Umber - Sunshine young Alex Steward est un jeune musicien composant une musique évoluant entre ambient céleste et post-rock organique dans le confort de sa chambre, transformée en petit home-studio. Un cocon un peu à l'écart de tout, à la campagne, non loin de Newcastle (en Angleterre), au sein duquel il a déjà donné vie à un EP (Morning's pass), puis un premier album (Earth feet, lifted), auquel fait suite aujourd'hui Sunshine young, sorti par le biais du prolifique Oxide Tones(Canyons of Static, Jet Plane, The Echelon Effect, This Patch of Sky).

Sept pièces flottant dans l'atmosphère, dessinant la cartographie des nuages au gréé des desiderata tantôt ambient, tantôt postrock, tantôt plus drone de leur auteur, architecte et maître d'œuvre. Un artiste anglo-saxon qui parvient ici à générer de belles, et pas si fugitives que ça, émotions fil des ses aventures sonores (l'éponyme " Sunshine young", "All the ships" et son atmosphère d'église), tout en parvenant à éviter les pièges d'un classicisme plombé par des influences trop marquées ("The warm calm"). Et même s'il n'évite pas toujours l'écueil de l'ambient neurasthénique qui n'échappe pas à un début d'ennui ("Through rocks & fog"), Umber parvient avec ce court album à créer des vibrations émotionnelles qui jaillissent de part et d'autre de la partition au moment où l'on ne s'y attend pas.

Un fait assez remarquable tant le genre semble être complètement fermé car répondant à des codes devenus au fil des années quasi inextricables. Sauf que l'air de ne pas y toucher, Alex parvient, sinon à renouveler le genre, à jouer avec les règles fondamentales d'un classicisme de façade dans l'espoir de faire évoluer sa musique sur des sillons évoquant autant Eluvium que Sigur Ros. Des sentiers musicaux au travers desquels il peint des panoramas musicaux aussi apaisants qu'enjôleurs ("Gött mos", "Opik-oort"), avec une élégante simplicité et une aisance aussi confondante qu'euphorisante. Jolie découverte de plus à mettre au crédit de la maison Oxide Tones.