UNSPKBLE promo 3 Comme on vous a ratés à la sortie de votre 1er EP, vous pouvez nous présenter Unspkble ?
Greg : On a créé le groupe avec Dion en janvier 2020. On a commencé à maquetter tous les deux, puis peu après, on a incorporé Gom à la guitare, que Dion connaissait et qui rentrait de Pologne. Au même moment, j'avais fait écouter des morceaux à Seb de Pord, qui a aussi été branché pour nous rejoindre à la batterie. C'est comme ça qu'on est devenu un vrai groupe, et ces premières démos se sont retrouvées très vite sur un vinyle, avant même qu'on ait fait notre premier concert. Il faut dire aussi qu'on était en plein COVID, parfait pour débuter...
Dion : Sur ce disque, je chante et Greg jouait de tous les autres instruments (guitare, basse, batterie), mais Gom y a mis sa patte en réenregistrant les guitares, apportant quelques arrangements...

Dès le départ vous saviez que vous alliez faire ce style de musique, à savoir un post-punk teinté de goth, hérité des 80's ?
Greg : La première fois qu'on s'est rencontrés avec Dion, c'était au Black Sheep, un célèbre bar/concert de Montpellier. C'est Jay de Verdun/Mudweiser qui nous a présentés et au bout de quoi, une minute, on parlait déjà de Killing Joke, de post-punk et de new wave. Et oui, après avoir joué plein de styles différents avant, j'avais vraiment envie d'un groupe dans cette veine, de revenir à mes amours de jeunesse. Donc avant-même de savoir quelle voix il pouvait avoir, il était déjà recruté dans le groupe. (rires)

Et toi, Dion, tu avais déjà joué dans des groupes avant ?
Dion : De mon côté, j'avais eu des expériences dans des groupes de stoner, grunge alternatif 90's sur Perpignan (Bullshit, devenu Bullshit Inc. qui a fêté récemment ses 25 ans au Médiator) mais je n'étais pas pleinement satisfait, ni autant impliqué, car je trouvais que je n'avais pas complètement ma place dedans. Puis, j'ai dû arrêter pendant une vingtaine d'années à cause de ma tumeur cérébrale, même si j'avais toujours des idées de morceaux, je continuais à écrire des textes qui me plaisaient. J'ai toujours baigné dans la musique. Avant d'arriver à Perpignan, je suis né et j'ai grandi à Blackpool en Angleterre, mon père était DJ et m'a fait découvrir aussi bien les classiques de la Motown, que le post-punk ou Black Sabbath. Et cette conversation avec Greg, où très vite on est arrivés sur Killing Joke, ça a en quelque sorte été le début de la bromance, voire de la gromance, rapport à nos ventres respectifs. (rires)

Quand on voit votre rapport à Killing Joke, le nom du groupe n'est donc pas une surprise...
Greg : Mon label s'appelle en effet Rejuvenation Records, qui est un titre de Killing Joke. Ensuite, j'ai eu des groupes (Seanews et Do You Compute) tirés de morceaux de Drive Like Jehu... J'ai l'impression d'être un mec un peu bizarre, ahahah ...ou cohérent, faut voir. "Unspeakable", en plus d'être un autre titre de KJ est un mot que j'utilise partout, tout le temps depuis que j'ai 12 ans. Pour la petite histoire, mon tout premier groupe un peu sérieux, quand j'avais 16 ans, dans lequel j'étais à la batterie, s'appelait déjà Unspeakable, avec toutes les lettres. Entre temps, le guitariste de ce groupe, Ben, qui était mon meilleur pote (et dans Seanews, entre autres), est décédé et j'ai trouvé que c'était un clin d'œil à sa mémoire. En outre en enlevant des voyelles ça sonnait assez cool et en France les gens galèrent à le prononcer. (rires)

Sans transition ou plutôt si, malheureuse, mais cet été vous avez été davantage attristés par la disparition de Sinead O'Connor, de Rick Froberg ou de la dignité des policiers de la BAC de Marseille ?
Greg : Évidemment, la dernière réponse. Sinon Rick Froberg, bien sûr ! Je l'ai évoqué, mais ses groupes, que ce soit Drive Like Jehu, Hot Snakes et les autres, c'est toute ma vie. Super bonhomme ! J'ai eu l'occasion de discuter avec lui après un concert à Paris et il était vraiment rigolo. D'autant qu'il s'était foutu de ma gueule parce que j'avais un badge Drive Like Jehu. Mais oui, ça m'a fait chier car 55 ans pour mourir, c'est bien trop jeune. Sinead O'Conor, ça m'a affecté aussi, même si ça fait 20-30 ans que je n'ai pas suivi ce qu'elle faisait, mais il y a des morceaux très beaux. Trop même, je ne peux pas les écouter sinon, en général, je pleure.
Dion : Pour ce qui est des policiers, que dire... Il faudrait des heures. Si les gens comprennent les paroles, on a des textes qui parlent de ça, et plus globalement de la violence de l'État.

Avant de parler plus en détails de ce premier album, vous avez été satisfaits des retours du premier EP ?
Greg : Il a été plutôt bien accueilli, oui. Je n'avais pas fait trop de promo, mais on a eu plusieurs chroniques très encourageantes, et les 300 disques sont partis donc c'est plutôt bon signe. Et il nous a permis de démarcher et faire nos premiers concerts.

À propos des disques et des vinyles, Greg je te sais fervent consommateur et collectionneur, tu continues malgré la hausse invraisemblable des prix ?
Greg : On va dire que je trie davantage, par contraintes financières (40€ le LP, non merci) et j'achète beaucoup d'occas'. Je passe pas mal de temps sur Discogs et je me dirige généralement vers les Allemands. Les frais de port sont moins élevés et quand un truc me plaît, je regarde ce que la personne vend, et je commande souvent plusieurs disques en même temps.
Dion : Moi aussi, j'adore les vinyles car je trouve important d'avoir la pochette en grand entre les mains, découvrir les paroles, les remerciements, les photos dans l'insert. Il y avait ça aussi dans une moindre mesure avec les CDs. J'avais une collec' de dingue car je bossais à la foire du disque à Perpignan avant même mes 18 ans, mais je me suis fait cambrioler et on m'a tout volé ! Depuis, j'essaie d'enrichir et renouveler ma discothèque car Spotify c'est sympa pour des playlists, mais j'ai besoin de l'objet physique. Quand j'ai de l'argent, c'est-à-dire pas souvent (rires), en concert, j'achète un tee-shirt ou un LP, parce que c'est le seul moyen de soutenir les groupes indépendants de nos jours. J'ai aussi récupéré les vinyles de ma mère et j'ai pu retrouver les tout premiers disques que j'écoutais en Angleterre, quand j'avais 4-5 ans, Blondie, Adam And The Ants...

UNSPKBLE promo 2 Greg, pour avoir fait quelques soirées chez toi jusqu'à point d'heure, la musique outre les vinyles provenait d'un vieux lecteur Winamp avec des MP3s glanés sur Soulseek. Tu es toujours hermétique aux plateformes de streaming telles que Deezer, Spotify ou bien tu as franchi le Rubicon ?
Greg : Ahahah, figure toi que l'été dernier, on m'a proposé un compte Spotify gratos et j'ai succombé. J'avais testé au tout début, il y a 8 ans et c'était vraiment nul. Le choix était ultra limité, on n'y trouvait que des gros trucs de majors et il faut admettre que, depuis, ça s'est énormément démocratisé. C'est malheureux, mais maintenant on est presque obligés en tant groupe d'y être. Même Cabrel, qui ne voulait pas, s'y est mis !
Dion : Pas forcément, regarde Neil Young. Voyant qu'il touchait peanuts sur les écoutes par rapport aux abonnements des gens, il s'est enlevé de toutes les plateformes pour créer la sienne. Après, avec Unspkble, on n'a pas la même force de dissuasion et d'adhésion que Neil Young. (rires)
Greg : Mais ouais, j'ai succombé car au final, c'est quand même assez pratique. Tu peux facilement réécouter des vieux trucs que tu avais, pour diverses raisons, mis de côté à l'époque, tu peux faire des playlists, et découvrir des nouveaux groupes grâce à l'algorithme de suggestions qui est assez pertinent. Mais attention, c'est un outil, ça ne remplacera JAMAIS un vrai disque !

Pour ce premier album, la composition et l'enregistrement ont été différents de l'EP, avec tout le monde impliqué dans le processus ?
Greg : On a pas mal composé pendant le COVID et comme il était difficile de se voir et de répéter, d'autant que Seb notre batteur est en Lozère, ça se faisait par ordinateur. Un procédé que je n'avais jusque-là jamais utilisé, alors que Gom, lui, maîtrise hyper bien tout ça. Je lui envoyais des lignes de basses, il posait ses grattes dessus et Dion rajoutait son chant. Puis on programmait des boîtes à rythme, donc on ne peut pas vraiment dire qu'on ait composé comme un groupe à part entière. Après, j'aime bien tordre les morceaux donc je changeais des parties, j'inversais, je faisais des tests. Des fois ça fonctionnait, d'autres non. Puis on a envoyé tout ça à Seb, pour qu'il s'en imprègne, que la batterie trouve sa place et qu'il y pose ses patterns.
Dion : Et comme d'hab', il nous a sorti des trucs de génie.
Greg : Ensuite, l'enregistrement s'est fait à Mende, en Lozère justement, pour le basse/batterie, Gom a enregistré ses guitares chez lui, puis on a fait les voix dans un studio à Frontignan (34). Gom s'est alors chargé du mixage et a fait du très bon boulot, respect. Enfin, pour le mastering, on s'est fait plaisir et on a demandé à Alan Douches. On s'est rendu compte qu'il était souvent sur des disques qu'on aime bien et paradoxalement, il n'était pas très cher.

Le dernier single qui est sorti s'intitule "Struggle (crush the elite)", c'est à prendre au premier degré comme le "Eat the rich" de Mötörhead ou Aerosmith ?
Dion : Complètement à prendre au premier degré, bien évidemment !
Greg : Tous les quatre, on ne supporte vraiment plus toute cette oppression, cette arrogance, cette violence sociale qu'on vit en France et pas qu'en France du reste, donc c'est un peu notre coup de gueule.
Dion : C'est également une sorte d'appel pour que les gens prennent conscience de ce qui se passe pour de vrai. Beaucoup sont aveuglés car on leur fait croire qu'ils ont un minimum de confort. Et il faudrait s'en satisfaire parce qu'il y a pire ailleurs ?
Greg : En essayant de ne pas trop caricaturer, on se rapproche quand même dangereusement de 1984, avec des atteintes permanentes à nos libertés... Pour moi, la musique a toujours été politique, et le punk-rock d'autant plus, donc oui, dans quasi tous nos textes, il y a de la politique.
Dion : Il y a des morceaux aux paroles plus émotionnelles, que j'écris par rapport à des histoires personnelles, des relations vécues, des échecs, etc... Mais il y a toujours un contexte social sous-jacent. Si tu réfléchis un peu, la politique, elle est partout dans nos vies. Ce n'est pas juste mettre un bulletin (ou pas) dans une urne. Tout ça était déjà exprimé dans le premier EP, mais s'est encore amplifié dans l'album.
Greg m'a aussi aidé à me canaliser, à guider ma pensée, parce que des fois, j'ai une idée et je la développe avec 4-5 chemins différents et en 4 minutes, je risque de perdre tout le monde. (rires) Il est aussi parfois arrivé avec des phrases qu'il avait trouvées en faisant du vélo, et qu'on imbriquait dans mes textes, ou qui correspondaient déjà à des choses que j'avais écrites. Ce qui est certain, c'est que cette société capitaliste, qui s'incarne malheureusement trop bien avec ceux qui nous gouvernent, et dont le but est de faire le plus d'argent, en écrasant tout le monde, en détruisant les classes moyennes et stigmatisant, humiliant les plus pauvres, ça ne nous correspond pas et on n'en veut pas.

Gom, le guitariste d'Unspkble, a affirmé publiquement sa non-binarité, j'imagine (et j'espère) que cela n'a rien changé pour vous, ni dans les concerts avec les orgas, etc... ?
Dion : C'est le principal intéressé, donc il faudrait voir avec lui directement, mais je pense que non, ça n'a rien changé, si ce n'est, peut-être, de tout simplement le réconforter. Nous, ça n'a rien changé, car on le connaît, c'est une personne ultra talentueuse, ultra-sensible et si ça lui a fait du bien, c'est l'essentiel.
Greg : C'est son choix, donc personnellement, je n'ai pas d'autre avis à donner que de dire que je le soutiens, à fond. Le fait de l'annoncer publiquement ça lui appartient totalement et il est possible qu'il soit plus à l'aise ainsi et c'est tant mieux.
Dion : Il faut bien préciser et ne pas oublier qu'on est un groupe anti homophobie, racisme, transphobie, sexisme, etc., la liste des ignominies est malheureusement trop longue, mais tu as bien compris où on se situait. (rires) Donc forcément les assos qui nous programment sont toujours ouvertes d'esprit.
Greg : Après les étiquettes, c'est comme en musique, moi ça me fait un peu chier de mettre des gens dans des cases, de segmenter... on est des êtres humains avant tout et chacun fait bien comme il veut. En revanche, si ça posait un quelconque problème, que ça dérangeait quelqu'un, je pense que je pourrais avoir des réactions violentes. On est en 2023, bordel !

Parlons maintenant de la pochette et du titre de l'album. On a déjà dépassé la phase de déconstruction et vous vous attaquez à la reconstruction ?
Dion : Reconstruction, c'est le titre que j'avais au préalable donné au premier morceau, qui s'appelle finalement "All stories told". Quand je l'ai écrit, ça concernait une fin de relation que j'avais à ce moment dans ma vie, qu'on a peut-être déjà toutes et tous vécu, et qui nous réduit au néant. On se regarde dans la glace, on est au fond du trou, on n'est plus soi-même et il faut l'accepter. On a le droit de prendre le temps qu'il faut pour se reconstruire.
Greg : On a choisi ce titre en corrélation avec l'EP qui s'appelait Friction. J'aime bien les albums où il n'y a qu'un mot. Il y avait un truc rigolo avec ça, peut être que le suivant on l'appellera "Liberation"... ou "Revolution", comme l'autre. (rires).

UNSPKBLE promo 4 À qui appartient l'œil sur la pochette ?
Dion : C'est mon œil handicapé, qui ne voit plus vraiment. Gom, qui a conçu la pochette, l'a mis car pour lui, il a sa force intérieure, même s'il ne fonctionne plus correctement. Je l'ai perdu après moults opérations dues à ma tumeur cérébrale. On m'a injecté un liquide radioactif qui a tué mon œil gauche.
Greg : Il y a plusieurs choses. Le fait que Dion ait une tâche autour de l'œil, depuis sa naissance, peut interpeller les gens et laisser penser qu'il s'est battu. Et comme il lui arrive parfois de perdre l'équilibre, il attire un peu les cas-soc'... En concert, aussi, c'est particulier, car quand il regarde le public, avec son œil gauche, il me voit flou et derrière, et avec son œil droit, il voit tout droit mais ne voit pas du tout Gom. Comme ce dernier bouge pas mal sur scène, il y a déjà eu des mini drames. Ça n'a jamais tapé mais on a frôlé le constat à plusieurs reprises. (rires)
Dion : J'avoue, ce n'est pas toujours facile pour lui mais je n'y peux rien, moi. D'ailleurs, ce titre et cette pochette, c'est aussi en quelque sorte une revanche sur la vie. Avec ces soucis de santé, j'ai passé beaucoup de temps dans les hôpitaux, on m'a déjà pronostiqué quelques mois à vivre, je me suis entendu dire que je ne pourrais plus jamais remonter sur scène. De 15 à 21 ans j'ai joué dans des petits groupes à Perpignan, mais j'avais cette volonté de projet plus sérieux. J'ai pu bénéficier du soutien inconditionnel de ma meilleure amie Caro, qui me connaît depuis 1996, qui a traversé avec moi tout ce que j'ai enduré et qui me disait : « Un jour tu te bougeras le cul et tu rechanteras ». Et j'ai rencontré Greg et tout a été facile, fusionnel, j'ai pu reprendre confiance en moi et on en est là. Donc oui, Reconstruction, c'est plutôt un bon titre, je trouve. (rires)

Vous pouvez nous en dire plus sur l'état de la scène rock à Montpellier ?
Greg : Houlala... J'ai débarqué dans la ville il y a 7 ans, en arrivant de Paris, donc forcément je me suis heurté à un petit décalage. En revanche, à l'époque, il y avait quelques groupes qui se bougeaient comme les Marvin (même si c'était déjà la fin, avec le début de la Colonie de Vacances), Öfö Am, Payday, Verdun, Mudweiser... J'inclue Shub dedans même s'ils sont de Nîmes, tout comme One Foot Dancer. Pareil avec Pord en Lozère. Et puis, c'était la ville du Samynaire (ce festival qui n'en est pas un), donc de Paris, j'avais l'impression d'une scène plutôt active. Mais j'ai rapidement déchanté car tous ces groupes ont plus ou moins arrêté. En plus, j'ai vu que le Subsonic ne faisait pas de concerts, que la programmation de Victoire 2, la SMAC, n'était pas très ambitieuse et surtout pas rock. On a aussi perdu le Black Sheep à cause des voisins et des nouvelles normes drastiques en termes de sécurité. C'est con parce que le lieu est vraiment cool, des groupes géniaux y passaient, la salle était souvent pleine, preuve qu'il y a un public. Encore faut-il qu'il ait l'info... et qu'il se bouge. J'ai aussi remarqué que les scènes étaient assez cloisonnées. La personne qui écoute du punk n'écoute pas de noise, celle qui écoute de la noise ne s'intéresse pas au metal etc... Donc ça ne fonctionne pas toujours et c'est encore pire depuis le COVID. Malheureusement, ce constat se retrouve à l'échelle du pays. On le voit en tournant, c'est une catastrophe. Il n'y a quasiment personne de moins de 30 ans qui écoute du rock non formaté. Si on faisait des stats, je pense qu'on ne rigolerait pas du tout. Les groupes sont vieillissants, le public est vieillissant, les orgas sont vieillissantes et il n'y a pas de relève. Bref, c'est la merde ! Et c'est un cercle vicieux car comme on manque de lieux, de plus en plus, les groupes évitent Montpellier et font un Lyon-Toulouse direct.
Dion : Heureusement, il reste quelques personnes motivées, comme Muriel de What The Fest, qui après des années de combat et de persévérance, commence à avoir une certaine reconnaissance au niveau de la mairie, et qui en plus de concerts toute l'année organise le festival Ex Tenebris Lux dans des lieux atypiques. On a joué avec Unspkble dans le cadre d'une de ces soirées dans une chapelle.
Greg : Oui, merci Muriel ! Il y a la TAF aussi, qui programme du metal et du punk à la Secret Place, mais là encore, ce sont principalement des vieux groupes, un peu ringards même si je peux me permettre. Tu ne verras jamais un Hot Snakes par exemple. Désolé d'être monomaniaque, mais c'est davantage ça le punk-rock que j'aime, sauf qu'ici on a l'impression que personne ne connaît. Tu les fais jouer et il y a au mieux quelques dizaines de personnes, alors que c'était le meilleur groupe du monde ! Mais pour ne pas faire passer la scène de Montpellier pour ce qu'elle n'est pas et surtout ne pas faire le vieux réac (haha), j'aimerais tout de même ajouter qu'il y a de bons groupes qui se sont créés depuis quelques années, et ce dans différents styles, je pense à Denuit, les petits jeunes de Loons, Mata Hari, Harah, Superbeatnik (qui est revenu), Skullstorm... et pas mal d'autres que je ne connais pas forcément ! Ce qui m'attriste le plus, c'est que n'ayant plus de lieux pour jouer, et bien on ne se côtoie pas et n'échange pas toujours. Et ça fait beaucoup de mal à cette scène déjà si fragile...

Dernière question, quelle est l'actu prochaine d'Unspkble ?
Greg : L'album sort donc le 22 septembre. Il y a une release party prévue à Montpellier le 4 octobre, intégrée dans la programmation du festival Ex Tenebris Lux justement. Cette fois ce n'est pas dans la chapelle de la Maison des Chœurs, mais à l'Antirouille, avec Hide, un groupe harsh indus américain. Je suis également en train de caler des dates de tournée, ça commence à tomber, mais comme on le disait précédemment, c'est compliqué. Je me rends compte aussi que les citadins ont du mal à sortir, quand en province, à la campagne, on trouve des gens qui vont faire 45 minutes de voiture pour venir à un concert. On a plusieurs fois eu l'opportunité de le constater, en étant accueillis royalement par des orgas, des gens formidables. Et là, tu n'avais pas un couple qui venait s'installer au-dessus d'un café/concert, pour se plaindre ensuite du bruit...Bref, on va faire quelques dates en novembre, puis on reprendra la route en 2024 un peu partout où ça sera possible avec, breaking news, des concerts prévus en Slovénie en avril. On en profitera pour passer par la Suisse et l'Italie.
Dion : Et puis, on va reprendre la composition car mine de rien, ces morceaux commencent à dater. On est dans une belle dynamique, l'album n'est pas encore sorti qu'on pense déjà au prochain disque, ahahah ! Mais on a vraiment hâte de vous proposer celui-ci, et voir les retours qui nous seront faits.

Un mot pour conclure ?
Greg : Merci énormément à toi et plus généralement à tous les gens qui font des magazines, des fanzines, de la radio, des concerts... Je n'oublierai jamais de remercier tous ces activistes parce que sans vous, il n'y a plus rien.
Dion : Merci et cheers motherfuckers !