La fâcheuse habitude que j'ai d'arriver en avance à un concert aura, cette fois, été bénéfique. Avant de pouvoir accéder à l'intérieur de l'Oppidum en passant les épreuves de la sécu et de la guestlist, j'ai ainsi pu retrouver une vieille connaissance, Djo, nouveau bassiste des Washing Machine et taper la discut'. Quelques instants plus tard, découverte des locaux, aussi rutilants que soignés, présageant d'une acoustique correcte pour une simple "Salle des fêtes" d'une bourgade de province.
Même en début de soirée, coté public, la jauge s'annonce proche du taquet. Peu après 20h30, ce n'est pas The WMCie qui débute la soirée sur scène, mais une certaine Camille Millan. La misstinguette joue dans la petite cour des apprenties Catherine-Lara-Fabian. Une chanteuse (sur bande sonore) dont les chances d'être chroniquée un jour par un Fenec sont relativement infimes, à moins qu'un stage intensif de reconversion ne lui soit imposé. Bref, pas du tout ma tasse de thé.
C'en n'est pas fini au niveau des inepties, puisque j'ai entendu un mec au premier rang disant plutôt sérieusement que ça "doit être les paroles car il n'y a pas de souffleur" en parlant de la setlist et, plus tard, vu deux ados, apparemment égarés, dans un style vestimentaire médiéval... j'oubliais que c'est Halloween !
Amandine - The Washing Machine Cie @ l'Oppidum 2007 Amandine - The Washing Machine Cie @ l'Oppidum 2007 Juste après la mise aux oubliettes de Camille, les Washing Machine prennent position. Chapeaux coiffants Anthoneunch et Djo, lunettes fumées et bretelles pour Miellox, boa entourant Amandine, rangée de badges sur la sangle de la guitare (vraiment) électrique de MC Bolby (et des chaussettes à rayures en bonus !) complètent la touche rétro du quintet. Une fois l'intro délivrée, les "blues-rockeurs" entament le set avec "Body on the floor", tiré de l'album du groupe. Sur le papier, on se dit que Miellox, seulement armé d'un harmonica, ne fait office que de figurant, mais, de par sa prestance, il partage en fait le leadership avec Amandine et son chant velouté. Alors que les "outsiders" Mc Bolby et Djo tirent très bien leur épingle du jeu tandis que Anthoneunch maltraite sa batterie à en grimacer. Amandine et Miellox s'amusent comme des petits fous (entre eux, avec leurs collègues ou le public), Djo impose son groove avec sa "Capelli 5-cordes" confectionnée sur-mesure et MC Bolby prouve que sa gratte n'est pas qu'électrique se part ses autocollants. Plus tard, Miellox laissera l'harmonica de coté pour soutenir Bolby avec une deuxième gratte ou s'emparera d'un tambourin. Rock et blues s'entremêlent, ça swingue pas mal, Amandine et Bolby se partagent la Fender, Djo et Miellox jouent dos à dos et le public réagit plus que favorablement aux titres de Ladies and gentlemen ainsi qu'aux nouvelles créations du groupe. En plus d'inciter oralement le public à participer, le quintet assure des ambiances chatoyantes et chaloupées, tout ce qu'il faut pour communiquer un certain entrain auprès d'une assistance très diversifiée. Une fois la présentation des musiciens et intronisation de Djo faites, on s'achemine vers la fin de la prestation du groupe. Mais The Washing Machine Cie prolonge les festivités pour un rappel de 2 titres et se retire avec une large partie des spectateurs dans la poche.
Quelques infimes minutes de retard et Les Infidèles occupent la scène. Ils ne tardent pas à envoyer leur rock au public ayant fait le déplacement pour les voir. Le groupe, longtemps sous forme de quatuor, s'est reformé il y a quelques mois en trio, le temps de rendre hommage à Fabrice, leur ancien claviériste, tragiquement disparu (d'ailleurs, c'est en sa mémoire que le "prix Fabrice Ragris" a été mis en place aux Eurockéennes depuis 2005, année de sa disparition). Pendant sa première demi-heure de jeu, le trio joue un rock dense et personnel, déconne avec "Champagnole" et reprend The Clash, trop jeune pour rentrer dans l'univers du groupe ou rebuté par les lunettes de soleil (sur la tête) du bassiste, je jette l'éponge vers 23h00. Mais les fans et connaisseurs en tout genre semblent y trouver leur compte...