Écrivain et acteur de théâtre, Théo Hakola commence sa carrière musicale dans les années 80 avec la formation Orchestre Rouge. Le nom du groupe fait référence à la résistance face au nazisme durant la Seconde Guerre mondiale. Le projet s'arrête après deux albums studio. Le chanteur s'associe à de nouveaux musiciens pour lancer un groupe tout neuf : Passion Fodder. Parmi eux, on retrouve notamment Pascal Humbert et Jean-Yves Tola qui seront par la suite à l'origine de 16 Horsepower. Artiste assez confidentiel, Théo Hakola est également connu pour avoir été le producteur du premier album de Noir Désir (1987 - Où veux-tu qu'je r'garde ?). Une fois l'histoire de Passion Fodder consumée, Théo Hakola s'est lancé dans une carrière solo. Cette année, il pose dans les bacs son 9e album studio : Shalalalala.
Sur cet album, Théo Hakola vient assurer les parties de guitare, de basse, de piano ou encore d'harmonica. Trois artistes assurent les percussions : Zoé Hochberg, Tatiana Mladenovitch, Cyril Bilbeaud (ex-Sloy, Zone Libre). Ce n'est pas tout. Théo Hakola est soutenu au micro par Leslie Woods ("The love is song"), Brisa Roché ("The baby song", "The river song", "The Russian warship song"), Mélanie Menu et de Sébastien Pouderoux ("The cat song"). Côté instrumental, on peut remarquer la présence de la fidèle Bénédicte Villain au violon et de Pablo Gignoli au bandonéon ("The burning woman song"). Notons au passage, que les huit titres de l'album ont un nom qui finit par "song".
L'ensemble musical oscille entre rock et folk. Véritable poète, Théo Hakola n'est certainement pas pressé de se ranger sous une étiquette. En réalité, son style ne change pas dans le temps : son chant semble toujours onduler entre deux tons, sa plume parle aussi bien d'amour que de politique ("The Russian wharship song"). Dans tous les cas, il fait preuve d'un véritable engagement. Shalalalala est un disque calme, il faut se poser pour apprécier la richesse des compositions. La musique de Théo Hakola a en elle un grain vintage, elle semble être le reflet d'une époque passée. Pour autant, le travail de l'artiste fait toujours référence au présent, que ce soit dans l'ombre ou dans la lumière.
Publié dans le Mag #62



