The Memorials aux PDZ The Memorials aux PDZ A l'heure des musiques trop formatées, de la course au gros son à tout prix, de l'efficacité sans finesse, de la mèche trop bien placée et de la course à la popularité sur les réseaux sociaux, se replonger dans les caves du rock est plus qu'indispensable. On y (ré)apprend plein de choses. Le programmateur a eu le nez creux avec un plateau cohérent et complémentaire.

La petite salle des PDZ est comble à l'ouverture de la soirée. The Tiger Theory c'est le retour du rock progressif des années 70 mis à la sauce nouveau millénaire. Le tigre presque disparu est toujours de retour et méchamment féroce. Pas de théorie fumeuse, c'est du concret. Entre concentration et rage, The Tiger Theory s'impose en un instant comme groupe à écouter et pas comme simple première partie venue pour meubler. Armés d'un son redoutable et de riffs mordants, les quatre félins imposent leur théorie féline avec des arguments fracassants : des morceaux longs et exigeants, empreints de feeling et de musicalité, une voix qui n'est pas sans rappeler... Mars Volta et un son qui tabasse. Le public compact aime et en redemande : on appelle ça un contrat rempli. A suivre de très près !

The Memorials prend possession de la scène et impose son univers quitte à perdre du monde en chemin, sans doute les curieux venus voir Thomas Pridgen, monstre de technique, à l'oeuvre. Il y a de quoi être décontenancé : entre gospel, métal, stoner et groove, il y a de quoi perdre son attention.
Et pourtant, la première impression de flou passée, on découvre un univers attachant et surtout marqué d'originalité. On aurait pu craindre un groupe de démo technique construit autour du batteur mais il s'agit surtout d'un groupe d'excellents musiciens qui repoussent et explosent les codes établis. Mention spéciale à la chanteuse qui réussit à se placer sur des structures complexes et inhabituelles de façon sexy et résolument soul. Si à la fin, on sort un peu hagard et qu'on n'en a pas gardé grand chose, reste la satisfaction d'avoir assisté à quelque chose de vraiment artistique et musical. Ce qui est précieux, en ces temps qui courent.

Comme quoi le rock c'est comme les champignons, ça pousse mieux dans les caves.