Taïfun - Trondheim En m'envoyant une tripotée d'excellents disques (dont on te parlera plus tard, c'est certain : Volt Voice, Perils Of Penelope, Traffico) le label Honest house a brisé en deux mon préjugé le plus tenace sur la scène indie pop-rock belge : j'y voyais dEUS d'un coté, un groupe assez fabuleux en perte de vitesse ces derniers temps, suivi par une armée de seconds couteaux complétement stigmatisée par l'aura musicale des premiers. Évidemment, j'étais un peu à coté de la plaque et un groupe comme Taïfun vient remettre les pendules à l'heure : les belges peuvent être traumatisés par d'autres groupes que dEUS. Ici, il s'agit de Motorpsycho (wikipedia, spotify, bon courage...) un groupe qui ne manque pas d'intérêt(s) et dont la pertinence semble contagieuse.
Le nom Taïfun vient en effet d'un titre de Motorpsycho et Trondheim (en Norvège), le petit nom de l'album, c'est ni plus ni moins que le lieu de naissance du groupe sus-cité. Avec tout ça, tu te doutes que musicalement, ça va y ressembler un peu, l'album prend même souvent des aires d'hommage vibrant. En tout cas, c'est réussi. On vibre autant que les musiciens.
Le premier titre, "Cosmic chain", est déjà une belle entrée en matière : de belles nappes de mélodies qui s'entrelacent, une dynamique mid-tempo, une voix nicotineuse qui vient faire l'arbitre et un songwriting qui semble faire l'affaire. La deuxième piste marque également les esprits, le travail sur les guitares y est encore une fois pour beaucoup, surtout que le morceau prend le temps d'hypnotiser l'auditeur. Prendre le temps de convaincre, c'est aussi un des aspects de la musique de Taïfun, les morceaux flirtent souvent avec les cinq minutes et le groupe ne peine pas à enchanter dans ce registre : des pistes comme "Fishermen" et "Slut" sont tout à fait révélateur de la flamme et du talent qui les anime. Je n'ai d'autre à dire sur ce Trondheim si ce n'est que c'est un bel album et que je n'ai pas pensé une seule fois à dEUS. Ouf.