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Biographie > rien à voir avec le pilote...

Troisième album de Tom Mcrae, All maps welcome a la difficile tâche de montrer si ce songwriter de talent arrive à se renouveler après deux albums véritablement réussis(Tom Mcrae en 2000 et Just like blood en 2003). As du chiadage en puissance et des mélodies accrocheuses, Sir Mcrae (pour un anglais, je trouve cette dénomination parfaite) nous pond ici un album intimiste et plein d'espoir (contrairement au premier album éponyme beaucoup plus mélancolique) et nous amène à croire que toute chanson à première écoute "tristoune" peut en fait révéler bien des choses...
Nouvelle donne fin avril 2007 avec King of cards.

Review Concert : Tom Mcrae, Tom McRae à la laiterie (juin 2007)

Review Concert : Tom Mcrae, Tom McRae dans une forme Olympic (oct. 2005)

Tom Mcrae / Chronique LP > King of cards

tom mcrae : king of cards Et Voilà Sir McRae pour une 4ème contribution après un 3ème opus magnifique (All maps welcome) mais encore loin des deux premiers. Qu'en est-il du style du songwriter ? A-t-il conservé sa logique d'évolution ou est-il revenu à quelque chose de plus simple et de plus intimiste ?
Dès les premières mesures de King of cards, nous avons notre réponse. Cet album est dans la lignée du précédent : beaucoup d'arrangements, des chansons plus difficile à pénétrer mais une voix toujours aussi émouvante, sensuelle, attirante... et des textes au demeurant magiques. "Set the story" ou encore "Bright lights", les deux premiers titres du CD amènent tout de suite un peu de nouveauté à cet album en donnant à Tom Mcrae la possibilité de faire des chansons plus pêchues ! Finis ici les "Bloodless" et autre "Still lost" des précédents opus. Plus de chansons nous touchant directement. Cependant, ne gâchons pas notre joie de retrouver des textes toujours très bien ficelés (même si l'Anglais pousse à devenir un peu compliqué, le syndrome Radiohead n'est pas loin !) et des arrangements toujours très bien trouvés. "Keep your picture clear" nous montre, avec son beat original, (des claquements de doigts comme simple sample de batterie !) beaucoup d'instruments mais à très faible volume afin d'amener une ambiance aseptisée, qu'on peut encore innover aujourd'hui dans le domaine de la pop song : on pense un peu à de vieux enregistrements jazzy des 60's en plus calme bien entendu (j'avoue avoir penser à l'intro de "Stand by me" en entendant ce rythme). Alors oui, oser dire que les titres calmes n'étaient pas de la partie était me fourvoyer légèrement car un Tom Mcrae sans titres doux, c'est comme un Radiohead sans génie, ou encore un Oasis sans appareil photo explosé : Ca n'existe pas ! Des titres comme "Got a suitcase, got regrets" (magnifique au passage : But all I Know is I'm not ready yet, for the light to dim, got suitcase, got regrets) et "Lord how long" montrent que notre chanteur en a encore sous le coude pour nous sortir des titres larmoyants...
Mais là où l'Anglais nous surprend, ce sont dans des pistes beaucoup plus enlevées comme "Sound of the city" ou l'on découvre qu'il sait utiliser des guitares avec de la distorsion !!! On en avait plus entendu depuis "Sao Paulo rain" (et encore à contre emploi). Des titres de ce genre qui nous mettent la pêche (c'est rare pour du Tom Mcrae quand même !!). Ce petit bout d'homme aurait il connu le bonheur ? Pas si sûr en relevant les paroles mi figue mi raisin (Still you don't come, you won't come but the city she's not done she's calling, she's calling your name). Notre ami a toujours, au final, cette tendance à l'écriture de textes tristounets nous permettant une catharsis des plus intense (And if you believe that what's done is done, how history repeats from father to son, and on and on). Là ou l'album montre ses limites, c'est que les chansons se trouvant entre les deux feux (d'un côté l'esprit triste du british, de l'autre la frénésie des titres plus enlevés) ne resteront pas dans nos mémoires. Alors certes elles sont agréables à entendre ("The ballad of Amelia Earhart") proposant toujours son lot de joli texte (And I'll be waiting with my eyes on the clouds, and I'll be waiting for you to come down. Why don't you come down ?) mais loin de rivaliser avec les 5-6 titres tirant réellement leur épingle du jeu.
Au final, Tom Mcrae nous livre un album dans la continuité du précédent opus mais loin d'en réitérer l'exploit : réussir à nous faire oublier par moment le fabuleux Tom Mcrae et le magique Just like blood. Pour autant, certaines chansons à elles seules valent l'achat de cet album et l'ensemble reste assez cohérent pour y voir un opus agréable. Ne reste plus qu'à savoir le rendu scénique de ce King of cards...

Tom Mcrae / Chronique LP > All maps welcome

tom mcrea : all maps welcome Ce LP commence donc par "For the restless", gentillette ballade aux paroles douces évoquant une personne la "hantant" la nuit (She comes to me in my dreams / this song's for you), elle peine cependant à décoller et seule la fin relève vraiment le niveau. Le deuxième titre reste dans cette lignée douce et nonchalante du premier morceau et "Hummingbird song" peine encore une fois à convaincre totalement et l'ajout d'une guitare électrique rend le tout quelque peu fouilli. Le Tom aurait il du mal à rendre quelque chose d'aussi intense que son premier album ? "The girls who falls down stairs" amène enfin un peu de fraicheur avec sa mélodie gaie et ses paroles optimistes (She says I loved you once, i'd love you again if you dare) pour une chanson qui se place dans une voie optimiste peu connue du chanteur. Sur "How the west was won", nous laissons la place à une nappe de violon très douce, suivie d'une batterie toute en nuance formant tous deux l'ossature d'un des titres les plus mélancoliques de l'album. "Packing for the crash" reste pour moi une curiosité de cet album : des paroles peu recherchées (Packing for the crash répétée à foison) et une musique peu entrainante : à oublier... Le piano apparaît enfin au premier plan sur "It ain't you" , chanson très triste à écouter ; les paroles n'étant pas en reste (And something here is diyng). L'ensemble dégage une certaine émotion que les fans de la première heure reconnaitrons (je pense à "the boy with the bubble gum") pour un titre accrocheur. "Strangest land" est une de mes chansons préférées de l'album pour plusieurs raisons : la musique accroche dès les premières notes : c'est facile, mais efficace et on aime ça. les paroles qui plus est sont plus recherchées et laisse libre cours à notre imagination (I'm a stranger in the stranger land // I'll return the favour). Le final de cette chanson est quant à lui superbement orchestré (des "hummmhummm" comme instruments que suivent par la suite les violons). Véritablement la pépite de l'album.
Ce qui choque principalement dans cet album, est qu'on ne trouve aucun tube comme on pouvait l'attendre (on se souviendra de "End of the world news" mais surtout de "Sao Paulo rain") et ça nous laisse un sentiment assez étrange, comme un goût d'inachevé. "My vampire heart" n'arrange pas les choses avec une mélodie certes chiadée mais incapable de décoller ou de nous procurer un quelconque sentiment. Cette chanson n'en reste pas moins agréable à écouter, sans plus. Enfin "Silent boulevard" nous propose une montée en puissance digne d'un Tom Mcrae en forme. il a quand même fallu attendre 9 titres pour pouvoir laisser exploser ses émotions mais il faut avouer que le bougre réussi sans mal à nous faire sortir de notre cocon pour réagir. (Come on out come on out, to the silent boulevard) Et la montée vocale qu'il nous arrache ne peut que nous faire frissonner, même les plus insensibles d'entres nous. "Still lost" ou la ballade du type piano/voix par excellence. Des paroles simplistes, mais qui font mouche pour le sensible que je suis (I'll be still lost whan you come, when will you come to look for me) et une mélodie intimiste et très simpliste : un régal. "Border song" finit cet album en demi teinte par rapport aux deux précédent par une dernière ballade mélancolico-tristo-optimiste. Car oui, il est impossible de ressortir de cet album triste, il est impossible de l'utiliser comme une quelconque catharsis à une douleur quelconque. Car il se dégage de ces 11 titres un optimisme qui se ballade au grés des chansons, des paroles, d'un instrument qui apparaît là ou on ne s'y attend pas et c'est ce qui finalement fait la force d'un opus qui me semblait difficile de juger en comparaison avec l'éponyme.
Finalement, l'ensemble est cohérent et force est de constater que Tom Mcrae a réussi le cap du troisième album : on le reconnait de suite, n'a pas la voix de l'anglais qui veut, mais son univers évolue, pas toujours en bien mais finalement nous plait toujours sous quelques facettes.