ça dans un garage, filez leurs des instruments et ça donne We Hate You Please Die. Basse pugnace, batterie carrée, guitare échevelée et double chant masculin/féminin passé au filtre de saturations, voilà un peu à quoi ça ressemble de loin. De plus près, le groupe tire son épingle du jeu grâce à une 4 cordes vraiment excitante (et pas que sur "Hortense"), des parties vocales plus folles les unes que les autres (quelle entrée en matière avec "Rita baston") grâce une sacrée maîtrise ("Got the manchu" offre un bel éventail) qui permet de frôler l'overdose de n'importe quoi sans passer du côté obscur ("True men don't drink milk"). Et alors qu'elle prend beaucoup d'espace, la guitare et ses effets disparaissent peu à peu en temps qu'entité pour devenir la trame générale, la toile de fond, le cadre de ce joyeux bazar comme si cette débauche de bidouillages dans les pédales était "normale". Côté référence, on peut en lister plein et on ne sera pas forcément dans le vrai mais si les noms de Big Black, Swans, Thee Oh Sees ou Metz évoquent quelque chose pour toi, alors penche-toi sur ce qui pourrait devenir un phénomène. Et si tu n'es pas convaincu du potentiel bordélique du combo, va donc mater le clip de "Melancholic rain" !

Publié dans le Mag #36