Vertige L'album est prêt depuis quelques mois, la sortie a été repoussée à cause du COVID-19, comment as-tu vécu cette période ?
C'était assez frustrant car nous avions envie de partager notre album. Mais à cause du Covid, ça n'a tout simplement pas été possible. La sortie a donc été repoussée au 11 septembre. De mon côté, j'en ai profité pour travailler sur un podcast qui s'appelle "L'appel de Barcelone" et qui a pour sujet le rock français. J'ai pris beaucoup de plaisir à le faire, à interviewer des musiciens, des acteurs, des écrivains ou des potes. J'ai adoré ce moyen d'expression, j'ai adoré jouer à l'animateur radio. J'avais cette envie en tête depuis très longtemps et le confinement m'a offert du temps pour aller au bout de l'idée.

Vous aviez travaillé à distance avant le confinement, vous avez pu composer d'autres morceaux en mars/avril ?
J'ai donc été occupé par mon podcast et Robin a travaillé sur l'illustration du livre de JD Beauvallet. Nous étions donc occupés à faire d'autres choses.

Ce sont des masques sur l'artwork ? Pourquoi "cacher" les couleurs ailleurs que sur la pochette ?
Les masques de la pochette sont assez symboliques de l'époque. Par exemple, avoir un pseudonyme sur internet, c'est déjà porter un masque virtuel. Et puis désormais, lorsque nous marchons dans la rue, nous devons porter un autre masque. Le mot "masque" revient plusieurs fois dans les paroles de l'album ainsi que le mot "contagieux". C'est assez drôle car j'ai écrit ces paroles avant tous ces événements. Mais le hasard fait parfois bien les choses.

L'artwork comme le clip sont des créations personnelles, c'est important de maîtriser les images véhiculées par le groupe ?
Ce qui est important c'est de faire les choses sans être intimidé ou découragé par les contraintes qui s'imposent à toi, car les contraintes et les lacunes sont souvent de vraies alliées pour la création. Au sujet du clip de "Conduire", la principale contrainte a été le Covid. Robin et moi ne pouvions pas nous réunir pour tourner une vidéo. On a donc décidé d'utiliser ses dessins et de les animer.

Le moment n'a pas permis d'ignorer les populistes, pourquoi avoir mis "Conduire" en premier titre ?
L'un des thèmes principaux de l'album est la confusion. Au travers des paroles, j'ai essayé de rendre compte de cette confusion, j'aurais quasiment pu me contenter de ne faire qu'un patchwork des commentaires que je lisais sur internet ou de certains discours de politiciens. Les paroles du disque sont parfois contradictoires mais elles témoignent de cette confusion de pensée. Introduire l'album avec la chanson "Conduire", c'est rentrer de plein pied dans ce monde de confusion, au travers de mots difficilement définissables comme "populiste", mais avec un peu d'humour, de psychédélisme et de distance. Ça semblait être une bonne planche d'appel pour le reste de l'album.

La tracklist de l'EP place "Acide" avant "Bassonica", pourquoi cette inversion par rapport à l'album ?
Parce qu'au moment de faire la tracklist du EP, j'ai réalisé que c'était mieux de les inverser... L'album étant déjà pressé, on ne peut plus rien n'y faire, "Bassonica" sera devant "Acide". Mais ça ne changera rien à l'humeur d'ensemble de l'album.

Vous avez écrit beaucoup de titres pour cet album ?
On a été très prolifiques, très rapidement. On en a certainement composé une vingtaine. On a composé tous ces morceaux en un mois et demi, très spontanément, dans une sorte de vertige créatif. C'était très cool et exaltant.

De nombreux morceaux sont assez courts, vous n'aimez pas faire durer le plaisir ?
Les chansons de cet album sont nées spontanément, courtes et concises. On a simplement respecté ce qu'elles semblaient nous imposer. Inutile de forcer le trait.

Il y a un côté facile d'accès à vos morceaux et en même temps, les textes donnent tout de même à réfléchir, est-ce qu'il faut toujours trouver un sens ou parfois il faut juste se laisser porter par l'aspect poétique ?
Je suppose que les deux sont recommandés. J'aime l'idée que l'on puisse écouter mes chansons sans faire attention aux textes. Mais j'aime aussi que l'auditeur ait la possibilité de se pencher sur les textes et y trouver un peu de fond.

Vertige est une parenthèse ou le projet va continuer de vivre parallèlement aux autres entités existantes ?
Il y a très peu de chance qu'il y ait une suite.

Vertige - Populaire D'ailleurs on a assez peu de nouvelles de Déportivo... le groupe existe-t-il encore ?
J'aimerais beaucoup refaire une série de concerts avec Déportivo, retrouver l'ambiance de fête bordélique des concerts, les amateurs du groupe, mes potes ... On va voir !

Est-ce que les questions en rapport avec Déportivo et Louise Attaque sont répétitives et lassantes ?
En ce qui me concerne, ça ne me dérange pas. J'ai écrit et composé toutes les chansons de Déportivo et j'ai de la tendresse pour ces morceaux. Que ce soit Déportivo, Navarre ou Vertige, pour moi c'est la même chose. Bien sûr, je me rends bien compte que Déportivo représente quelque choses de spécial pour certaines personnes.

Vous avez signé chez At(h)ome, pourquoi eux ?
Parce qu'ils voulaient bien de nous !

Le concert avec Dionysos à Lille en octobre est reporté, vous arrivez à caler des dates dans un futur aussi incertain ?
Il est impossible de savoir si nous pourrons faire des concerts dans un avenir proche et même à moyen terme. Le peu qu'il reste de la classe moyenne de la musique française risque d'en prendre un sacré coup. Il y a quelques années, on disait : "les musiciens ne vendent peut-être plus de disques, mais au moins, ils ont toujours les concerts !", eh bien là, il n'y a même plus les concerts.

Et à quoi ressemblera Vertige en live, vous ne serez que deux sur scène ?
Pas certain qu'on le saura un jour (rires).