Trompe Le Monde - All in Jouons cartes sur table, le chroniqueur rock se croit souvent obligé d'user du même champ lexical pour écrire son article, le thème est souvent donné par le nom du groupe, de l'album ou l'artwork, pourquoi chercher loin un truc qu'on a sous le nez ? Avec un nom de groupe qui sent le bluff à plein nez (Trompe Le Monde), un titre d'album qui met le paquet (All in), un artwork autour d'une table et une rondelle sous forme de jeton, voici une chronique pour les joueurs de poker. Pour les autres, la traduction est à la suite...
Insertion du jeton dans la platine, un peu de pression au bouton, un sample, un peu de textes chantés faisant la jonction avec le nommé American way of lie et on embarque sur un vol American Airlines direction la table que Trompe Le Monde vient de rejoindre. Ils découvrent leur jeu : As Dix assorti, leur couleur aurait pu être le coeur mais pour moi c'est davantage le pique pour le côté affuté. Un kicker en or tout comme le super départ qu'est l'enchaînement "More temptations"/"Eco for a day" qui mérite un check-raise, nous, on suit, on ne va pas perdre notre big blind aussi facilement... Le flop qui arrive, c'est notre trio : Kalach, le roi est à la (Philippe) manoeuvre, Ruby-e, la dame donne de la saveur, Olaf, le valet sans qui impossible de toucher le nuts ! Tout ça en pique, c'est quinte flush avant le turn, la grande classe, le genre de truc qui n'arrive qu'aux autres. En face ça check, ici, c'est All in et poker face. Le chip leader peut faire le malin, il n'a plus qu'à mucker s'il veut poursuivre avec Trompe Le Monde. Face aux excellente guitares et aux variations dans le chant (les effets, les mélodies, les sonorités de notre brelan d'as), on est sous le charme, un coup de "Sleeping super heroes" et les adversaires fold les uns après les autres, passant de short stack à out en quelques minutes. Après pareils coups, c'est un peu on tilt qu'enchaînent les Grenoblois qui osent jouer quelques petites mains (qui ne sont pour autant pas des 7-2 dépareillé !) en forçant un peu sur le côté électro ("All in") ou sur les aigüs ("No one gives in"). C'est plus avec le jeu grave et saturé de "The sextape song" (so nineties !) que j'ai envie de caller. La river, c'est le nerveux "Old guys don't play rock" qui nous apprend ques les Trompe Le Monde ne sont pas vieux et évitent de nous sortir un bad beat (même électronique) pour conclure en beauté cette partie.

Tu n'as rien compris ? Alors voilà une traduction possible... Insertion du disque dans la platine, pression sur le bouton play, un sample, un peu de textes chantés faisant la jonction avec le nommé American way of lie et on embarque sur un vol de classe internationale direction l'univers de Trompe Le Monde. Ils découvrent alors leur jeu : un rock solide entre écorchures du coeur et griffures des guitares. Du lourd dés départ avec l'enchaînement de "More temptations" et "Eco for a day" toujours à la relance et qui déroute un gros aveugle, ah non, qui nous déroute même si on s'accroche. La quintessence de leur album, c'est l'alchimie du trio et l'amalgame de leurs talents qui crée la magie du tout ! Dans la même veine rock inspiré du passé et tourné vers le futur avec l'électro, c'est un must immédiat et rare. All in est rayonnant, bluffant. L'auditeur se retrouve vite démuni à la poursuite de Trompe Le Monde. Face aux excellente guitares et aux variations dans le chant (les effets, les mélodies, les sonorités des Grenoblois), on est sous le charme, un coup de "Sleeping super heroes" et on se prosterne les uns après les autres. Après pareils coups, ils enchaînent sans se poser de questions et expérimentent quelque peu en forçant un peu sur le côté électro ("All in") ou sur les aigüs ("No one gives in"). Personnellement c'est plus avec le jeu grave et saturé de "The sextape song" (so nineties !) que je prends mon pied. Pour finir, c'est le nerveux "Old guys don't play rock" qui nous apprend ques les Trompe Le Monde ne sont pas vieux et savent terminer comme ils ont commencé, en beauté.