Chaque année, pour le week-end de Pâques, Rage Tour vous invite à son festival On n'a plus 20 ans à l'espace René Carré de Fontenay-le-Comte, en sud Vendée. Vous allez forcément y croiser des Chouans du cru, mais également des festivaliers venus de toute la France : j'ai rencontré des personnes venues de Fontainebleau, mais aussi de l'Aveyron avec un accent improbable mais tellement charmant !
On n'a plus 20 ans (2025) Mass Hysteria
On n'a plus 20 ans (2025) La Ruda
Vendredi soir, c'était un peu la soirée revival avec les Garçons Bouchers, La Ruda et Mass Hysteria.
Nous sommes arrivés pendant le set des Garçons Bouchers, groupe mythique des années 80 du rock alternatif. S'il est toujours sympa de fredonner les chansons emblématiques, de retrouver les rythmes si particuliers du groupe, le cœur n'y est plus et l'absence de Zarbi pèse cruellement sur le groupe qui a perdu son âme. Heureusement, La Ruda entre en scène et diffuse, avec ses cuivres retentissants, sa musique colorée, ma triste nostalgie de début de soirée. Pierrot, le chanteur, n'a rien perdu de sa vitalité et on retrouve dans sa gestuelle et ses interpellations au public, le côté punk rebelle adolescent, qui, manifestement, perdure chez lui. Un très joli moment plein d'énergie, de hargne et de soleil, ce concert qui a secoué le public et a fait revivre pour certains une jeunesse perdue.
Les patrons de Mass Hysteria clôturent cette première soirée devant une salle désormais remplie et un public rajeuni qui leur a réservé un accueil à la hauteur de leur talent. J'ai beaucoup apprécié le décor de scène avec ses grands cubes lumineux reprenant les initiales du groupe. MH enquille sa set list et chaque chanson est mythique, reprise par un public déchaîné. Mouss galvanise la foule, le groupe donne toujours autant à son public avec sincérité, plaisir et une authenticité touchante.
On n'a plus 20 ans (2025) Broken Bomb
C'est Broken Bomb qui ouvre les hostilités pour le deuxième jour du festival. Crêtes au vent, ceintures à clous, on ne peut pas se tromper, c'est du punk avec un grand P ! Du bon gros punk à l'ancienne qui a su trouver son public dans une salle qui se remplit doucement. Souvent, j'ai tendance à me lasser rapidement lorsque je me retrouve devant du punk que j'ai pourtant beaucoup écouté, mais pas là. Il faut dire que le groupe a su faire évoluer le style en y ajoutant des touches de thrash et de rock pour dynamiter leur message de révolte. Une belle découverte à revoir. Le deuxième groupe de la soirée, Frère de Misère fait son entrée. Groupe emblématique avec Mano Solo et Napo Romero à sa fondation en 1995, le groupe s'est reformé avec de nouveaux membres. Cela aurait pu être sympa, mais de toute évidence n'est pas Manu Solo ou Napo Romero qui veut. Le concert s'est amélioré au fil du temps, mais à aucun moment je n'ai réussi à entrer dans la danse. Après un petit moment repas, c'est à Cachemire de faire son entrée en jeu. Mise en scène soignée avec des jeux de lumière aux petits oignons, les musiciens, tout de blanc vêtus nous percutent direct avec un rock alternatif bien pêchu !
On n'a plus 20 ans (2025) Tagada Jones
Les Nantais ont réellement fait du chemin depuis leur création il y a plus de dix ans. Je trouve même qu'il ont pris de l'envergure et ont trouvé leur public lors de ce concert sans faute.
Avant de passer à la tête d'affiche de la soirée, nous accueillons Fishbone. Je n'avais pas été convaincu par leur prestation au dernier Hellfest qui avait été émaillée de soucis de son, ce qui agaçait profondément le leader charismatique de la formation californienne. Et bien là, on a eu droit à du très grand Angelo Moore. Lui et ses comparses de South Central ont secoué la salle avec leur rock fusion énergique et déjanté. Le tourbillonnant Angelo Moore et l'exaltant Christopher Gordon Dowd ont totalement retourné le public. Il y avait un vent de folie dans la salle. Vraiment du grand Fishbone ! On comprend mieux pourquoi ce groupe est souvent cité par de nombreux artistes comme étant un groupe majeur qui les a influencés dans leur musique. Arrive la fin de la soirée, Tagada Jones entre en scène. Alors personnellement, je ne suis pas fan de ce qu'il font... sauf que là, ils ont fait un grand concert ! Pas de chichi, pas de blabla (en même temps, quand tu fais de la chanson à textes, les diatribes interminables entre les chansons n'ont pas vraiment de sens), juste de la musique. Le public s'en est donné à cœur joie. Un moment de saine et cathartique violence musicale que j'ai beaucoup apprécié. Des Jones au sommet de leur art !
On n'a plus 20 ans (2025) Ravage Club
On n'a plus 20 ans (2025) headcharger
Nous sommes de retour le dimanche soir pour découvrir Ravage Club, un trio de rock français axé punk. Une très belle énergie se dégage de ce groupe qui a su séduire le public. J'ai beaucoup aimé le duo au chant entre le guitariste et la bassiste. Nous poursuivons avec du plus lourd en compagnie de Headcharger dont la qualité vocale du chanteur, alternant entre voix clair et scream, a charmé la salle. C'est du solide et ça envoie ! Les périodes de calme cédant la place à des moments de lourdeur intense pour mon plus grand plaisir. Ça balance du riff à foison et les breaks s'enchaînent merveilleusement. La salle est maintenant bien remplie et enthousiaste. Petite pause à l'espace bénévole et média pour se restaurer grâce aux foodtrucks présents sur le site et se vautrer dans les canapés. J'ai noté cette année le soin apporté au tri des déchets avec des poubelles différenciées, supervisées par des bénévoles guidant les festivaliers. Nous reprenons les hostilités avec les Marseillais de Dagoba. Est-ce que vous saviez que le nom du groupe est un hommage à Star Wars qui fait référence à la planète Dagobah où vit Yoda ? Plus les années passent et plus ce groupe prend de l'ampleur et de la consistance, c'est solide techniquement et leur show se professionnalise. Et c'est ce mélange de metal indus et de death que nous nous somme pris pleine tronche ce soir. C'est lourd, puissant, violent et sans répit.
Mon esprit peine à se remettre de toute cette violence lorsque je réalise que la foule s'est densifiée tout autour de moi et que je me fais bousculer par une horde de gamins qui prennent d'assaut les crash barrières accompagnés de leurs parents. Je n'en reviens pas ! Les fans d'Ultra Vomit sont dans la place ! Le groupe, en plus de fédérer tous les âges, réconcilie également les métalleux de tous bords car tous les festivaliers sont là, la salle remplie à ras bord, les extérieurs sont vides. On sent l'impatience et les ondes d'excitation qui parcourent la foule. Ça me rappelle l'ambiance avant un concert de Rammstein.
On n'a plus 20 ans (2025) Ultra VOmit
Je comprends mieux la foule au merch qui barrait la salle à l'entrée pendant des heures. Et ils ont eu raison d'attendre ces petits et grands festivaliers car UV leur avait préparé un véritable show plus qu'un concert ! Vidéos, jeux de lumière très pro, mises en scène, sketchs accompagnent leurs chansons dont la technique est imparable. La foule est en liesse, cela bouge dans tous les sens, un interminable et gigantesque circle pit se déploie autour de la régie qui semble tanguer dans la houle des festivaliers. Un vrai triomphe pour Ultra Vomit qui conclut magistralement ce festival On n'a plus 20 ans !
Un grand merci au festival, à Elo pour nous avoir convié à ce superbe week-end, aux bénévoles pour leur accueil, leurs sourires et sans qui, les festivals n'existeraient pas !
Photos : Nolive
Publié dans le Mag #66





