Table - Uncut Pépite droit devant ! Atypeek Music déterre Table de la lande noise des années 90, une bien belle idée que de rééditer ce Uncut sauf qu'aucun support physique n'est disponible, résultat: CDR étiqueté sans artwork donc zéro infos... rien, que dalle, walou, makache, peau d'balle ! Et comme cela ne suffisait pas ledit disque est encodé au format AIFF que rien, à part un putain de PC, ne peut lire ! C'est à ce moment précis que je comprends l'intérêt du «bluetooth» sur mon ampli BC Acoustique... Reste les infos à aller glaner sur la toile et là même topo : c'est comme le cerveau d'un électeur FN... vide ou presque !

Originaire des environs de Chicago, Vito Greco (guitare), Timoty Stevens (batterie) et Warren Fischer (basse) vont furtivement (entre 92 et 95) enregistrer une petite dizaine de titres, lesquels seront compilés plus tard sous la forme de cet album. Les membres du groupe suite à une rencontre avec Steve Albini arrivent à débaucher ce dernier pour la production, laquelle, abrasive, directe et sans fioriture sied comme un gant à leur noise post-hardcore à mi-chemin entre Fugazi et Jesus Lizard. La batterie martèle sèchement tout du long, la basse sert de métronome à des riffs versatiles prompts aux échappées noisy. Il y a beaucoup de changements de rythme, de plans tortueux chez les natifs du Wisconsin, à tel point que l'on pourrait croire à une formation matheuse avec un surplus de gras, Table prend le temps d'installer ses titres, de les développer : mélodies retorses, envolées cacophoniques (parfois proche d'un The Blood Brothers en moins propre...) et basse entraînante pour lier l'ensemble, la musique des Chicagoans n'est pas toujours facile d'accès même si des titres comme l'excellent "Gag box" (qui aurait pu être un morceau culte des 90's), "Ditch recall" ou "Dead bird" capteront immédiatement l'auditeur grâce à leurs formats plus directs et moins alambiqués, il n'en sera pas de même pour le reste, notamment la paire "Spindrift" et "Feasting time" qui demanderont plus d'efforts, si tant est que l'on accroche...

"Ignition", "Unwind" et "Vacuum" quant à eux représenteront un peu la synthèse de ce que le groupe aura été capable de faire avec une mention toute particulière à "M.E.G.O", ultime titre issu d'une session live radio qui, malgré un son bien dégueulasse et indigne de figurer sur un album, en dit long sur la qualité, l'inspiration et le potentiel qu'avait le groupe... Albini, contrairement à tous les autres de l'époque, n'est pas passé à côté, frustrant... énormément frustrant même, tout comme cette réédition qui mérite beaucoup mieux qu'un simple format numérique, et ce même si l'on peut saluer la démarche d'Atypeek Music pour avoir rendu à Table ce qui appartenait à Table.