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On peut bien entendu détester tout ce que représente (ou tout du moins est censé représenter, selon les lois marketings du moment) The Vines et son chanteur mégalo-instable Craig Nichols. On ne voudrait pas jouer au vieux con, mais il n'y a pas là de quoi fouetter un chat, même gothique jusqu'au bout des griffes. En d'autres temps, on se tapait des overdoses à tour de bras, on sodomisait des groupies back-stage, on faisait un peu de tôle pour quelques bagarres d'ivrognes à l'issue mortelle. Et nous voilà aujourd'hui obligé de nous rabattre sur de banals incidents de parcours pour alimenter la chronique : principalement, une obscure tendance à se foutre de la gueule du monde, en particulier des journalistes, tous plus étourdis les uns que les autres à l'idée de rencontrer "celui qui fait des défilés de mode et a même un jour jeté sa guitare sur son bassiste en plein concert". La belle affaire. Tout ça ferait presque oublier que les Australiens sont un groupe de rock tout ce qui il y a de plus honnête, petits frères attardés de Silverchair pas encore remis de la claque grunge des 90', fans de Nirvana dont ils tirent l'immédiateté de leurs prestations scéniques et la moiteur d'un son désespérément tourné vers l'énergie pure. Là où Highly evolved jouait justement sur une chaleur à désespérer un esquimau dans son igloo non-climatisé, ce qui avait fait d'eux quelques mois durant la next best thing en vigueur dans les milieux autorisés, Winning days et sa fraîcheur soudaine pourrait être qualifié de deuxième effet The Vines.

The Vines / Chronique LP > Winning days

the vines : winning days L'exhibitionniste Craig Nichols semble avoir enfin fait le deuil de son idole Cobain et s'être lassé du rock'n'roll circus des années passées : après avoir fait la couv' un peu partout, il disparaît donc progressivement des pages à scandales des magazines pour aller se réfugier en studio auprès de Rob Scheapf, l'homme derrière Beck ou Elliot Smith... et ça se sent ! Car à la surprise générale, si l'entame de l'album fleure bon un rock plus mature que par le passé et d'une facture plus personnelle, le reste n'en est que plus surprenant en glissant progressivement vers une pop mélancolique qui se mue au final en folksongs électro-acoustiques qui ne dépareilleraient presque pas sur les enregistrements respectifs des deux solistes précités. Le petit bijou aérien qu'est "Tv pro" n'en ressort que plus impressionnant encore, tant le reste semble tâtonner un petit peu, comme si Craig et sa bande, en tentant à tout prix de casser leur image, était sur le point de se prendre eux-même à contre-pied en déjouant. Reste des réminiscences rock'n'roll intactes, morceaux de bravoure passés à la moulinette de deux guitares férocement agressives... Nichols y oublie de vocaliser pour hurler de toutes ses tripes, ressuscitant un instant l'esprit passablement orageux de leurs shows brûlants. Prise de risque maximale donc, celui de confondre apaisement et mollesse... mais comme dirait l'autre, chassez le naturiste, il revient au bungalow. Tout espoir n'est pas perdu, alors en attendant le retour du rock et/ou de plus évidents Winning days de la part des Vines, un petit temps d'adaptation sera sans doute nécessaire à tous ceux qui les ont connus si passionnément énergiques.