V13 - Traqueur C'est un doux euphémisme de te dire, cher lecteur (lectrice aussi évidemment), que ce nouvel album de V13 était attendu au tournant, tant Overlook hotel avait marqué profondément les esprits. D'autant plus au tournant que le groupe a annoncé assez tôt qu'ils iraient bosser à Chicago avec Steve Albini (Nirvana, Neurosis, Breeders, Les Thugs, Cloud Nothings...). De quoi susciter une attente encore plus pressante donc...

Dès les premières écoutes, pas de surprise, le groupe continuer d'exploser (oui, j'ai bien écrit "exploser") le sillon noise-rock chanté en français et c'est ouvertement ce qui en fait un groupe à part... "Ricardo Klemente" est ce qu'on l'on appelle une introduction chaude-bouillante : les paroles cinglantes et le chant sont toujours aussi pertinents et derrière, les musiciens se débattent comme des damnés pour faire vivre les vagues de décibels enflammées, une tension qui joue à cache-cache avec les nerfs de l'auditeur. Bref, un morceau qui figure déjà parmi mes favoris de V13. Coté son, c'est parfait évidemment et saillant comme vous n'avez pas idée, le boulot d'Albini sied parfaitement à la bande-son à la fois aride et généreuse de V13 : toutes les petites nervures sont désormais visibles et appréciables là ou sur Overlook hotel, les nuances de la musique avait tendance à être dissimulées par un son sous testostérones.

La suite ? C'est un groupe qui maitrise son sujet au quart de tour, le songwriting ne s'essoufflera pas. La basse granuleuse de "Personne ne m'attend" captive dès les premiers instants, l'évolution furieuse du morceau catapulte l'auditeur dans des sphères virulentes et jouissives. Et que dire de "21 grammes" ou la voix de Laurent prend des accents très Cantat période Tostaky (il ne s'agit absolument pas d'une tare pour votre serviteur...), reste que ce titre figure d'emblée comme très marquant pour un des premiers titres apaisés de l'album. Le reste de Traqueur, on va te laisser le découvrir mais sache qu'il n'y a rien à jeter. Le groupe réussit l'exploit de proposer un album sensiblement diffèrent d'Overlook hotel, on ressent plus d'urgence et d'envie d'en découdre dans Traqueur, tout en gardant une marge de progression assez flagrante. On a là affaire à un sacré album et à un groupe sur-talentueux. Bandant de A à Z. Encore une fois. Puis cette pochette en mode Anton Corbjin... Dernier argument massue. Au revoir.