Tigerleech

Tigerleech / Chronique LP > Bicephalous

TIGERLEECH bicaphalous On a découvert un Tigerleech en mode "stoner punchy" en 2019, le revoilà en 2025 en mode "stoner metal" sacrément vénèr ! On a raté un épisode (Melancholy bridge paru en 2021), mais le changement entre ces deux orientations vient certainement des modifications du line-up en 2022-2023 (Hanz à la basse, Adrien à la batterie puis Yvan en renfort à la guitare). Une fois passé le choc, j'avoue m'être laissé prendre au jeu et avoir rapidement fait le deuil des ambiances désertiques pour savourer les grands coups sur les fûts, les passage limite hardcore, les clins d'œil au power (hop, une petite harmonique sur un tempo plus mesuré), la puissance du son (signé Andrew Guillotin - Stömb, Monolithe, Clegane... - du Hybreed Studios - à ne pas confondre avec le Hybrid Studios, n'est-ce pas...), les attaques vocales, les solos qui s'envolent ou le riffing acéré. Il y a bien quelques réminiscences sudistes quand la vitesse diminue, mais ça ne dure jamais très longtemps, les Parisiens étant quasi toujours à l'attaque. Et ce n'est pas leur invité (Josh des anarcho-punks de Louis Lingg and the Bombs) qui va calmer leurs hardeurs, au contraire, on remet des sous dans la machine pour tout cramer, et ne garder que le crane de la bête qu'on peut poser comme un trophée sur une pierre.

Publié dans le Mag #67

Tigerleech / Chronique LP > The edge of the end

Tigerleech - The edge of the end Groupe parisien avec 2 EPs au compteur (2014 et 2017), Tigerleech a bossé pour soigner son premier long format (bel artwork, son signé Andrew Guillotin -The Arrs, As They Burn, ...-) et donc apparaître sous son meilleur jour aux amateurs de stoner qui en ont vu d'autres. Alors pourquoi se pencher sur leur cas trente ans après que Kyuss ait ouvert la voie ? Déjà parce que la gueule de distos et du mix, avec tout le respect qu'on leur doit, c'est autre chose que les premiers Kyuss ! C'est lourd, granuleux, rondouillard tout en ne manquant pas de patate quand ça s'excite. Les rythmes sont parfaitement maîtrisés, ça peut aller à fond comme devenir totalement sludge, couvrant ainsi toutes les aspirations du southern rock, les transitions permettent de passer de l'un à l'autre comme si de rien n'était. Sans avoir l'air d'y toucher (les premiers contacts sont assez rudes), le chant de Sheby (la légende dit que c'est lui qui a filé un micro à Mouss permettant la naissance de Mass Hysteria) fait son chemin et fait passer pas mal d'émotions et arrive même à se faire touchant ("In my veins"). Bref, pourquoi se priver d'une bonne galette de stoner punchy ?

Publié dans le Mag #39