Virage - Daleco "Hey, ça te dit de faire une chronique d'un album d'accordéon ?"
Pour moi, c'est comme si on me disait : "Hey, ça te dit d'aller chez le dentiste ?". Bref, mon "rêve" s'est réalisé sous la forme de l'album Daleco de Virage, un duo formé de François Castiello (accordéon, chant, compos) et Cyril Gilibert (batterie, arrangements). Une rencontre assez loufoque, car le premier a un parcours de l'accordéon assez varié (entre musette et jazz gipsy) et le deuxième vient plutôt du rock / punk à la batterie.

Pour ce projet, Castiello voulait explorer les possibilités sonores de l'accordéon plutôt que la mélodie, en jouant avec amplis et effets. Le tout, inspiré par les grooves de Gilibert, a mené à la création de Daleco. La plupart des huit morceaux sont instrumentaux, avec seulement deux plages avec du chant / spoken words. L'album commence en grande pompe avec le morceau instrumental "Melocactus". Les choses sont mises au clair d'entrée : ce ne sera pas de l'accordéon à la Yvette Horner, oh que non, mais plutôt des effets (distortions entre autres), des riffs qui rappellent parfois AC/DC, et plein d'autres trucs rock, voire même métal par moment, le tout sur une batterie tant solide que groovy.

Je dois avouer que bien que le style musical soit indéfinissable, j'ai eu plaisir à écouter la galette à plusieurs reprises, tant les sons et morceaux sont intéressants. Ce groupe rappelle pleins d'autres choses sans jamais rien copier, et reste original tout au long de l'album. Le tout sonne très moderne autant dans la composition que le son. On voyage entre le jazz, la transe, le rock, voire même par moments en bordure du riff métal, dans des ambiances variées et parfois sombres. Je ne peux qu'inviter à aller écouter "Daleco" pour vous faire votre propre idée. Ce ne sera pas pour tout le monde, mais le disque reste très intrigant par son éclectisme, les mélanges de grooves, sonorités, genres, ambiances... Bref, ça vaut le coup d'aller y jeter une oreille.