the_mars_volta_amputechture.jpg La sortie d'un album de The Mars Volta suscite toujours un certain nombre de questions. On pense tout d'abord et surtout à la direction musicale, et puis il y a les "à-côtés" comme le concept ou son artwork. Amputechture, troisième album des texans, vient confirmer cette idée. Un titre incompréhensible (il s'agit, en fait, de la contraction des mots "amputate", "technology" et "architecture"), un artwork (appelé "Big mutant") signé Jeff Jordan laissant complètement dubitatif, des paroles à creuser minutieusement pour en retirer les idées essentielles et un innommable bordel musical à décortiquer soigneusement afin d'éviter la touche éject. Oui, The Mars Volta reste définitivement ce genre de groupe qui divise les foules. Alors que les deux premiers opus restaient encore, disons, abordable pour les initiés, Amputechture vient pousser le concept encore plus loin. Jamais ce groupe n'avait autant été expérimental et riche avec cette troisième sortie. Alors, quoi de neuf depuis Frances the mute ? Et bien, à part le fait que TMV devient de plus en plus le groupe d'Omar et Cedric, pas grand chose si ce n'est l'arrivée d'Adrián Terrazas-González (leader d'El Regimen), un saxophoniste-flutiste-clarinettiste mexicain qui vient accompagner les notes de guitare d'Omar Rodriguez-Lopez (et le groupe d'une manière générale) et faire des petits soli barrés à droite à gauche, mais qui finalement se fait discret sur l'ensemble de l'album. Pas de mystère, comme dit plus haut, le mixage et la lumière sont clairement faits sur les deux leaders. Entre notes à tout-va, descentes et remontées de manche de guitare et voix envoutante et chimérique bourrée d'effets ici et là, on en vient parfois à passer outre le talent des "accompagnateurs". En parlant de ces derniers, Paul Hijonos est revenu de chez Sparta pour retrouver une partie de ses anciens compagnons d'At the Drive-In et John Frusciante est venu prêter main forte à ses potes pour cet album enregistré à Los Angeles, El Paso (fief d'Omar et Cedric) et Melbourne en Australie. Seule la très latine "Asilo Magdalena", sorte de ballade acoustique en espagnol qui rentre dans les "normes", n'est pas jouée avec le guitariste des Red Hot Chili Peppers. Chacun des 8 titres de Amputechture nous réserve un voyage à travers des ambiances calmes et hypnotiques, des improvisations jazzy, des moments de groove intense et un certain punch qui n'est pas sans rappeler At the Drive-In (d'ailleurs, "Viscera eyes" est une chanson qui a été écrite par Omar à l'époque d'ATDI). Amputechture est un album qui marque une certaine rupture. Cette dernière commence déjà avec le choix pour Cedric de ne pas s'imposer de concept au niveau des textes, comme il l'avait fait sur les deux albums précédents. Je vous laisse donc le soin de les analyser si la peur de Dieu, le chamanisme et la glande pinéale vous intéresse. C'est aussi l'album qui vous fera dire que The Mars Volta va trop loin ou bien au contraire qu'ils sont de plus en plus fascinants.