Vertigo : Sur le zinc Il arrive de recevoir des disques au W-Fenec et d'être immédiatement sous l'emprise d'une émotion que les mots ne peuvent pas décrire avec assez d'exactitude. Se pose alors un douloureux problème. S'exprimer avec des phrases pour vous parler de Vertigo est trop injuste, mais je serais frustré de ne pas vous parler de ce fabuleux trois titres éponyme. Magnifiquement produit, Vertigo officie dans un rayon qui ne m'est pas inconnu, le pop rock. Enfin, du rock quoi. Un rock assez mélancolique mais extrêmement sauvage et puissant, intelligent sans être compliqué. Vertigo : Chanté en français, le groupe me fait immédiatement penser à Alpha Jet, Bron Y Aur ou bien même il y a quelques années les excellents Melville, avec peut-être un truc en plus... Le groupe fonctionne en trio, formation la plus épurée possible pour un groupe de rock 'n' roll (si on excepte Local H !).
Le maxi s'ouvre sur "Sur le zinc", single parfait pour un groupe qui distribue à coup de riffs et de caisse claire un texte quasi poétique. L'amour, l'alcool sont au rendez-vous pour le morceau le plus rock des 3 compositions. Les mélodies sont bien sur présentes en masse, mais Vertigo arrive à projeter l'auditeur dans son monde qui est loin d'être rose. La voix de Tuco est envoûtée, envoûtante, on ne sait pas, on ne sait plus. La seule certitude, c'est que c'est tout simplement magnifique. Je me risquerais à comparer la façon de jouer des cordes vocales au génial et dérangé Thom Yorke mais en moins chiant. Les frissons sont garantis, le rock ne s'est jamais aussi bien porté. "Aux regards assassins" prend le relais, tout de suite, le tempo devient encore plus psychotique, les arpèges et le charley projètent le mortel auditeur dans la complainte de Vertigo, les femmes sont de nouveau le thème de ce titre qui mélange tempo lent et guitares pleines d'overdrive, le tout arrangé grâce à des breaks judicieux. Vertigo est jeune, mais Vertigo est mûr. Déjà la fin avec " La fille de l'e-mail", noirceur de la musique, accords tendus, on se croit transporté dans l'imaginaire ou le vécu du parolier. En fermant les yeux, un décor se plante. Pas forcement gai, mais en rien affolant. Juste un état d'esprit transcrit dans une chanson, un bout de vie partagé en quelques minutes avec un inconnu tout juste auditeur qui n'attend que la suite de ce merveilleux et touchant trois titres. Bénéficiant d'un bonne production avec leurs propres moyens, Vertigo ne brûle pas les étapes, joue sa musique pour tous... Mais ce ne sont que des mots, putain, écoute, tu verras, tu seras transformé.