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Membres de différents groupes connus uniquement dans leur Amérique natale, Spanky Van Dyke, Matt Kane, Jim Kimball et Chris Daly, les VS.Antelope revendiquent haut et fort leur amour pour la scène US des 90's, âge d'or de la musique alternative chez eux (et on les comprend), les mélodies émo-rock et les guitares aussi volubiles que puissantes, la notion de groupe que l'on retrouve là-bas mieux que partout ailleurs... En 2010, le groupe enregistre en premier album chez Ian Love (le guitariste de Rival Schools et Atlantic/Pacific), qui sort au début de l'été suivant via Arctic Rodeo Recordings (Far, VS Rome, Walter Schreifels...).

VS.Antelope / Chronique LP > Vs.Antelope

VS.Antelope Au minimum une sortie par mois, rien à dire ça enchaîne chez Arctic Rodeo Recordings qui semble avoir désormais pris un rythme de croisière plutôt élevé, lequel a d'ailleurs tendance à suivre la qualité constante du point de vue de ses productions. La bonne santé d'un (jeune) label qui multiplie les signatures et qui de manière générale, oeuvre un peu toujours dans le même esprit, laissant apparaître un amour foncièrement inconditionnel pour la scène nord-américaine des 90's. On l'a vu avec les Far, Walking Concert, Hoch/Tief ou même VS Rome, chez eux, cet esprit rock au sens large a laissé des traces indélébiles depuis des années, jusqu'à leur donner l'envie (et le courage) de monter un label qui revendique en grande partie cette identité artistique.

Sans surprise, VS.Antelope, d'ailleurs produit par Ian Love de Rival Schools (déjà un signe en soi), s'inscrit dans cette mouvance du revival rock alternatif branché "nineties". "Brown bells" se distingue a ce titre d'entrée de jeu par ses gimmicks de guitare qui s'accrochent dans notre esprit en même temps que le refrain fait son oeuvre. Radiophonique, un peu facile certes, mais diablement efficace et c'est ce qu'on lui demande. Surtout que le groupe poursuit dans la même voix en musclant un peu son jeu. Variations de rythme post-punk, trame mélodique ténébreuse ("Boy with your heart", "Woodstock mountains" et son final électrisant), rien de bien innovant mais une envie flagrante de s'offrir un petit roadtrip dans la delorean de Marty McFly pour remonter le temps vers une époque un peu révolue, même si ce fameux revival 90's revient au goût du jour depuis deux/trois ans.

Les morceaux se suivent, enchaînements parfaits sur "Notice of eviction"/"Throw old things away" et les VSA prennent leurs aises, développant tranquillement leur jeu, un peu trop tant ils auraient sans doute gagné à insuffler une petite dose de testostérone dans deux ou trois plans afin de rendre l'ensemble plus sauvage. Mais, épris de cette liberté qu'offrait la musique alternative d'il y a une petite vingtaine d'années maintenant, les américains se laissent porter par un feeling intemporel qui fait des ravages sur l'énergique "Coalition" ou les ballade "Forgotten way" et "Two friends", bien qu'un peu marshmallow sur la durée. Plutôt très classe de la part d'un groupe qui sait ce qu'il veut mieux que personne... et le fait vraiment très bien, même si le résultat final est parfois un peu convenu. Mais sur "You are the sun" par exemple, ça fonctionne parfaitement. En plus le digisleeve est à la fois simple et élégant. A l'image de la musique du groupe. CQFD.