Rock Rock > The Texas Chainsaw Dust Lovers

The Texas Chainsaw Dust Lovers / Chronique LP > Fangs

Dust Lovers - Fangs Revoilà les Texas Chainsaw Dust Lovers, mais exit la partie de leur nom en hommage au titilleur de tronçonneuse, ils se font désormais appeler simplement Dust Lovers. En auraient-ils perdu pour autant leur tranchant ? Ont-ils viré la moitié du groupe pour faire plus minimaliste ? Sont-ils passés à l'acoustique en débranchant le tout électrique ? Sont-ils juste devenus des amoureux de la poussière, mais quelle poussière, celle des étoiles, des cendres ? Arrêtons tout de suite les tergiversations, car avec un album intitulé Fangs (crocs), et un dentier de vampire au milieu d'une salle de spectacle qui trône sur la pochette (allusion au fantôme de l'opéra ?), on se dit que les désormais Dust Lovers n'ont rien renié de leur passé et de leur amour pour les films d'horreur et fantastique. Et les 11 titres de ce nouvel album vont le démontrer parfaitement.

On débute calmement, sur un titre rock très classique dans sa construction, son rythme, son orchestration, son refrain chantant, sa guitare en retrait. Ben mince, les Fangs ont été limés ou quoi ? Point du tout ! Tel le vampire choisissant sa proie, Dust Lovers te charme doucement, avec cette approche presque pop rock, pour mieux te mordre goulûment avec les tracks suivants, "Born to lose", "Night cruising", "Fangs". Et même amputés d'une partie de leur patronyme, les Nantais n'ont rien perdu de leur inventivité, leur fougue et leur style rock, un peu moins stoner, mais toujours aussi entêtant. Un Queens Of The Stone Age de chez nous. Parfois apparaît un clavier aux sonorités new wave, ce qui en plus d'être déconcertant aurait pu être décevant, mais non, c'est juste étonnant et sympathique. En tout, 11 titres impeccables, même le premier qui offre finalement une autre des nombreuses facettes des Dust Lovers. Tout autant que le dernier track instrumental, dont l'intitulé à lui seul est déjà une œuvre en soi : "After a thousand years the vampire finally dies alone". Classe !

The Texas Chainsaw Dust Lovers / Chronique LP > Film noir

The Texas Chainsaw Dust Lovers  - Film noir Avec un nom pareil, un tel titre d'album, et un aussi bel artwork, ce n'est pas compliqué de comprendre que le quatrième art a rendez-vous avec le septième. The Texas Chainsaw Dust Lovers t'offre pour leur troisième LP, une BOF complète et l'affiche du film. A toi de tourner ou d'imaginer l'histoire. Tu peux utiliser la ballade bluesy "Thank you for the song" en générique d'intro, avec la vieille Ford emmenant les 4 étudiants dans le désert. Il y a "Let it bleed", rock groovy pour illustrer la soirée alcoolisée dans le café déjanté du bled perdu. Mais aussi "Camouflage", stoner rock débridé pour la poursuite entre le serial killer et la deuxième victime. Tu peux utiliser la variation gospel de "Come to the river" pour la séquence avec le pasteur qui prévient les héros que le désert est maudit. Le rock épais de "Mary with a plan", pour la scène où la blonde Ashley se lancerait dans un strip tease endiablé à la station service pour émoustiller les bouseux du coin. Et pour le générique de fin, terminer par l'évident "End title : film noir", rock aux intonations western avec un crooner enjôleur. Je ne sais pas si le film sera bon, mais la bande son est excellente. Si quelqu'un a le 06 de Tarantino...

The Texas Chainsaw Dust Lovers / Chronique LP > Me and the Devil

The Texas Chainsaw Dust Lovers - Me and the devil Je m'en voudrais longtemps de les avoir loupés lors de leur passage à la machine à vapeur à Nancy, car The Texas Chainsaw Dust Lovers a de la classe et de l'énergie bien communicative à revendre. Me and the Devil est déjà le deuxième album pour ces amoureux de la tronçonneuse dont on peine à croire qu'ils sont Parisiens. Leur musique se situe quelque part entre Queens Of The Stone Age pour les riffs ensablés et The Eighties Matchbox B-Line Disaster pour le coté baston à la queue de billard. Un bon gros Hard Rock moderne et volubile et méchamment fun.

Bref, Me and the Devil c'est la bonne surprise du mois pour votre cher serviteur qui même s'il avait été plutôt accroché par le patronyme et l'artwork malicieux n'en demandait pas tant. TTCDL joue, le sourire en coin, avec vos pulsions de bordel tout en vous prenant régulièrement à contre-pied histoire que vous ne vous sentiez pas non plus trop à l'aise dans votre veste en cuir. C'est ainsi que des brûlots incandescents déboulent au détour d'un break sur un hommage appuyé à Ennio Morricone ou sur une jam mexicaine sur laquelle Vince Gilligan n'aurait pas craché.

TTCDL c'est un peu comme un pilote qui roule sur le désert, sensé avancer tout droit mais qui se disperse dès qu'il voit un lézard dans les steppes : le groupe ne reste pas en place, quitte à nous péter la nuque dans des virages méchamment serrés. Tout ça avec une espèce d'enthousiasme juvénile qui suintent tout autant les hormones adolescentes que l'innocence du gamin qui veut ressembler au bad guy.

Le chanteur se la joue crooner ou gourou évangéliste avec des vocalises très graves, les guitares elles s'envolent toujours en gardant les pieds sur terre, la section rythmique enfin semble n'avoir de comptes à rendre à personne et surf avec aisance sur le sillon bouillant de ses camarades.

Les Parisiens foncent à 200 à l'heure vers la modernité mais ont gardé un peu de rock à papa dans leur rétro. C'est une remarque que l'ont fait souvent sur les formations stoner, mais là le mélange passe quasi inaperçu. Ils ont ainsi le talent de raconter de temps à autre des chevauchées épiques sans pour autant ennuyer la super blonde en mini-short sur la banquette arrière. Parfois ils s'autorisent un petit clin d'oeil au vieux biker resté à l'arrière ou un signe de main au vieux joueur de blues qui sèche sous le porche d'une station essence au bord de la route. Les vieux acquiescent et adoubent, ils savent qu'ils ne pourront plus suivre.

« Vas-y, fiston, fonce ! »