The Washing Machine Cie @ Sirod The Washing Machine Cie @ Sirod A l'annonce du passage de The Washing Machine Cie dans une salle des fêtes d'un petit patelin au pied du Grandvaux, j'avoue avoir eu quelques sueurs froides quant aux possibilités du groupe de pouvoir se donner correctement. Mais c'est sans compter sur le talent du quintet et une salle des fêtes dotée d'une sonorisation tout ce qu'il y a de plus correcte, vu le lieu occupé.
Mais avant de goûter à la machine à washer, c'est à Docteur Nox, groupe local remontant apparemment sur les planches pour l'occasion, après avoir jeté l'éponge il y a quelques années. Mené par un chanteur à la bonne quarantaine (cinquantaine ?), le quatuor présente un rock bluesy, influencé par les standards des 60's et restant dans les cadres du genre. Le chanteur, plus bedonnant que barbu, remonte son pantalon avec une classe infinie, soulève ses lunettes de soleil pour déchiffrer la setlist et ose quelques traits d'esprit entre les morceaux, signes d'une décontraction optimale. Le son est relativement correct et dévoile un chant principalement assuré en français alors que les compos sonnent très U.S... pour un concert gentillet mais à peine trop long. Il doit bien y avoir quelques nostalgiques de la "grande époque" du quatuor dans la salle mais la plupart du public (d'ailleurs principalement composé de quadras, quinquas, sexas et plus) attend The Washing Machine Cie. Et cela se ressent dès que les cinq apparaissent
Ouverture du show avec les musiciens dans la pénombre, détonante ambiance quasi-industrielle durant quelques instants et... c'est parti pour une tonitruante prestation où rock et blues sentent le soufre. Fraîchement sortis de studio, The Washing Machine Cie ne tarde pas à présenter de nouvelles compos au public et ça fonctionne plutôt bien même si c'est en fin de concert que l'assistance se déhanchera la plus, quelques bières plus tard. Puissants et bien en place (malgré quelques petits pains sur les titres en cours de rodage), les Washing se lâchent de plus en plus sur scène en multipliant les poses et occupant au maximum l'espace disponible. Et, pour couronner le tout, leur formule blues-rock, audacieuse rencontre musicale intergénérationnelle, loin d'apparaître obsolète, accroche méchamment le pavé, soutenue par un son vraiment à la hauteur. Planqué au coin à droite derrière sa batterie, Antoneuch ne démord pas de ses baguettes, Johann envoie assidûment les lignes de basse, Myflox jongle entre guitare, chœurs et harmonica, Bolby restera guitar-héroïque toute la soirée tandis qu'Amandine enrobe le public de sa chaleureuse voix. Amandine qui, sous le coup d'un méchant rhume, soufre le martyr mais offre tout de même un a capella de Janis Joplin ("Mercedes benz"), entre autres performances vocales. Dans la bonne humeur et une ambiance sympathique (le courant passe bien avec le public), The Washing Machine Cie en termine par un rappel (comment pouvaient-ils l'esquiver ?) et une revue des effectifs en place...
Plus que quelques réglages et The Washing Machine Cie pourrait bien enflammer les scènes au printemps prochain sans nécessairement s'adresser exclusivement aux "d'jeunes". En tout cas, tout dans l'avant-goût de cet automne porte à croire que ce serait mérité.