Rock Rock > Useless ID

Biographie > Identité inutile

La ville d'Haifa en Israël est surtout connu pour son Maccabi, club multisport dont les footeux font parler d'eux de temps en temps. On en parle aussi pour les attentats. Ici, on va mettre de côté tout ça pour honorer des jeunes rockers qui en 1994 décident de monter un groupe et de courir le monde avec leurs instruments : ils se trouvent un nom Useless ID, fondent leur label (Falafel Records), enregistrent une démo, prennent l'avion pour les USA et balancent leur punk à qui veut bien l'entendre. De la "première période" du groupe, ils sont encore deux : les guitaristes Ishay Berger et Guy Carmel, le chanteur et bassiste Yotam Ben-Horin a intégré le groupe en 97, année qui voit paraître leur premier album Dead's not punk. Le batteur a été changé par trois fois, c'est aujourd'hui et depuis 2004 Yonatan Harpak, il n'a donc pas bossé sur Get in the pita bread pit (99), Bad story, happy ending (2001) et No vacation from the world (2003). 2004 est plutôt une bonne année pour Useless ID qui enregistre Redemption, participe à la deuxième compil Rock against Bush (Fat Wreck Chords) et se retrouve dans un film documentaire sur la scène israëlienne. Depuis, ils ont sorti un DVD, joué en Angleterre, au Japon et les voilà de retour sur le devant de la scène avec The lost broken bones.

Useless ID / Chronique LP > The lost broken bones

Useless ID - The lost broken bones Alors qu'à l'origine pas mal de punks envoyaient des "fuck you" à quiconque voulaient les enfermer, depuis les années 90 le mouvement punk rock a établi des catégories bien distinctes histoire de pas trop mélanger les torchons et les serviettes, le punk HardCore New Yorkais étant difficilement comparable au punk SoCal (de la Californie de Sud), la révolution MTv étant passé par là, on se farcit aujourd'hui pléthore de groupes ado-punks, comme si porter des Vans et avoir un skate sous le bras faisait d'un ado un rebelle. Putain d'Avril Lavigne. Que valent toutes ces considérations pour un groupe qui est né avec la guerre du Liban et s'est construit à portée de bombe terroriste ? Useless ID est un groupe adulte qui ne s'adresse pas aux kids, qui vit au travers de la musique "punk moderne" et se fout pas mal des cases. Les douze chapitres de The lost broken bones traitent du mensonge, de la folie, du rejet, des fourberies de la politique et de guerre (We didn't vote for war sur "Misconception", au passage, les photos et le livret sont plutôt réussies), des sujets plutôt durs et sérieux qu'on trouve plus souvent dans le hardcore que dans le punk pour gamins. Mais la mise en forme est clairement "jeune" avec la mise en avant de lignes mélodiques assez pures et "traditionnelles", on sentirait presque le soleil californien derrière les amplis. Pour autant ce mélange ne sonne pas vraiment comme Pennywise ou No Use For A Name, on est plus dans la lignée de Bad Religion et donc des racines du renouveau de la musique punk, avec un chant qui attaque beaucoup moins (on est loin de la rage du "Teheran" de The Offspring) et arrondit les angles et surfent même parfois sur les aigus ("Blood pressure"). Car Useless ID n'en est pas à son coup d'essai et s'offre quelques incartades comme de placer des plans rock steady/ska pour calmer la machine qui s'emballe avec joie ("Already dead").
Useless ID ne révolutionne pas le monde du pop-punk mais leur qualité d'écriture, leurs textes, leur âge et leur provenance font qu'on s'arrête forcément sur ce nouvel opus qui se distingue. Et oui, ce n'est pas un de ces nombreux albums "jetables" que nous refourgue le genre...