Tambours Du Bronx - W.O.M.P "... ils ont demandé aux 18 tambours du Bronx, qui sont des gars de Nevers comme leur nom l'indique", bégayait le speaker avec sa voix chevrotante à la Léon Zitrone, lors de la présentation du concert des Garçons Bouchers à la fête de l'Huma en 1989. 30 ans ont passé et les martyriseurs de fûts sont toujours présents dans le paysage musical français et mondial. Si par le passé, ils ont fricoté avec tous les styles musicaux existants, du classique, du rock (notamment Jaz Coleman (Killing Joke)), de l'indus (The Young Gods), voire de l'electro et de la chanson française, cela fait quelques temps qu'ils tournent autour de la planète metal, multipliant les contributions pour assurer les premières parties (Korn, Metallica, Alice In Chains...) ou pour développer un projet commun scénique avec Sepultura sur une série de concerts qui aboutira à la sortie d'un live enregistré au Rock in Rio en 2014 Metal veins. Quoi de plus normal d'ailleurs de retrouver des percus dans le métal. Si Slipknot ou Mushroomhead complètent la section rythmique avec tambours et grosses caisses ce n'est pas que pour le show. Donc à force de tourner autour du pot, les Tambours Du Bronx sont tombés dedans, et sortent un album metal en mode solo, renforcé par de très belles et respectables collaborations.

A la genèse de cet album, c'est à un batteur que les Tambours Du Bronx viennent proposer une collaboration : Franky Costanza (ex-Dagoba, Blazing War Machine). L'ébauche d'un projet commun se dessine mais comme ça va être compliqué de faire autre chose qu'un LP conceptuel si on ne rassemble que des types qui jouent des baguettes, deux membres des Tambours Du Bronx troquent leurs bidons pour une guitare et une basse, et on invite deux pointures pour le chant, et pas des moindres : Reuno Lofo, et Stéphane Buriez (Sinseanum, Loudblast). Rajoutons un clavier et la troupe est complète pour un album 100 % metal, à la gloire des défonceurs de bidons. Et il y a là un savoureux mélange qui arrive à donner un rendu métal classique méchamment boosté par les percussions, rajoutant une atmosphère encore plus lourde et assommante. Il y a des sonorités indus à croire tâter du Ministry, plus thrash avec un petit côté Sepultura, mais on a aussi une cover du "Requiem pour un con" de Sieur Gainsbourg. En tout, une bonne quinzaine de tracks coups de burin parfois entrecoupées de nappes de synthé solitaires. J'aurais d'ailleurs préféré à la place de ces dernières, entendre les tambours en mode solo, mais ils ont peut-être souhaité reposer les orifices auditifs entre 2 salves sonores. En conclusion, un album symbiotique parfaitement équilibré. Cette joyeuse équipe a réussi avec brio, à mettre du métal dans les percus, et non l'inverse. On sent bien que les TDB sont les meneurs de cet album, et en bons chefs d'orchestre ce sont eux qui tiennent la mailloche (...la baguette, pardon).