comme les Unco, lis le w-fenec.org Ecrire un truc sur l'enregistrement ? Ca, c'est le genre de truc que si tu le fais pas de suite, ça ne se fait jamais, alors il faut bien s'y mettre... Y a trois ans, on a eu l'occation de collaborer avec Ryan Greene qui travaille avec d'autres groupes comme NOFX ou Lagwagon pour nommer les plus connus. Son studio est le "Motor Studio A San Francisco U.S.A". en Californie pour entrer un peu dans les détails qui feront office d'outils indispensables pour rendre cet écrit plus long que trois lignes. Et comme vous pouvez le constater, ça marche!

Samedi 3 Janvier 2004. Le départ était comme toute aventure qui se respecte... un départ en voiture à 4h et demie du matin. Même pour un enregistrement a San Francisco et toute la bonne volonté et l'excitation du depart, c'est dur de se lever à 3h et demie. Malheureusement pour vous, nous n'avons pas de photos de ce moment des plus désolants. La tête dans le derrière et à l'arrache. Nous avons fait appel a une amie de notre maman pour un renfort véhicullaire jusqu' à l'aéroport de St Exupery (Lyon) d'où partait notre vol pour Paris C.D.G..

Daff, sa femme, sa petite, sa caisse claire dans son flight de guerrier et sa valise dans la loupo de course, et ma gratte et son volumineux flight case de guerrier, ma deuxième gratte (sèche et son tout petit flight) mon sac de voyage de 3 millions de litres, ma petite chérie et moi même dans la voiture rouge et puissante de notre amie et deuxième maman : Brigitte. Notre cher frangin le grand Forest, qui était devant la Playstation depuis 21h la veille, décida aussi de nous accompagner. Ca lui reposera les yeux, qu'il disait. Deux voitures au depart de notre petit bled du nord de l'Ardèche et Q.G. du groupe. Mais vous allez me dire : "où sont les autres ?" Ciel ! Et bien, ils sont chez eux, à Lyon. Donc Jim, Ed, et Rider (notre bien aimé manager) nous retrouveront là bas.

fuck rock stars Dans notre parano de l'éventuel imprévu (verglas, neige, guerre mondiale...) Daff (en bon papa qu'il est) et moi-même (en bon moi que je suis) nous retrouvions à l'aéroport de Satolas avec deux heures d'avance sur l'horaire de "check in". Même les bars de voyageurs étaient fermés! Nous avons savamment passé le temps en glandouillant dans cet endroit qui semblait dépourvu de toute vie. Si ce n'était une petite qui fait savoir qu'elle a faim, un papa aux cheveux verts qui cherche un micro ondes pour chauffer le bibron à bébé, un rigolo qui fait le con avec ses lunettes de soleil à la Elvis à 5 h 30 du matin... C'était pas triste à voir. Mais personne ne l'a vu. Ils avaient autre chose à faire, les gens, à 5h du mat, comme dormir par exemple... En attendant que les bars ouvrent pour le cacao chaud qui finaliserait le départ, il y a eu l'arrivée de Ed, lui aussi bien crevé. Nos inquiétudes, alors que le bar voisin ouvrait ses portes, se portaient sur notre Jim et le Rider qui détenaient les clefs qui nous permetteraient d'embarquer. Finalement tout le monde arriva à temps.

Après avoir enregistré les bagages et bien precisé à tous d'éviter les blagues de mauvais goût, du genre : "et où dois-je enregistrer la bombe ?", ce fut le moment de toutes les déchirantes séparations : bébé qui pleure, chéries qui pleurent, Big Jim qui pleure... "Je ne veux pas prendre l'avion!".

Trint en prise chant L'embarquement se passe normalement, et Jim nous étonne avec son sang froid au décollage. Bravo Jim ! Un petit déj' dans l'avion, et en un rien de temps, nous voilà arrivés à Paris. Ca va vite pour faire Lyon-Paris en avion. Un petit trois quart d'heure. Nous voilà à la recherche de la correspondance. Je me retrouve avec Daff à garder le sac des autres pendant qu'ils partent pisser un petit bol, et le temps passe... 5 min plus tard, ils annoncent que le vol pour San Francisco est sur le point de fermer ses portes. Et qui c'est qu'ils attendent ? Nous... Ah bravo ! Enfin, on arrive à embarquer, et malheureusement, nous sommes un peu éparpillés dans l'avion. Finalement, Daff se retrouve avec Rider quelques rangées devant. Moi, je me retrouve avec Jim, et Ed nous rejoint apres avoir négocié un echange avec un type à côté. Pas de fenêtres pour nous... dommage pour les plans de l'arrivée, où ils prévoient un temps dégagé, et où la vue du Golden Gate est superbe. Tant pis. Le voyage de 11 heures se passe très bien. Avec les écrans individuels et une assez large programation de films, ça passe assez vite pour selon.

Nous voilà à "S.F.O. (San FranciscO) International Airport". On peut dire que l'ambiance est nettement plus tendue qu'il y a 3 ans. La sécu du plus sérieux. On sent bien la pression des précédentes actions terroristes. Pas facile de détendre les "Cops" mais bon, un petit effort et on retrouve le sourire. Maintenant il est temps de trouver un taxi.

Dur dur !!! Chacun ayant retrouvé ses bagages, direction les taxis. Et il en faut deux. Impossible de faire rentrer tout le matos dans un seul Taxi Cab. Alors on se sépare et RDV à l'hôtel. Je monte avec Daff dans le premier. "Hello we are going to the Travel Lodge hotel on 1707 Mission St. please" (C'est quand même la classe de causer l'amérique). Et nous voilà à l'hôtel. On découvre les piaules... deux lits par chambre et des grand lits. Pas mal du tout. Une télé qui marche, une douche qui fait couler de l'eau, et un chiotte pour le reste... comme en tournée quoi. Sauf que c'est pour un bon mois! C'est dans un quartier pas mal en plus, une laverie juste en face, les gens de l'accueil sont cools, à 5 min à pieds d'un gros supermarché, c'est pas mal tout ça! On est à côté de la ligne F. C'est les vieux trams qui vont en ville, à ne pas confondre avec les Cable Cars que tout le monde connait. C'est cool. L'installation se passe sans suprises : Ed et Jim dans la 324, Rider dans la single 329, Daff et moi dans la 323. C'est cool parce que les piaules voisines peuvent communiquer entres elles par deux portes qui ne s'ouvrent que de l'interieur. Le weekend se termine à la cool et apres une bonne ballade en ville, un temps superbe, on rentre au dodo, épuisés, pour se coucher et se réveiller frais comme des gardons à 5h du mat' pour certains, 7h 30 pour d'autres... Ah, les joies du décallage horaire ! 9 heures de décallage pour être exact. Un weekend de hot dogs, et voilà le dimanche qui dégage. Tout le monde attend avec impatience le lendemain... Le Motor studio nous attend depuis presque un an, d'album retardé et re-retardé... et le fait de retrouver Ryan et son fidèle assistant Adam nous trotte dans les esprits surchauffés.

C'est toujours un moment un peu magique, une pure sensation de commencer un enregistrement. C'est encore different selon si tu découvres un studio ou si tu le retrouve, au contraire. Dans ce cas, on le retrouvait, et vu comment ça c'était passé la dernière fois, on avait d'autant plus de raisons d'être très enthousiastes de cette session. Le lundi serait le premier jour. R.d.v 11h au Motors. Départ de l'hôtel un peu galère avec les grattes à porter dans le bus, et les cymbales, et la basse... c'est parti pour un petit 40 min de trajet. On reconnait tous évidemment les rues, et tout le monde descend naturellement à l'arrêt sans le moindre doute. Et nous voilà devant la porte de Motor Studios.

Adam et Daff en pleine discussion C'est Adam qui nous ouvre, et les retrouvailles démarrent. Et c'est comme si on n''était jamais parti. On s'intalle en atendant l'arrivée de Ryan qui devait arriver en début d'après midi. Bla bla bla, ça squatte, ça rigole, et il arrive. C'est vraiment comme si on n'était pas partis. Ryan avait de nouveau integré le groupe pour un mois.

On est partis pour faire 15 morceaux. C'est juste, mais c'est jouable si tout roule. Faut croiser les doigts. De là, tout s'accélère. La batterie est installée, les premiers essais de son, differentes peaux de batterie sont essayées et rapidement, tout est prêt pour les premières prises. Très content du son de la batterie et du jeu de notre papa Daff qui (et je pèse mes mots) prend un malin plaisir à leur mettre leur mère aux tomes de cette petite merveille de "Pork Pie Percussions"! On se rend compte que les mois enfermés dans notre petite cave ardéchoise portent leurs fruits.

Chaque morceaux est écouté en version démo avant la prise de batterie dans le salon du studio. On travaille avec Ryan qui nous apporte une oreille fraiche, et on finit de mettre en place les dernières petites touches et arrangements aux morceaux qui le méritent. Et c'est comme ca pour les 15 morceaux. Il faut 6 jours pour terminer les derniers arangements et enregistrer la fondation de l'album qui est la batterie. Jusque là, on a jamais été aussi pointilleux avec les batteries. Daff a fait toutes les prises au click, ce qui donne une base super stable pour poser les grattes.

Daff fait la vaisselle...heureusement qu'il est là ! Daff s'en est sorti comme un chef. Heureusement qu'on a pu bosser les tempos des morceaux avant de venir. C'était son cadeau de noël en avance à Daff : Le Métronome ! Les prises batterie se terminent sans Rider qui doit retourner au bercail dans notre beau pays de rouge et de baguettes pour bosser. Il nous retrouvera vers la fin des prises chant ou au début des mixes, selon comment tout ça avance. Grande tristesse de ce départ, surtout que pendant qu'il est là, notre bien aime manager (et sunsae a ses heures perdus), il nous fait la cuisine ! Et quand je dis cuisine je parle gratins, salades composées de tare, et autres petites migeotteries qui font bien plaisir dans le pays du burger gros et gras!

Daff est donc recalé au rang de glandeur pro au bout de 6 jours de prises, et celà jusqu'à la fin de la session. Il a rempli sa part du contrat, et les batteries sont excellentes. Il est libre. Place aux grattes. Et c'est morceau par morceau qu'on progresse, Ed et moi avec des essais de son pour chaque morceau. Concernant les essais, nous avons différentes grattes. En gros, y'en a 3 qui me convienne : ma Gibson Les paul, la sublime Gibson SG de Ryan, et une ESP les paul aussi à Ryan. Ed, lui, a emené sa Fender Esquier, et Ryan a aussi une Anderson (gratte de métaleux avec son shape de strat et ses paillettes bleues très efficace avec un accordage tres fin pour les petits rifs de Ed).

hard as a rock ! Les grattes, c'est une chose pour le son ,mais il y a aussi les amplis ! Et là, y'en a 3. Un vieux Marshall, une vieille tête Fender pro sonic, et un petit VHT en rack pour les sons plus agressifs. Mais c'est pas tout ! Y a aussi des pédales de distortion pour modifier encore le grain, 3 corps différents avec des micros différents et des H.P. de différentes tailles. Et là, vous allez dire que là, déjà, ça fait pas mal de choses à essayer pour chaque morceau, non ? Et bien oui, là encore, il a des jacks qui ont des sons différents ! Sans parler des Mediateurs. J'en ai parfois essayé 4 de matière et de rigidité differentes, tout ça pour avoir un son au poil pour chaque morceau. Et en plus c'est facile, quand ça sonne grave... c'est que ce sont les bons réglages. Des réglages différents sur cet album, on en a une pelle!

Autant vous dire que là, on est déjà en milieu de semaine 3, les grattes sont faites, sauf pour deux morceaux et les "overdubs" qui seront les touches finales aux guitares genre larsens et autres effets que l'on fait à la fin avant les choeurs. Les basses enregistrées sur un vieux SVT classic auront pris 2 jours pour être au top au lieu de trois. La chance du débutant sans doute...

Ed en pleine prise chant. Les voix se passent sans surprises et à part quelques mélodies qui changent légèrement, ça roule. Comment dire plus ? On a fini les chants et c'est trop bon de pouvoir sortir boire des coups sans se soucier de notre santé vocale!

Et voilà... deux taxis direction l'aéroport international de San Francisco et nous voilà de retour en France. Ca passe vite quand même tout ça. Place au répètes, place aux concerts, et c'est reparti...

Motor Studios, San Francisco U.S.A.
Janvier 2004
FIN
"Skate or die, Rock or fry!"