Orpheo_Nebula - Torpedo Fondé en 2016 à Lausanne, et après un premier disque nommé Sphynx (paru en 2019), le trio lausannois Torpedo poursuit sa mue vers un univers plus singulier grâce à la sortie en septembre dernier d'Orpheo_ Nebula, disque défendu conjointement par Araki Records, label qui a du nez (Boucan, Manic Maya, Melee) et les Californiens de Broken Clover Records (June Of 44, Enablers, Eye O). Plus singulier parce que Orpheo_ Nebula est une œuvre conceptuelle construite autour de six poèmes inspirés notamment de la figure et du mythe d'Orphée et des voyages astraux. Il y a effectivement quelque chose de sacré dans cette œuvre qui décontenance un peu de prime abord.

En premier lieu parce que la présence de la voix y est totale. Tantôt déclamés, tantôt scandés voire criés, les mots de la chanteuse/guitariste Carole Obère s'accordent parfaitement avec cette formule noise rock psychédélique et progressive influencée par des courants rock 70's (no wave, punk) et 90's (grunge). En deuxième lieu, il y a cette toile musicale combinant le chaud et le froid avec une forte musicalité et une franche sensibilité. Parfois cela fait des étincelles et les effluves de soufre se font sentir, et d'autres moments c'est l'accalmie, mais elle n'est jamais très longue. Il ne faut pas omettre d'affirmer que le travail des guitares est à saluer dans Orpheo_ Nebula, elles me rappellent beaucoup celles de Sonic Youth soit dit en passant, celles qui sortent des sentiers battus, à la fois bruitistes et mélodiques. C'est justement cette liberté tortueuse qu'on aime chez Torpedo, même s'il nous a quand même fallu plusieurs écoutes avant de prendre un réel plaisir à savourer cette œuvre tout en n'étant pas complétement bouffé par ces voix qui vous pénètrent l'esprit d'une facilité déconcertante et plus vite qu'on ne le pense.