Ty Segall - Manipulator Avant de vous lancer dans l'écoute de ce nouveau disque de Ty Segall, oubliez pendant 58 minutes que le rock est définitivement mort et enterré. Pour supporter ces 17 titres, il ne faut en effet pas avoir peur de se frotter à la plupart des clichés du genre (production brute, gros fuzz, soli crades, rythmes binaires et up-tempo), chaque piste tournant autour d'un gimmick, tantôt teinté garage, psyché, folk ou glam. Le californien de 27 ans a bien retenu ses leçons et les récite à un débit impressionnant (il s'agit déjà de son 8eme album solo), égrainant cet LP de quelques morceaux accrocheurs car plus subtiles ("The singer", "The clock", "The hand"), au milieu d'autres plus convenus (le propos reste volontairement classique).
Un disque bruyant et survolté qui a l'avantage de ne pas nécessiter une écoute attentive mais qui fournit la parfaite bande-son d'une soirée un peu sale, pour peu qu'on le picore et ne lui demande pas autre chose que d'être fun et efficace. Son principal souci néanmoins se résume à sa longueur : à force de tabasser, on finit par ne plus ressentir grand chose.