Undervoid - Le noir se fait Question médico-neurologique à deux balles : comment ça se passe lorsque l'on a Alzheimer et qu'on aime écouter de la musique ? Est-ce que par exemple, on peut écouter "La peau" en boucle en s'écriant : "Putain ! Mais c'est génial ce truc, ça me hérisse les poils ! C'est nouveau ?" Est-ce qu'on écoute un nouvel album intitulé Le noir se fait en cette fin d'année 2020 en se disant que le chant nous rappelle celui de Mouss, de Kemar voire de Reuno sans savoir dans quels groupes tu les as déjà entendu ? Que cette guitare au gros riff t'en rappelle d'autres, comme celle d'un certain Shanka ? Que cette grosse section basse batterie te rappelle une belle époque où on pouvait la jouait brut sans être trop brutal ? Et puis ces textes en français avec un groupe au nom anglais, c'est pas la première fois que tu vois ça, non ? Ce serait pas du rock français ? Mais au lieu de me poser toutes ces questions stupides, à vouloir toujours y trouver des similitudes, des ressemblances, des inspirations, à toujours essayer de comparer, je prends ce nouvel EP, je le glisse dans le lecteur et je ferme les yeux : Le noir se fait.

Et ça part sur de grosses bases : batterie qui explose les fûts en mode sec et précis, suivie d'une guitare énervée sur un thème assenée en boucle, la basse et le chant s'embarquent pour lâcher les chevaux. Après l'EP pour les 4 Strasbourgeois d'Undervoid, et il était temps de passer à l'album. Et les 10 tracks vont s'enchainer sans répit, sur un principe simple et efficace : la guitare de Marc Berg aux riffs entêtants, au son impeccable, entre stoner et metal, le chant d' Arnaud Sumrada qui alterne couplets scandés et refrains plus chantés pour mieux être repris en cœur, la batterie d'Alexandre Paris qui reste sobre pour gagner en efficacité et la basse de Mathias Fischbach qui sait même apporter un peu de groove quand il faut. Nouvel arrivé dans la belle famille du rock français, celui qui sait être mordant et revendicatif, Undervoid s'y intègre parfaitement. Qu'il ait fait la première partie de No One Is Innocent, du temps où on pouvait suer dans les fosses, est une évidence stylistique. Qu'il en ait une aussi belle carrière est un espoir, je l'espère, prophétique.