Utopium - Doubleplusgood Comment fait un groupe qui a sorti un disque magnifique et injustement resté un peu dans l'ombre à l'heure de son nouvel opus ? Après un No memory man de haute volée, trois possibilités s'offraient à Utopium. La première : faire simplement mieux. La seconde : faire différent. La troisième : mixer les deux précédentes et repousser ses propres limites. Pas besoin de se poser longtemps la question pour savoir que Doubleplusgood est simplement le résultat de l'hypothèse n°3. "130 revisited" et "Bald soprano" éclaboussent d'entrée les enceintes de toute leur classe pop/post-rock. Mélodies brûlantes, chant enfiévré, riffs pénétrants, l'écriture est soignée, l'efficacité, exemplaire. Après un court interlude inattendu, Utopium fait grimper la tension. Les guitares s'embrasent, l'intensité monte de plusieurs cran, le groupe exploite pleinement son potentiel. Instrumentations qui s'élèvent inexorablement dans la stratosphère, arrangements subtils, soundscapes envoûtants, progressions mélodiques finement orchestrées, Andy, Guillaume, Maxime et Tito ne semblent jamais aussi bons que quand ils laissent exprimer leurs velléités post-rock ("Chinese wall of sound").
Ainsi, alors que "Son of a butch" reste relativement confidentiel, "Straight A" voit le groupe livrer une véritable pépite du genre. Décidé à ne pas se laisser enfermer par les conventions de quelque style que ce soit, le groupe fait constamment évoluer sa musique. L'électrique et enlevé "Canada", ou le plus intimiste "Song for an artist" en sont les meilleurs exemples. Utopium variant les couleurs de son répertoire, usant à loisir de toute la palette artistique ici à sa disposition pour se sublimer. Délivrant par là-même une musique éminemment sensorielle, le groupe surperpose les couches mélodiques, les crescendo de guitares et les nappes synthétiques avant de les déposer dans un seul et même écrin au digipak et visuel élégant. Doubleplusgood nous emmène ainsi visiter des territoires musicaux fertiles et propices à l'apaisement des sens et le résultat dépasse ce que l'on avait pu découvrir sur No memory man... "? Ves el camino", l'éponyme "Doubleplusgood", le quartet se pare de ses plus beaux atouts avant de refermer définitivement son nouvel opus après quelques instants de magie pure. Classe...