Torve - The part where it kills you Les moins jeunes associent les termes "Besançon" et "emo" à Gantz qui sévissait dans les années 2000 et je pense qu'en cherchant un peu on pourrait établir des liens plus évidents que de simples références musicales pour lier Torve à leurs aînés. Il faut dire que ce groupe formé en 2017 n'est jeune que sur le papier, les pièces d'identités de ses membres prouvent qu'ils ont déjà de la bouteille, leurs CV aussi puisqu'on trouve entre autres Sorry For Yesterday, Horskh, Second Rate, Generic ou Aura parmi les formations qui ont permis l'affirmation de Fil (chanteur désolé pour hier), Nath et Deb (aux guitares), Tinlu (bassiste toujours dans les bons coups) et Mathieu (batteur).

Un brin menaçant mais carrément louche, les Torve ont en commun le goût pour une saturation noisy, des attaques garage, un chant blindé d'émotions éraillées et estiment qu'une composition est bonne quand elle a ce groove bien salé derrière une façade déstructurée. Ils ont attendu le début de l'année 2020 pour sortir leur premier EP The part where it kills you mais gageons qu'ils n'en resteront pas là et que le confinement les aura suffisamment énervés pour écrire de nouveaux petits bâtons de dynamite.

6 titres et aucune faiblesse sur ce premier jet en mode montagnes russes où on frôle l'éjection à chaque looping mais on fait le max pour rester en place et profiter du trajet même si les paysages qui défilent ont déjà été dessinés par le passé (Amanda Woodward, Gameness, Tang...). Torve joue chez moi en terrain conquis tant ce screamo me parle et que les autres influences sont bien intégrées (un peu de math par-là, un peu de post par-ci), comme en plus la pochette est de ma couleur préférée, tout est parfait.