Thomas Howard Memorial Salut Yann, deux membres de The Craftmen Club, groupe bien connu dans nos colonnes, composent ce groupe. Est-ce que ce dernier est toujours en vie ? Et est-ce qu'on peut considérer que Thomas Howard Memorial est un groupe "récréatif" ou un projet bel et bien sérieux, dans le sens où il est aussi important que The Craftmen Club ?
Salut, non, The Craftmen Club n'existe plus depuis 2019, ce groupe a vécu 19 ans en tout, et on commençait à tourner en rond et ne plus savoir quoi faire. Peut-être reprendra-t-on un jour ? On ne sait jamais car on ne s'est pas du tout brouillés. Thomas Howard Memorial était au commencement un side-project du Craftmen Club, mais c'est devenu avec le temps un vrai groupe, avec pleins d'envies et d'ambition.

Nous découvrons malheureusement Thomas Howard Memorial un peu tard grâce à la sortie de ce nouvel album : Bonaventura. Le groupe existe depuis 2010 je crois, pourriez-vous nous le présenter ? Dans quelle circonstance a-t-il été créé ?
En fait, à la base, les Craftmen Club faisaient une pause pour écrire un nouvel album. Je me suis dit que c'était le moment de faire un autre groupe, histoire de continuer à faire des concerts. J'avais quelques morceaux en mode guitare/voix et j'ai invité les copains (Camille, Elouan, Vinz à l'époque) à venir jouer avec moi.

Le nom de la formation vient de la vraie identité de Jesse James, qui s'appelait Thomas Howard. Quel rapport entretient le groupe avec le gangstérisme ? Ce sujet nourrit-il vos fantasmes plus qu'un autre ?
En fait, c'est le personnalité complexe de Jesse James que j'aime bien, c'est quelqu'un qui pouvait tuer des gens la nuit, mais qui était très respecté à la ville et dans sa vie de famille. Donc un personnage vraiment complexe, comme les textes du Thomas Howard Memorial.

C'est le premier disque de la formation qui est signé sur une structure en l'occurrence Upton Park. Est-ce que dès le départ votre "plan" était de trouver votre voie artistique, par le biais de EPs et d'un premier album autofinancé, puis par la suite un public afin de commencer à démarcher des labels ?
En réalité, Upton Park a toujours été derrière nous. C'est d'ailleurs Julien Banes, le patron de cette structure, qui a également produit notre film qu'on a sorti en 2016. Bonaventura est une co-production TCC Prod/Upton Park, comme ce fut le cas avec nos trois EPs, nos deux albums et le film dont je te parlais avant.

Vous avez été bien aidé par la station radio Oui FM, vous pouvez nous dire comment tout ça s'est passé ?
Oui FM a toujours soutenu la scène rock en France, c'était déjà le cas avec The Craftmen Club. C'est cool d'avoir une radio nationale en soutien, tout comme c'est le cas avec FIP et les radios Ferarock).

À ce propos, est-ce que vous pensez avoir trouvé un public ? Qui vient à vos concerts ? Des fans de The Craftmen Club ou rien à voir ?
Rien à voir. Je ne suis pas certain que les fans du Craftmen Club viennent nous voir. Il doit y en avoir mais alors vraiment très très peu. C'est vrai qu'on se rend compte qu'on a un "public", plus ou moins nombreux, mais on est suivi. Et comme on fait très peu de concerts, ça alimente le mystère.

J'imagine que Bonaventura est le meilleur visage que le groupe puisse offrir aujourd'hui. Avec le recul, comment vous voyez l'évolution de Thomas Howard Memorial, notamment en termes de composition, d'enregistrement, d'entente entre ses membres ? Est-ce que vous avez la sensation que c'est le début d'une grande et longue aventure ?
On a plus l'impression d'être au milieu de l'aventure, car ça fait quand même 10 ans maintenant qu'on a commencé cette aventure. On a envie de faire des expériences, d'enregistrer dans des endroits insolites, etc... Notre rêve serait d'écrire une musique de film.

Ce côté mélancolique qui prédomine dans votre musique, est-ce qu'il a été prémédité ? Ou c'est en composant ou en écrivant des textes sombres que vous vous êtes rendus compte que Thomas Howard Memorial sonnerait comme ça et pas autrement ?
En fait, j'apporte l'univers et les textes, et les gars font le reste. On a tous notre rôle et ça va tout seul. C'est surtout que quand on est ensemble, il y a toujours quelque chose de sympa qui sort, on aime jouer ensemble, comme une bande de copains, comme quand on avait 15 ans. Le style, c'est ce qui vient, ça aurait pu être du métal aussi (rires).

Je voudrais parler de vos clips qui sont à l'image de votre musique, très soignés et évoquant des moments tristes et tragiques de la vie. Est-ce que vous êtes aussi scénaristes et réalisateurs pour la partie vidéo ? Sont-ils projetés quand vous jouez live ?
La réalisation a été confiée à Fabien Migliore, dont la boite s'appelle est Les gens de Brest. Il a eu carte blanche, on connaissait bien son travail et on lui a fait entièrement confiance. Il marche pas mal sur les coups de cœur, et a priori il a adoré Thomas Howard Memorial. Du coup, il s'est hyper impliqué, je pense qu'on en refera d'autres avec lui.

Thomas Howard Memorial Le nom du disque est un nom propre, à qui se rapporte-t-il ?
En fait, c'est parti d'une blague entre nous, puis ça a dévié. C'est surtout ce qui résume nos cinq semaines au studio Kerwax.

Quel est le morceau qui a été le plus difficile à composer ou enregistrer ? Et pourquoi ?
Ça a été "The way", on a pas mal galéré. Même moi je n'en voulais pas car il manquait un truc dans la structure, et puis Elouan a un peu insisté, on a donc bossé les structures, jusqu'à trouver celle ci. Maintenant, c'est mon morceau préféré de l'album !

Nous sommes dans une période assez difficile pour les artistes avec les nombreuses restrictions dues au virus et le fait de ne pouvoir défendre leurs disques sur scène. N'est-ce pas une bonne opportunité pour préparer de nouvelles chansons ?
Je dirais même plus : depuis maintenant deux semaines et demi, je construis mon studio d'enregistrement. J'espère que ça sera propice à quelques nouvelles ébauches de morceaux !