Wallack - Black neons A quel moment, tu peux penser que le mélange du Stoner et de l'Indus, ça peut fonctionner ? Comment tu peux convaincre des musiciens de rejoindre un projet qui mêlerait la chaleur du désert à la froidure d'un congélateur, qui jouerait autant sur des envolées guitaristiques que sur la binarité des machines ? Alors tu peux arguer que Ministry ne s'en sort pas trop mal quand il évoque les déserts à la frontière du Mexique ou ceux de l'Irak, tu peux évoquer les collaborations entre Josh Homme (Kyuss, QOTSA...) et Trent Reznor (NIN) sur "Mantra" ou "Kalopsia" mais ça ne pèse pas lourd face à l'immense vide qui se présente à nous quand on associe les deux termes.

Une bande de Poitevins a fait fi de toutes ces interrogations pour monter Wallack, un groupe de stoner-indus qui veut porter haut les couleurs et les sonorités propres aux deux courants. Et après quelques ajustements de line-up et deux EPs (Wallack en 2015 et White noise en 2018), ils sortent leur premier Long Play intitulé Black neons. Si le timing n'est pas parfait pour eux à cause du confinement imposé en ce printemps 2020 (release party annulée, tournée compliquée à reprogrammer), l'opus assure l'amalgame entre le rêve et la réalité. Le rêve, ce sont les grands espaces, les notes qui courent sur le manche des guitares, les élans appuyés par les claviers ("Anxiety" est excellent dans ce domaine), le vent qui souffle comme les mélodies qui passent, le soleil qui tape come le batteur, un sentiment de liberté dont on est privé en ce moment. Car le présent, c'est l'oppression, l'enfermement, le contact frais des murs qui semblent se rapprocher, les objets numériques qui se sont encore plus greffés dans nos vies, les machines se sont vissées davantage dans nos membres et nous vident de notre énergie alors qu'on ne fait rien (le joli cadre "All that's ever been" en deux parties).

Si tu te questionnes encore sur la faisabilité d'un mariage Stoner/Indus ou que tu es avide de nouvelles sensations, ouvre une fenêtre et pars à la recherche de ce Black neons des Wallack, aussi excitant sur le papier que réussi musicalement.