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Biographie > UoP

Ils sont trois (Leslie, Denis & Chewie), nous viennent de Paname et ferraillent leurs instruments ensemble depuis 2003. Eux ce sont les Use of Procedure, un trio noise-post-punk influencé par les Shellac, Jawbox et autres Fugazi, qui fait ses premiers pas discographiques par le biais d'une démo enregistrée l'année de ses débuts en toute indépendance DIY. Par la suite le groupe écume les salles de concert de la capitale avant de mettre en boîte un split avec leurs voisins de Schoolbusdriver, paru en 2006. Quelques mois plus tard, les franciliens enregistrent un très court premier album : Welcome, qui sort début 2007 via Rejuvenation Records (Do You Compute, Microfilm, New Brutalism, Revok...).

Use of Procedure / Chronique EP > Welcome

Use of Procedure - Welcome 8 titres, 16 minutes, et vlan, comme ça direct dans la gueule, Welcome fait partie de ces albums qui ne font pas dans le détail. Des compos taillées à la scie sauteuse, un feeling post-punk dynamité par des riffs qui enfoncent les cloisons auditives, de la hargne et de l'agressivité par pack de 12, Use of Procedure rentre dans son album en y mettant les formes. Un "Enola gay" bien carré, noisy, punkoïde et brûlant à souhait pour se mettre en jambe, même pas 3 minutes de cocktail acide "riffing ardent+chant éraillé sur la corde raide+section rythmique rasée de près" et le groupe enchaîne. Et là, ça part dans tous les sens, "Aahhhhhhhh" (c'est le nom du morceau... avec un A majuscule, un a minuscule et huit "h" parce que ça boucle bien) déboule et ça tabasse pendant 1'25" de furie bien déjantée, tendue, nerveuse et complètement anarchique. "M.O.T.H" puis "Next stop" ont beau ralentir le tempo de quelques pulsations, ce n'est que pour mieux expédier la prochaine décharge. Car Use of Procedure ne compte pas s'arrêter en si bon chemin et a décidé d'envoyer la purée. Notamment avec des titres qui vidangent les tuyaux, comme ce "Bloody gun" emballé à grande vitesse pour ne pas laisser à l'auditeur la moindre seconde de répit. Quand il y a des trous, faut les boucher et UoP veille à remplir les blancs ("Fuzzzzzzzz" - avec huit "z" - et ses 17 secondes de grésillement électriques) avant d'enquiller la suite. La suite justement, c'est des titres à la Drive Like Jehu, McLusky ou Jawbox de la trempe de "Under control" ou "Oh yeah". Soit des morceaux qui martyrisent les cordes et envoient le bois sans se poser de question. Ici zéro détail superflu, le groupe donne dans le brut de décoffrage, habité par un farouche esprit d'indépendance DIY et une prod très sèche qui claque dans les enceintes. Le groupe torpille à tout va et ne se laisse jamais aller à baisser le pied. Résultat ? Un album en forme de condensé supernoïsique hautement aiguisé, un disque sur lequel le trio matraque ses compos à coups de riffing percutant et salvateur pour hurler sa rage à plein poumon. Gros son, grosse énergie, grosse, très grosse claque...