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Composé de Fredrik Hennum Jepsen (basse/chant), Georgios Kalafatidis (guitare), David Deravian (guitare/chant) et Rickard Lindblom (batterie), Traktor voit le jour en 2002 du côté d'Eskilstuna (Suède). Au départ, l'envie des quatre était de monter un groupe au son groovy proche de la scène alternative de San Diego. Pendant ses premières années d'existence, le quartet tourne pas mal, enregistre quelques morceaux en studio dont un The Godz Own Zilla Sessions jusqu'à 2006 et la sortie de son premier album Lights via le label Through my favorite toy (lequel sera réédité en 2009 par Apocaplexy Records). En 2007, les Traktor enregistrent l'EP Vultures avant de mettre en boîte un deuxième album l'année suivante, Sequence the sequence qui sort quant à lui courant 2009 via Apocaplexy Records qui fait ainsi coup double.

Traktor / Chronique LP > Sequence the sequence

Traktor - Sequence the sequence Ils sont de retour avec un deuxième album et ils ne sont pas contents. Mais alors pas du tout. Avec Sequence the sequence, les flingueurs de Traktor font tout pareil que sur leur premier album, sauf que ça joue plus fort, plus vite, plus dur, plus hard... bref, le même mais en mieux. Musique d'écorché vif, mélodies décharnées et cautérisation auditive réalisée à coups de riffs verrouillés sur les amplis. Une prod toujours aussi crue, guitares frondeuses et chant screamo de rigueur, quelques effets disséminés ci et là, une section rythmique opiniâtre, Traktor donne dans le noisecore cramé mais exécuté la rage chevillée au corps. Punk dans l'âme, speedé et sans concession, Sequence the sequence ne laisse aucun répit, il fonce droit dans le tas et dégaine sans sourciller ("Drawn knives and bent knees", "Leviathan").
"Lessons for crime", "The giving", "Random close-ups", les titres s'enchaînent à une vitesse folle et le groupe impose son groove vorace, sa rage brute de décoffrage qui caractérisent les vrais durs à cuirs, de ceux qui donnent dans le DIY burné, armé d'une inconditionnelle envie d'en découdre. Traktor ne joue jamais petits bras, jamais, il met tout ce qu'il a dans les chaussettes, frappe d'abord et pose les questions après. Riffing volubile mais sérieusement affuté, le groupe est mordant, carnassier même, balaçant son noisecore punkoïde gueulard à travers la pièce en espérant pour que ça fracasse la mâchoire de quelqu'un, comme ça au hasard, avant d'insérer quelques accents indie pop très acides à sa musique ("The fix"), avant de revenir à des fondamentaux plus habituels chez lui, flirtant même par moments avec les frontières du hardcore ("Vultures"). Efficace.

Traktor / Chronique LP > Lights

Traktor - Lights Ceux qui n'en finissent plus de pleurer la disparitions de gros calibres comme ou Breach, Refused, JR Ewing ou Drive Like Jehu peuvent arrêter les pèlerinages en Terre Sainte suédoise et se remettre à écouter de la musique qui a moins de dix ans. Et pour cause, scandinaves pure souche également, les Traktor sont les dignes héritiers de ces groupes pré-cités, ne s'en cachent absolument pas, le revendiquent même... et l'assument plutôt bien.
Du premier au dernier des 13 brûlots noisecore que recèle ce Lights, les Suédois envoient les riffs par pelletées entières (facile...) et distillent une musique enragée, écorchée vive, dopée par une production très sèche, assez DIY qui ne fait qu'accroître ce sentiment d'urgence qui nous prend à la gorge tout au long de l'écoute de l'album. Tension palpable, fusion noise permanente, quelques éclats post-hardcore, une énergie punk très "roots", les titres s'enchaînent à un rythme effrené (ne dépassant que trois fois sur treize la barre des 13 minutes) et les Traktor ne semblent jamais baisser le pied (ni le volume d'ailleurs).
Noisefreaks dans l'âme, ces mecs en veulent et s'en donnent les moyens. "Speak of the devil", "All these seconds", "Gravity control", autant de titre sursaturés et taillés au cran d'arrêt, des morceaux aux effluves hardcore trempés dans une noise, ça gueule, ça concasse les tympans et dans le genre, les Suédois y vont gaiment ("Inaccurate beat", "Dance for die"...) et c'est comme ça pendant un peu plus de 36 minutes. Un dernier shot en intraveineuse avec la paire "We constructed him - Now he speaks in code" et voici que les Traktor bouclent la boucle comme ils l'ont entamée, tout en énergie noise-HxC punkoïde fulgurance et frénésie rock'n'roll...