Varsovie - Coups et blessures Formé en 2004 à Grenoble, Varsovie est un groupe de post-punk composé de Arnault Destal (batterie) et de Grégory Catherina (chant, guitare). Dans un premier temps vont paraître Etat civil (2010) et L'Heure et la trajectoire (2015) sous Infrastition Records. Trois ans plus tard, Varsovie signe avec Sundust Records et enregistre pendant l'automne au Drudenhaus Studio l'album Coups et blessures. Histoire d'être débarrassé, qui veut lancer une blague sur Bertrand Cantat ?

Ok, maintenant on peut parler musique. "Plaies ouvertes et paysages froids" sont les premiers mots de Coups et blessures. Varsovie est sous tension. Les textes sont sombres, poétiques et font état d'un sentiment d'urgence. La voix du chanteur est mise au devant de la scène pour donner plus de corps aux mots. Côté son, le rock des Grenoblois semble prendre sa source sur le début de carrière de Noir Désir. Le départ de "Va dire à Sparte" est marqué par la monotonie du chant qui curieusement retient l'attention de son auditeur. Finalement, Varsovie emballe son morceau, criant "Va dire à Sparte, nous n'avons conçu qu'un seul crime". Une forme littéraire qui fait vite penser à un certain Damien Saez. "Killing Anna" réveille les troupes avec un rock plus appuyé qui relève la sauce jusqu'ici présentée. Le son semble plus complet. Batterie et guitare sont plus actifs. L'entrée de "Intersections" claque dans l'air et sonne un véritable virage vers une musique plus naturelle et assumée que sur la première partie du disque. Sans même un refrain, le morceau galope pleine bourre et fait tonner sur la fin de ses couplets "nous verrons ça demain peut-être". C'est le coup de cœur de l'album. Dans la même mouvance, "Discipline" continue de percuter bien qu'elle soit moins rapide. Majoritairement instrumentale, "Chevaux échappés" est également très intense et prend tout son sens sur la seule et unique phrase du morceau "On traverse des siècles pour en arriver là".

Coups et blessures met un peu de temps à démarrer. Cela dit, Varsovie propose dans la deuxième partie ce qu'ils savent faire de mieux. Un rock français qui sort de l'ombre de ses aînés et qui se trouve son identité propre.